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LE CIEL ET L'ENFER, ALLAN KARDEC, EXPIATIONS TERRESTRES

30 Décembre 2021 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme

 

 

 

 

CHAPITRE VIII

-

EXPIATIONS TERRESTRES

 

MARCEL, l'enfant du n° 4

Dans un hospice de province était un enfant de huit à dix ans environ, dans un état difficile à

décrire ; il n'y était désigné que sous le n° 4. Entièrement contrefait, soit par difformité naturelle,

soit par suite de la maladie, ses jambes contournées touchaient à son cou ; sa maigreur était telle

que la peau se déchirait sous la saillie des os ; son corps n'était qu'une plaie et ses souffrances

atroces. Il appartenait à une pauvre famille israélite, et cette triste position durait depuis quatre

ans. Son intelligence était remarquable pour son âge ; sa douceur, sa patience et sa résignation

étaient édifiantes. Le médecin dans le service duquel il se trouvait, touché de compassion pour ce

pauvre être en quelque sorte délaissé, car il ne paraissait pas que ses parents vinssent le voir

souvent, y prit intérêt, et se plaisait à causer avec lui, charmé de sa raison précoce. Non

seulement il le traitait avec bonté, mais, quand ses occupations le lui permettaient, il venait lui

faire la lecture, et s'étonnait de la rectitude de son jugement sur des choses qui paraissaient au-dessus

de son âge.

Un jour, l'enfant lui dit : «Docteur, ayez donc la bonté de me donner encore des pilules,

comme les dernières que vous m'avez ordonnées. - Et pourquoi cela, mon enfant ? dit le

médecin ; je t'en ai donné suffisamment, et je craindrais qu'une plus grande quantité ne te fît du

mal. - C'est que, voyez-vous, reprit l'enfant, je souffre tellement que j'ai beau me contraindre

pour ne pas crier, et prier Dieu de me donner la force de ne pas déranger les autres malades qui

sont à côté de moi, j'ai souvent bien de la peine à m'en empêcher ; ces pilules m'endorment, et

pendant ce temps au moins je ne trouble personne.»

Ces paroles suffisent pour montrer l'élévation de l'âme que renfermait ce corps difforme. Où

cet enfant avait-il puisé de pareils sentiments ? Ce ne pouvait être dans le milieu où il avait été

élevé, et d'ailleurs, à l'âge où il commença à souffrir, il ne pouvait encore comprendre aucun

raisonnement ; ils étaient donc innés en lui ; mais alors, avec de si nobles instincts, pourquoi

Dieu le condamnait-il à une vie si misérable et si douloureuse, en admettant qu'il eût créé cette

âme en même temps que ce corps, instrument de si cruelles souffrances ? Oui, il faut dénier la

bonté de Dieu, ou il faut admettre une cause antérieure, c'est-à-dire la préexistence de l'âme et la

pluralité des existences. Cet enfant est mort, et ses dernières pensées furent pour Dieu et pour le

médecin charitable qui avait eu pitié de lui.

A quelque temps de là, il fut évoqué dans la Société de Paris, où il donna la communication

suivante (1863).

«Vous m'avez appelé ; je suis venu faire que ma voix s'entende au-delà de cette enceinte pour

frapper à tous les coeurs ; que l'écho qu'elle fera vibrer s'entende jusque dans leur solitude ; elle

leur rappellera que l'agonie de la terre prépare les joies du ciel, et que la souffrance n'est que

l'écorce amère d'un fruit délectable qui donne le courage et la résignation. Elle leur dira que sur le

grabat où gît la misère, sont des envoyés de Dieu, dont la mission est d'apprendre à l'humanité

qu'il n'est point de douleur qu'on ne puisse endurer avec l'aide du Tout-Puissant et des bons

Esprits. Elle leur dira encore d'écouter les plaintes se mêlant aux prières, et d'en comprendre

l'harmonie pieuse, si différente des accents coupables de la plainte se mêlant aux blasphèmes.

«Un de vos bons Esprits, grand apôtre du Spiritisme, a bien voulu me laisser cette place ce

soir1; aussi dois-je vous dire à mon tour quelques mots du progrès de votre doctrine. Elle doit

aider dans leur mission ceux qui s'incarnent parmi vous pour apprendre à souffrir. Le Spiritisme

sera le poteau indicateur ; ils auront l'exemple et la voix ; c'est alors que les plaintes seront

changées en cris d'allégresse et en pleurs de joie».

D. Il paraît, d'après ce que vous venez de dire, que vos souffrances n'étaient point l'expiation

de fautes antérieures ?

R. Elles n'étaient point une expiation directe, mais soyez assurés que toute douleur a sa cause

juste. Celui que vous avez connu si misérable a été beau, grand, riche et adulé ; j'avais des

flatteurs et des courtisans : j'en ai été vain et orgueilleux. Jadis je fus bien coupable ; j'ai renié

Dieu et j'ai fait le mal à mon prochain ; mais je l'ai cruellement expié, d'abord dans le monde des

Esprits, et ensuite sur la terre. Ce que j'ai enduré pendant quelques années seulement dans cette

dernière et très courte existence, je l'ai souffert pendant une vie tout entière jusqu'à l'extrême

vieillesse. Par mon repentir, je suis rentré en grâce devant le Seigneur, qui a daigné me confier

plusieurs missions, dont la dernière vous est connue. Je l'ai sollicitée pour achever mon

épuration.

Adieu, mes amis, je reviendrai quelquefois parmi vous. Ma mission est de consoler et non

d'instruire ; mais il en est tant ici dont les blessures sont cachées qu'ils seront contents de ma

venue.

MARCEL.

 

Instruction du guide du médium.

Pauvre petit être souffrant, chétif, ulcéreux et difforme ! que de gémissements il faisait

entendre dans cet asile de la misère et des larmes ! Et malgré son jeune âge, comme il était

résigné, et combien son âme comprenait déjà le but des souffrances ! Il sentait bien qu'au-delà de

la tombe l'attendait une récompense pour tant de plaintes étouffées ! Aussi, comme il priait pour

ceux qui n'avaient point comme lui, le courage de supporter leurs maux, pour ceux surtout qui

jetaient au ciel des blasphèmes au lieu de prières !

Si l'agonie a été longue, l'heure de la mort n'a point été terrible ; les membres convulsionnés se

tordaient sans doute, et montraient aux assistants un corps déformé se révoltant contre la mort, la

loi de la chair qui veut vivre quand même ; mais un ange planait au-dessus du lit du moribond et

cicatrisait son coeur ; puis il emporta sur ses ailes blanches cette âme si belle qui s'échappait de

ce corps informe en prononçant ces mots : Gloire vous soit rendue, ô mon Dieu ! Et cette âme

montée vers le Tout-Puissant, heureuse, elle s'est écriée : Me voici, Seigneur ; vous m'aviez

donné pour mission d'apprendre à souffrir ; ai-je supporté dignement l'épreuve ?

Et maintenant l'Esprit du pauvre enfant a repris ses propositions ; il plane dans l'espace, allant

du faible au petit, disant à tous : Espérance et courage. Dégagé de toute matière et de toute

souillure, il est là près de vous, vous parle, non plus avec sa voix souffreteuse et plaintive, mais

avec de mâles accents ; il vous a dit : Ceux qui m'ont vu, ont regardé l'enfant qui ne murmurait

pas ; ils y ont puisé le calme pour leurs maux, et leurs coeurs se sont raffermis dans la douce

confiance en Dieu ; voilà le but de mon court passage sur la terre.

SAINT AUGUSTIN.

 

SZYMEL SLIZGOL

C'était un pauvre Israélite de Vilna, mort en mai 1865. Pendant trente ans il avait mendié, une

sébile à la main. Partout, dans la ville, on connaissait son cri : «Souvenez-vous des pauvres, des

veuves et des orphelins !» Pendant ce temps, Slizgol avait réuni 90.000 roubles. Mais il ne garda

pas un kopeck pour lui. Il soulageait les malades, qu'il soignait lui-même ; il payait

l'enseignement des pauvres enfants, il distribuait aux nécessiteux les comestibles qu'on lui

donnait. Le soir était consacré à la préparation de tabac à priser, que le mendiant vendait pour

subvenir à ses propres besoins. Ce qui lui restait appartenait aux pauvres. Szymel était seul au

monde. Le jour de son enterrement, une grande partie de la population de la ville suivit son

convoi, et les magasins furent fermés.

(Société spirite de Paris, 15 juin 1865.)

Evocation. - Trop heureux, et enfin parvenu à la plénitude de mon ambition, que j'ai payé bien

cher, je suis là, au milieu de vous depuis le commencement de cette soirée. Je vous remercie de

vous occuper de l'Esprit du pauvre mendiant qui, avec joie, va tâcher de répondre à vos

questions.

D. Une lettre de Vilna nous a fait connaître les particularités les plus remarquables de votre

existence. C'est par la sympathie qu'elles nous inspirent que nous avons eu le désir de nous

entretenir avec vous. Nous vous remercions d'être venu à notre appel, et puisque vous voulez

bien nous répondre, nous serons heureux, pour notre instruction, de connaître votre situation

comme Esprit, et les causes qui ont motivé le genre de votre dernière existence.

R. Tout d'abord, accordez à mon Esprit, qui comprend sa vraie position, la faveur de vous dire

son opinion sur une pensée qui vous est venue à mon sujet ; je réclame vos conseils si elle est

fausse.

Vous trouvez singulier que la manifestation publique ait pris un tel développement pour

rendre hommage à l'homme de rien qui a su, par sa charité, s'attirer une telle sympathie. - Je ne

dis pas cela pour vous, cher maître, ni pour toi, cher médium, ni pour vous tous, spirites vrais et

sincères, mais je parle pour les personnes indifférentes à la croyance. - Il n'y a là rien d'étonnant.

La force de pression morale qu'exerce la pratique du bien sur l'humanité est telle que, si matériel

que l'on soit, on s'incline toujours ; on salue le bien, en dépit de la tendance que l'on a pour le

mal.

Maintenant, j'arrive à vos questions qui, de votre part, ne sont pas dictées par la curiosité, mais

formulées simplement en vue de l'instruction générale. Je vais donc, puisque j'en ai la liberté,

vous dire, avec le plus de brièveté possible, quelles sont les causes qui ont motivé et déterminé

ma dernière existence.

Il y a de cela plusieurs siècles, je vivais avec le titre de roi, ou tout au moins de prince

souverain. Dans ce cercle de ma puissance, relativement étroit à côté de vos Etats actuels, j'étais

le maître absolu de la destinée de mes sujets ; j'agissais en tyran, disons le mot : en bourreau.

D'un caractère impérieux, violent, avare et sensuel, vous voyez d'ici quel devait être le sort des

pauvres êtres qui vivaient sous mes lois. J'abusais de mon pouvoir pour opprimer le faible, pour

mettre à contribution toute espèce de métiers, de travaux, de passions et de douleurs, pour le

service de mes propres passions. Ainsi, je frappais d'une redevance le produit de la mendicité ;

nul ne pouvait mendier, sans qu'au préalable j'eusse pris ma large part de ce que la pitié humaine

laissait tomber dans l'escarcelle de la misère. Plus que cela : afin de ne pas diminuer le nombre

des mendiants parmi mes sujets, je défendis aux malheureux de donner à leurs amis, à leurs

parents, à leurs proches, la faible part qui restait à ces pauvres êtres. En un mot, je fus tout ce

qu'il y a de plus impitoyable envers la souffrance et la misère.

Je perdis enfin ce que vous appelez la vie dans des tourments et des souffrances horribles ; ma

mort fut un modèle de terreur pour tous ceux qui, comme moi, mais sur une moins grande

échelle, partageaient ma manière de voir. Je demeurai à l'état d'Esprit errant pendant trois siècles

et demi, et lorsque au bout de ce laps de temps, je compris que le but de l'incarnation était tout

autre que celui que mes sens grossiers et obtus m'avaient fait poursuivre, j'obtins, à force de

prières, de résignations et de regrets, la permission de prendre la tâche matérielle de supporter les

mêmes souffrances et plus encore, que j'avais fait endurer. J'obtins, cette permission et Dieu me

laissa le droit, par mon libre arbitre, d'amplifier mes souffrances morales et physiques. Grâce au

secours des bons Esprits qui m'assistaient, je persistai dans ma résolution de pratiquer le bien, et

je les en remercie, car ils m'ont empêché de succomber sous la tâche que j'avais prise.

J'ai enfin accompli une existence qui a racheté, par son abnégation et sa charité, ce que l'autre

avait eu de cruel et d'injuste. Je suis né de parents pauvres ; orphelin de bonne heure, j'ai appris à

me suffire à moi-même à l'âge où l'on est encore considéré comme incapable de comprendre. J'ai

vécu seul, sans amour, sans affections, et même, au commencement de ma vie, j'ai supporté la

brutalité que j'avais exercée sur les autres. On dit que les sommes recueillies par moi ont toutes

été consacrées au soulagement de mes semblables ; c'est un fait exact, et sans emphase comme

sans orgueil, j'ajoute que bien souvent, au prix de privations relativement fortes, très fortes, j'ai

augmenté le bien que me permettait de faire la charité publique.

Je suis mort avec calme, confiant dans le prix qu'avait obtenu la réparation faite par ma

dernière existence, et je suis récompensé au-delà de mes secrètes aspirations. Je suis aujourd'hui

heureux, bien heureux de pouvoir vous dire que quiconque s'élève sera abaissé, et que celui qui

s'humilie sera élevé.

D. Veuillez nous dire, je vous prie, en quoi a consisté votre expiation dans le monde des

Esprits, et combien de temps elle a duré depuis votre mort jusqu'au moment où votre sort a été

adouci par l'effet du repentir et des bonnes résolutions que vous avez prises. Dites-nous aussi ce

qui a provoqué en vous ce changement dans vos idées à l'état d'Esprit.

R. Vous me remettez en mémoire de bien douloureux souvenirs ! Que j'ai souffert... Mais je

ne me plains pas : je me souviens !... Vous voulez savoir de quelle nature a été mon expiation ; la

voici dans toute sa terrible horreur.

Bourreau, comme je vous l'ai dit, de toute espèce de bons sentiments, je demeurai longtemps,

bien longtemps, attaché par mon périsprit à mon corps en décomposition. Je me sentis, jusqu'à sa

complète putréfaction, rongé par les vers qui me faisaient bien souffrir ! Lorsque je fus

débarrassé des liens qui m'attachaient à l'instrument de mon supplice, j'en subis un encore plus

cruel. Après la souffrance physique, vint la souffrance morale, et celle-ci a duré bien plus

longtemps encore que la première. J'ai été mis en présence de toutes les victimes que j'avais

torturées. Périodiquement, et par une force plus grande que la mienne, j'étais ramené en face de

mes coupables actions. Je voyais physiquement et moralement toutes les douleurs que j'avais fait

endurer. Oh ! mes amis, combien est terrible la vue constante de ceux à qui l'on a fait du mal !

Vous en avez un faible exemple parmi vous dans la confrontation de l'accusé avec sa victime.

Voilà, en abrégé, ce que j'ai souffert pendant deux siècles et demi, jusqu'à ce que Dieu, touché

de ma douleur et de mon repentir, sollicité par les guides qui m'assistaient, permit que je prisse la

vie d'expiation que vous connaissez.

D. Un motif particulier vous a-t-il engagé à choisir votre dernière existence dans la religion

israélite ?

R. Non pas choisie par moi, mais que j'ai acceptée d'après le conseil de mes guides. La

religion israélite ajoutait une petite humiliation de plus à ma vie d'expiation ; car, dans certains

pays surtout, la majorité des incarnés méprise les Israélites, et particulièrement les Juifs

mendiants.

D. Dans votre dernière existence, à quel âge avez-vous commencé à mettre à exécution les

résolutions que vous aviez prises ? Comment cette pensée vous est-elle venue ? Pendant que

vous exerciez ainsi la charité avec tant d'abnégation, aviez-vous une intuition quelconque de la

cause qui vous y poussait ?

R. Je naquis de parents pauvres, mais intelligents et avares. Jeune encore, je fus privé de

l'affection et des caresses de ma mère. Je ressentis de sa perte un chagrin d'autant plus vif que

mon père, dominé par la passion du gain, me délaissait entièrement. Mes frères et mes soeurs,

tous plus âgés que moi, ne semblaient pas s'apercevoir de mes souffrances. Un autre Juif, mû par

une pensée plus égoïste que charitable, me recueillit et me fit apprendre à travailler. Il recouvra

largement, par le produit de mes travaux qui souvent dépassaient mes forces, ce que j'avais pu lui

coûter. Plus tard, je m'affranchis de ce joug et je travaillai pour moi. Mais partout, dans l'activité

comme dans le repos, j'étais poursuivi par le souvenir des caresses de ma mère, et à mesure que

j'avançais en âge, son souvenir se gravait plus profondément dans ma mémoire, et je regrettais

davantage ses soins et son amour,

Bientôt, je demeurai seul de mon nom ; la mort, en quelques mois, enleva toute ma famille.

C'est alors que commença à se révéler la manière dont je devais passer le reste de mon existence.

Deux de mes frères avaient laissé des orphelins. Emu par le souvenir de ce que j'avais souffert, je

voulus préserver ces pauvres petits êtres d'une jeunesse semblable à la mienne, et mon travail ne

pouvant suffire à nous faire subsister tous, je commençai à tendre la main, non pour moi, mais

pour les autres. Dieu ne devait pas me laisser la consolation de jouir de mes efforts ; les pauvres

petits me quittèrent pour toujours. Je voyais bien ce qui leur avait manqué : c'était leur mère. Je

résolus alors de demander la charité pour les veuves malheureuses qui, ne pouvant se suffire à

elles et à leurs enfants, s'imposaient des privations qui les conduisaient à la tombe, laissant de

pauvres orphelins qui demeuraient ainsi abandonnés et voués aux tourments que j'avais moimême

endurés.

J'avais trente ans lorsque, plein de force et de santé, on me vit mendier pour la veuve et

l'orphelin. Les commencements me furent pénibles, et je dus supporter plus d'une humiliante

parole. Mais, lorsqu'on vit que je distribuais réellement tout ce que je recevais au nom de mes

pauvres ; lorsqu'on me vit y ajouter encore le surplus de mon travail, j'acquis une espèce de

considération qui n'était pas sans charme pour moi.

J'ai vécu soixante et quelques années, et jamais je n'ai manqué à la tâche que je m'étais

imposée. Jamais, non plus, un avertissement de la conscience n'est venu me faire supposer qu'un

motif antérieur à mon existence fût le mobile de ma manière d'agir. Seulement, un jour avant de

commencer à tendre la main, j'entendis ces paroles : «Ne faites pas aux autres ce que vous ne

voudriez pas qu'on vous fît.» Je demeurai frappé de la moralité générale contenue dans ces

quelques mots, et bien souvent je me surprenais à y ajouter celles-ci : «Mais faites-leur au

contraire ce que vous voudriez qui vous fût fait.» Le souvenir de ma mère et celui de mes

souffrances aidant, je continuai à marcher dans une carrière que ma conscience me disait bonne.

Je vais finir cette longue communication en vous disant merci ! Je ne suis pas encore parfait,

mais sachant que le mal ne mène qu'au mal, je ferai du nouveau, comme je l'ai fait, le bien pour

recueillir du bonheur.

 

 

 

 

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