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doctrinespiritenimes.over-blog.com

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Allan Kardec définit le Spiritisme comme une doctrine fondée sur l'existence, les manifestations et l'enseignement des esprits, possédant des lois morales et reposant sur une échelle spirite. Ce courant de pensée estime que les médiums peuvent communiquer avec les défunts, par l'utilisation d'une énergie spirituelle appelée périsprit. Fondé sur la croyance en Dieu, en la réincarnation et en la communication avec l'au-delà, le Spiritisme regroupe plusieurs millions d'adeptes à travers le monde. CHARTE - INFORMATIONS UTILES ET TRÈS IMPORTANT Bien chers tous Je conseille à toutes et à tous de bien lire la description du Spiritisme. Je vous rappelle que le Spiritisme N’A RIEN à VOIR avec la pratique médiumnique généralement répandue et utilisée à des fins matérielles, lucratives ou similaires. En conclusion, je vous déconseille d'adhérer à toute publicité à titre commercial (cabinets de voyance etc.) La médiumnité est un don gratuit et non pas un marche-pied, donner gratuitement ce que Dieu a donné gratuitement. Bien à vous. Conseils d’un cercle Spirite : « Nous estimons qu’il est dangereux de s’aventurer à vouloir communiquer avec l’au-delà sans connaissances préalables. Lorsque l’on a une idée juste et suffisante des réalités spirites et médiumniques, on sait alors ce à quoi l’on s’expose en toute connaissance de cause. De plus, outre une formation théorique indispensable, une personne qui souhaite communiquer avec l’autre monde doit le faire dans le cadre d’un groupe structuré, expérimenté et averti qui saura faire face aux éventuelles difficultés, qu’il s’agisse des manifestations subconscientes ou d’interventions indésirables de mauvais esprits. En d’autres termes, nous déconseillons de pratiquer en dehors du cadre spirite. Régulièrement nous recevons courriers et e-mails, provenant de personnes qui sont désemparées, face à des mauvais esprits (supposés ou réels) dont elles ne parviennent pas à se débarrasser. Nous ne pouvons décemment que les inviter à stopper toute expérience, afin que leurs désordres psychologiques déjà évidents, ne s’aggravent pas davantage. Ainsi donc, chers correspondants, quelle que soit votre curiosité et votre soif d’expérience, ayez la sagesse de faire les choses dans l’ordre. Commencez par vous instruire, découvrez l’au-delà par la lecture des grands auteurs spirites, et ensuite vous y verrez plus clair. » Allan Kardec entendit parler pour la première fois des tables tournantes en 1854 et fut tout d’abord très sceptique. Après avoir observé assidûment les manifestations des Esprits par la méthode expérimentale, il prit connaissance de cinquante cahiers de communications qu’il synthétisa et qui formèrent la base du livre des Esprits. Liens sources Centre Spirite: https://www.cslak.fr http://kardec.fr/index.php?lng=fr https://www.usff.fr https://www.cesakparis.fr


L'Âme humaine

Publié par Un spirite sur 11 Décembre 2021, 19:33pm

Catégories : #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme

 

 

Immortalité. − D'où vient l'âme. − Genèse de l'esprit.

 

L'homme a-t-il une âme immortelle, ou n'est-il que le résultat d'une harmonieuse

combinaison de molécules, mues par les forces aveugles du destin ? L'esprit est-il la

cause, ou la conséquence de l'organisme ? Cesse-t-il d'être, quand le cerveau ne

fonctionne plus ? Persiste-t-il après la mort, emportant, dans un monde invisible et

inconnu, sa conscience et sa mémoire, ses mérites ou ses méfaits ?

Voilà la question qui a le plus tourmenté la pensée humaine. Elle se dresse, comme le

sphinx de la fable, mystérieuse et menaçante, chaque fois qu'une religion, devenue

insuffisante, s'affaisse sous son impuissance ou s'écroule dans une tempête, en faisant le

désert dans les coeurs.

La solution de ce problème n'appartient pas aux sciences expérimentales, et les sciences

expérimentales ont le tort de vouloir le résoudre.

Les questions de cet ordre relèvent d'une faculté mystérieuse, le sens intime, vue

intérieure qui fait percevoir à l'esprit les choses de l'esprit, comme nos sens externes nous

font percevoir les choses matérielles. Le sentiment, porté à sa suprême puissance,

pressent les vérités que la recherche intellectuelle ne peut atteindre. Flamme rayonnante

qui échauffe et éclaire à la fois, l'amour divin se révèle à l'amour de l'homme, et lui

découvre, dans les profondeurs de la vie, des espaces que la science ne peut sonder.

Les sciences positives dédaignent le sentiment, et, pour se débarrasser de ce concurrent

fâcheux, l'ont déclaré atteint de folie, oubliant que la plupart des grandes vérités qu'elles

ont découvertes, avaient été d'avance annoncées par lui.

Pour un moment, nous nous séparerons d'elles, sans abdiquer la raison, dont elles se

croient seules dépositaires. La raison guide le sentiment, comme elle guide la science ;

mais ce n'est qu'une force modératrice. Elle tient les rênes ; ce n'est pas elle qui entraîne 

le char.

II

Le dogme de la persistance ou de la résurrection de notre être, − ce qui, au fond, est la

même chose, − existe dans toutes les religions connues, sauf dans celle de Moïse.

− « L'âme, disent les Védas, va dans le monde auquel appartiennent ses oeuvres ! »

− « Ô Dieu, s'écrient dans leurs prières, les fils de Zoroastre, ayez pitié de mon corps et

de mon âme, dans ce monde et dans l’autre ! »

Les Égyptiens , comme les Parses, comme les Phéniciens, croyaient à la résurrection des

morts, et ont transmis cette croyance au christianisme primitif ; les Grecs proclamaient

l'immortalité de l'âme ; les Druides, la succession des vies ; les Scandinaves rêvaient un

paradis farouche, où ils buvaient l'hydromel dans le crâne de leurs ennemis ; les

Canadiens, les Péruviens avaient, sur l'origine du monde et la vie future de l'homme, les

mêmes conceptions, à peu près, que la Phénicie et que l'Égypte ; jusque chez les naturels

des îles des Amis, jusque chez les sauvages des îles Sandwich, on retrouve l'idée de

l'âme immortelle.

Cet assentiment presque unanime n’est pas une preuve, sans doute ; mais la raison

moderne doit en tenir compte. Il prouve du moins le besoin impérieux qu'ont eu les

hommes de toute époque et de toute race de croire à la perpétualité de leur être, et ce

besoin général est un indice imposant. 

Les peuples divers, selon leur génie particulier et leur élévation dans la vie idéale, ont

déterminé l'état de l'existence future. Ces conceptions sont plus ou moins puériles et

bizarres ; mais toutes, quelles qu'elles soient, s'accordent sur ce point que, récompense ou

punition, exaltation ou abaissement, la vie à venir est la conséquence logique, la sanction

morale de la vie passée.

Résurrection ou continuité de l'être, le dogme de la vie future est le dogme moral par

excellence.

III

C'est en même temps la logique suprême si l'être disparaît sans retour, la vie est une

absurdité monstrueuse, ou une cruauté systématique. L'homme a le droit de nier l'ordre,

ou d'accuser Dieu.

Car l'ordre veut que les désirs naturels soient satisfaits, et que les aspirations

légitimes aboutissent. Or, ce besoin de persister dans la vie, cette soif d'éternité,

qui est au fond de la personne humaine, est un appétit naturel de l'être conscient.

La nature ne fait rien d'inutile. Cet instinct a donc sa raison d'être. − Il sert, dit-on, au

progrès de l'espèce ; il fonde les religions, qui constituent les sociétés. − Mais Dieu ne

peut sacrifier l'individu à l'espèce. Sa puissance serait limitée, s'il ne pouvait faire

concorder l'harmonie de la création avec le bonheur de chaque conscience. La

providence universelle doit satisfaction aux êtres particuliers, comme à l'être général.

La vie infinie, réalisation de la pensée divine, du desideratum absolu, doit réaliser aussi,

dans son grand ensemble, les desiderata individuels. Si les aspirations du coeur et de 

l'intelligence, ce désir toujours croissant d'aimer plus et de savoir mieux, ce besoin de

vivre, en un mot, de continuer en se développant, de sentir qu'on se développe, de

constater ses progrès et ceux des autres, de jouir de son épanouissement et du leur, si

tout cela s'éteint pour jamais, si la personnalité se dissout ou s'efface, ce n'est pas la

mort qui est une mystification, c'est la vie.

Et qui ne voit que vie et mort sont deux termes qui s'excluent, et que, si la vie est la

mort n'est pas !

Ô Père suprême, ai-je donc besoin de tant raisonner ? Si tu es tout amour, est-ce que je

peux mourir ?

I V

Les négateurs s'appuient sur ce qui se passe dans la nature visible. Ils voient les formes

qui disparaissent, et en concluent que l'être s'éteint.

− Montrez-moi une âme, disent-ils !

− Montrez-moi que vos sens peuvent tout percevoir, leur répondrai-je ; que vos yeux

peuvent tout, découvrir ; vos oreilles, tout entendre ; vos mains, tout palper ! Votre

organisme matériel est impuissant à saisir toutes les manifestations de la matière qui le

forme, le régit et l'enveloppe... Comment pourrait-il être impressionné par la plus

subtile des manières d'être de la substance ? Je ne peux pas montrer l'âme à votre

corps ; je ne puis la montrer qu'à votre âme.

L'âme n'est pas immortelle, objecte-t-on encore, puisque ses facultés s'éteignent, même

avant que s'éteigne la vie. Le vieillard, arrivé aux dernières limites de l'existence, ne

perd-t-il pas la mémoire, la volonté, la pensée, et jusqu'à la conscience de son être ?

Dans la vie normale et complète, que les progrès de la science et de la morale

assureront, un jour, à la plupart des hommes, la nature, pour nous enlever toute

espérance, fait mourir l'esprit avant le corps.

Cette objection pèche par la base ; d'un accident de subversion, elle fait une loi. La loi

naturelle est toute autre : les animaux ne tombent pas en enfance ; leurs instincts

supérieurs, leurs qualités affectives persistent, malgré l'affaiblissement des organes.

Jusqu'à la dernière heure, le vieux chien sourd, aveugle, perclus, reconnaît son maître, et

lui lèche la main.

La vie normale, au contraire, se termine toujours sans cette dégradation de l'être. On

constate que les centenaires meurent sans maladie apparente, en pleine possession de

leurs facultés.

L'abrutissement de certains vieillards n'est pas autre chose qu'une maladie provoquée.

Comme la plupart des maux qui nous affligent, c'est le résultat d'une vie mal employée, la

conséquence de fatigues excessives, ou d'habitudes malsaines. Celui qui surmène la

nature par la mauvaise gestion de ses forces, qui descend au-dessous de l'animalité par

l’extravagance de ses vices, doit finir, comme il a vécu, en dehors de la règle naturelle.

Telle vie, telle mort ; c'est la loi d'ordre ou de justice, ce qui est tout un 3.

L'homme doit vivre surtout par ses facultés supérieures, les seules vraiment humaines, et

celles-là doivent pondérer et diriger les autres. S'il obéit à cette loi morale, qui est sa loi 

naturelle à lui, son organisme peut s'user ; ni son coeur ni son intelligence ne s'affaissent.

Est-ce que Fontenelle, Voltaire, Goethe, Humboldt ont eu cette horrible vieillesse ? Et

tant d'autres, moins illustres, et tant d'autres, tout à fait obscurs, n’ont-ils pas conservé,

dans l'âge le plus avancé, la lucidité de leur intelligence, le rayonnement de leur bonté ?

C'est l'idéal qui est la vie de l'âme. Il n'est pas seulement dans l'esprit ; il est dans le coeur.

Conservez-le, et vous serez jeune, malgré les cheveux blancs et les rides !

Mais ces grandes vérités ne se prouvent pas suffisamment par la logique. Elles sont

perçues par le sens intime, que tous ne possèdent pas également. Il est des âmes qui ne

savent pas voir, comme il y a, dans la nature physique, des yeux éteints et des oreilles

fermées.

Comment donner à ces esprits infirmes le sens qui leur manque ? Fera-t-on comprendre à

un aveugle-né les couleurs et la lumière ? S'ils ne sentent pas, au fond d'eux-mêmes, cette

certitude de l'être qui s'affirme dans la vie, s'ils refusent de se replier dans leur

conscience, et s'applaudissent de ne pas se voir et de ne pas voir Dieu, nous ne pouvons

rien, que les plaindre. On ne peut opérer de la cataracte, ceux qui se complaisent dans la

cécité. 

V

Âme, esprit, être, − peu importe le nom, − la personnalité humaine est, et persiste,

indépendamment du corps tangible et visible, à l'aide duquel elle fonctionne ici-bas. −

Mais ce MOI conscient et volitif, doué du pouvoir de modifier la création et de progresser

par lui-même, d'où vient-il ?

Sur la formation des âmes humaines, la théologie si affirmative, ose à peine affirmer. La

révélation est muette.

L'âme vient de Dieu. C'est la profession de foi des religions révélées, et des philosophies

religieuses.

Mais comment l'âme vient-elle de Dieu ?

Est-elle créée en même temps que le corps ? − L'Église le croit, sans imposer sa

croyance sur cette question, que ses plus grands docteurs ont réservée. − Existe-telle de

toute éternité, ou seulement depuis la création de ce monde, attendant l'heure de son

incarnation ?

Dans ces trois cas, toutes les âmes sont égales devant Dieu, sans mérite ni démérite,

puisqu'elles n'ont pas agi, puisqu'elles n'ont pas vécu. D'où vient donc que le Créateur

donne à l'une des passions indomptables, à l'autre des vertus faciles ; plonge celles-ci dans

les ténèbres de l'ignorance, aux dernières limites de la dégradation, et pose celles-là au

sommet des civilisations, à la portée de tous les raffinements de l'esprit, de toutes les

délicatesses du coeur ? 

Pour répondre à cette objection, certains théologiens ont imaginé la théorie de la grâce,

invention commode pour la théologie, mais peu flatteuse pour le Père commun.

Nous ne discuterons pas cette doctrine. Elle se condamne d'elle-même. C'est le renversement

de toute justice ; c'est la négation de la conscience divine, par la conscience humaine. Ce

serait un blasphème, si ce n'était pas une folie.

On a pu voir, dans les plus mauvaises pages de notre histoire, des tyrans furieux condamner 

des existences innocentes ; mais ceux-là, du moins, agissaient par un motif de haine ou de

crainte, et n'avaient pu empêcher que leurs victimes vissent le jour.

V I

Cherchons dans la confiance en Dieu un appui et une lumière ! La solution qui satisfera

davantage notre idéal de justice et de bonté, se rapprochera le plus de la vérité : la vérité,

c'est le bien suprême.

Avant tout, rappelons une affirmation précédente : − Tous les jours des âmes éclosent. −

Pour que l'activité infinie s'exerce, il faut que la création soit continue. Si les âmes

humaines existaient de toute éternité, ou avaient été créées à la fois, Dieu aurait limité sa

puissance de création la plus sublime, puisqu'il ne créerait plus d'âmes.

Et maintenant posons de nouveau cette question aux lois de la vie, et à notre intelligence

qui les découvre :

− D'où vient l'âme humaine ?

VII

La science déclare et prouve que tout être est une collectivité, une synthèse des êtres

inférieurs, venus avant lui.

Naguère un orateur catholique disait dans la chaire de Notre Dame : − L'homme résume

en lui les trois mondes (minéral, végétal, animal).

La métaphysique allemande a prononcé cette grande parole : − La nature tend à l'esprit.

Sommes-nous donc si loin de nous entendre ? 

V I I I

Comment monte la vie ? Comment s'accomplit le progrès, de règne en règne, de classe en

classe, d'espèce en espèce ?

Les sciences naturelles le disent :

La vie monte, en concentrant, en combinant, dans des individualités de plus en plus

composées, les éléments, les organes, les formes, les forces qui constituent séparément

des êtres plus simples, plus élémentaires.

Chaque formation nouvelle est une synthèse, une collectivité de plus en plus

complexe ; chaque monde résume les mondes inférieurs.

La plante renferme en elle les éléments de l'air, les sels des minéraux, et l'eau, synthèse,

elle-même, d'hydrogène et d'oxygène.

Comme toute synthèse organique, elle occupe, dans l'échelle des êtres, un rang plus élevé

que les éléments qui la forment ; elle manifeste une vie supérieure.

Si la vie minérale se reproduit, en quelque sorte, dans le tronc compacte et immobile, −

dont les cellules se superposent comme des cristallisations, et dont l'aspect, dans certaines

espèces, a l'apparence du rocher, − déjà la sève circule, et prélude à la circulation

artérielle ; déjà les feuilles respirent comme le poumon respirera, et leur appareil 

respiratoire va devenir celui de l'insecte, dont l'éclosion se prépare ; déjà, pour le grand

mystère de la génération, l'ovaire s'entrouvre.

L'animal n'est pas loin.

Voyez-le au début ! Il n'a pas encore conquis la puissance caractéristique de

l'animalité : l'indépendance. Fixé au sol comme les algues voisines, il s'agite

pourtant par ses propres forces : il attire et saisit ses aliments. Il agit.

Mais les organes de la génération lui manquent ; il se reproduit par boutures.

Constatons ce fait ! nous le retrouverons partout :

Dans le premier travail de toute formation, la vie semble d'abord épuiser ses forces

sur l'organe spécial qu'elle veut faire avancer. Il y a progrès sur un point, et recul

sur d'autres.

Ainsi, dans la marche des sociétés, un progrès ne s'accomplit jamais qu'au détriment

d'essors un instant comprimés ; ainsi le progrès sentimental et moral du christianisme a

refoulé, pendant des siècles, la science, les arts, l’industrie ; ainsi le progrès industriel

de l'ère moderne menace de ne s'opérer qu'aux dépens de la moralité publique, et de

l'idéal poétique et religieux.

De même, dans le développement de l’embryon, au sein de la mère, un organe ne

se forme qu'en atrophiant momentanément les autres. 

I X

L'animalité est la synthèse des deux règnes inférieurs. − On retrouve en elle le

minéral : test, coquille, carapace, squelette ; les poils, les plumes, les parties cornées

prennent leur nourriture dans la chair, et poussent comme les végétaux ; les vésicules se

superposent comme les cellules végétales, comme les molécules cristallines ; les animaux

contiennent même le métal : la chimie trouve du fer dans leur sang.

Après sa phase rudimentaire, l'animalité prend possession de l'espace : elle rampe, nage,

vole, bondit.

Et chaque espèce, à son tour, est une collectivité d'organes, d'essors, de forces, qui

contient et résume, dans sa nouvelle puissance, toutes les synthèses précédentes.

Nous disons qu'elle contient leurs essors. Remarquez bien ce mot ! Il nous met sur la voie

que nous cherchons.

X

La plante s'alimente et se reproduit : la racine pompe ; la feuille aspire ; le pistil appelle

l'étamine ; le pollen cherche l'ovaire. C'est une activité bien supérieure à celle du

minéral ; mais que cette activité est passive encore ! Pourtant la racine trace et cherche, et

la graine, le pépin, l'amande s'entourent d'enveloppes protectrices, au sein desquelles

l'incubation de l’oeuf végétal s'accomplit.

Ne peut-on pas dire que l'instinct commence ?

L'animal va recueillir et développer ces premières manifestations de la vie

individualisée : alimentation, reproduction.

L'alimentation sera la fonction presque exclusive des premières espèces : zoophytes, 

mollusques, poissons. La tortue pondra ses oeufs et les laissera au soleil, comme le

batracien les oubliera dans la vase, comme la mouche les abandonnera dans la fleur, ou

dans la chair.

L'instinct familial, l'amour des petits, s'éveillera chez l'insecte travailleur, pour arriver à

l'oiseau, où il va produire des miracles de tendresse, d'industrie, de dévouement et de

courage.

Parmi les animaux qui allaitent, ce sentiment se raffinera encore. La mère léchera ses

petits ; le phoque se fera tuer en défendant sa famille ; le lion gambadera pour réjouir

sa lignée. Le père a commencé chez l'oiseau, et se continue chez le mammifère.

X I

L'alimentation a développé graduellement des facultés d'un autre ordre : la combativité,

la ruse, l'association ; et dans la fourmi, l'abeille, le castor : le travail et la prévoyance.

L'instinct de conservation, dans les races menacées, a déployé des essors encore plus

précieux : la discipline, la solidarité, la protection. Plusieurs espèces posent des

sentinelles qui signalent le danger ; un chevreuil relaye le chevreuil poursuivi, et entraîne

la meute loin du hallier où l'animal harassé se repose ; les chevaux sauvages, à l'approche

du péril, se rangent en cercle autour des femelles et des poulains, et attendent l'ennemi.

Nous voilà bien loin du polype et du mollusque ; nous voici bien près, non pas seulement

de l'Australien et de l’Hottentot, types primitifs, selon les uns, dégénérés selon les autres,

− mais de l'homme. 

Quelle route ont suivi ces facultés, pour arriver à ce degré de développement dans les

animaux supérieurs ? − La route des organismes, ces échelons progressifs que se construit

la vie, pour se manifester de plus en plus, et réaliser l'esprit. − Purs instincts, dira-t-on !

Qui déterminera le point où l'instinct finit, où l'esprit commence ? Est-ce seulement

l'instinct qui met aux mains des singes d'Afrique, la pierre avec laquelle ils brisent le fruit

du baobab 4 ?

Nous ne parlons pas des animaux élevés par l'homme. C'est un autre ordre de

phénomènes. Il rentre dans le développement même de l'humanité, qui ne peut progresser

qu'en élevant ce qui est au-dessous d'elle. Mais, quelle que soit l'influence morale de

l'homme sur les êtres inférieurs, le magnétisme qu'il exerce, l'émanation de sa propre vie

qu'il répand sur eux, ces sentiments qu'il provoque, cette intelligence qu'il excite,

existaient au moins en puissance, parmi les facultés natives des animaux ralliés à lui.

X I I

Nous touchons à la conclusion de notre recherche sur l'origine de l'âme humaine. Cette

conclusion, le lecteur l'a devinée sans doute. L'acceptera-t-il ?

Elle est simple ; elle est logique ; elle est indiquée par les observations de la science, par

l’étude des manifestations de la vie dans les êtres qui nous entourent, et dans nousmêmes,

par l'induction philosophique et religieuse. Mais elle heurte des préjugés ; elle

blesse des croyances ; elle froisse des orgueils.

L'esprit du christianisme moderne, l'esprit catholique, depuis Bossuet surtout, imprégnant 

l'homme d'un sentiment de personnalité excessive, ont rejeté si loin derrière nous ces

auxiliaires patients et dévoués, sans lesquels l'association humaine n'aurait pu se réaliser,

ces ennemis terribles, que le progrès de notre union a seul pu vaincre !

Nous retrouvons pourtant, dans ces prétendus automates, nos instincts, nos amours,

nos haines. Sans doute ces sentiments, ces facultés, se sont développés en nous, sont

passés à un état supérieur ; mais, si nous avons raffiné leurs tendances affectives,

n'avons-nous pas raffiné aussi leurs cruautés et leurs violences ?

Ces farouches instincts, ces volontés égoïstes dont ils ne sont pas maîtres, nous pouvons les

modifier en nous et par nous-mêmes, les combattre, les éteindre par nos propres efforts.

Nous avons l'idéal du bien et du juste qu'ils ignorent, la soif de l'infini qu'ils ne

connaissent pas ; et, pour marcher vers cet idéal et le réaliser en nous, pour assouvir ces

aspirations, nous avons la liberté morale qui leur manque.

Mais regardons au bas de l'échelle humaine, où ces précieuses facultés sommeillent encore,

enfouies sous les appétits sauvages ! N'y voyons-nous pas des races entières, qui semblent

plus rapprochées de l'animalité que de nous ?

Prétendra-t-on que cette doctrine amoindrit Dieu, ou rapetisse l’homme ?

Non, Dieu ne sera pas amoindri, parce que, sous une loi universelle, la loi du progrès,

toute la vie manifestée se coordonne et s'enchaîne. Plus cette loi sera simple, plus Dieu

sera grand.

Cette économie de ressorts qui emploie toutes les forces, qui utilise tous les germes, est

aussi la loi de justice.

« Seigneur, s'écrie saint Augustin, tu as créé, en même temps, les hommes et les animaux,

les pierres et les plantes. Toutes ces créatures étaient égales en mérite, puisqu’aucune

n'avait mérité. D'où vient donc que ta bonté s'est étendue sur celle-ci que tu as faite

raisonnable, plus que sur toutes les autres qui sont dépourvues de raison ? »

Dieu est-il amoindri, parce que la marche ascendante de la vie répond à ces

étonnements, à ces reproches des coeurs tendres et des têtes d’élite ?

L'homme est-il rapetissé, parce que son âme est la réunion de ces énergies diverses,

combinées en lui ? Son essence est-elle moins divine ; en est-il moins fils de Dieu, et

souverain ordonnateur du globe ? 

Ne pressent-on pas, au contraire, quels principes moraux, quels sentiments qui l'élèvent

encore, quels devoirs religieux découlent de cette solidarité réelle avec les règnes et les

êtres ?

Il est tout autre qu'eux, bien qu'il les contienne tous, tout autre par le sommet, non par la

base. Les facultés supérieures des animaux sont ses facultés rudimentaires. Son âme est

un clavier qui réunit ces notes éparses ; il en tire, selon sa liberté, des discordes ou de

l'harmonie.

La liberté morale le constitue un être à part, premier jalon d'une série nouvelle, qui se

dégage peu à peu des énergies brutales, des entraînements exclusifs de l'instinct, et

monte, cette fois, par son libre essor, par sa volonté réfléchie.

X I I I

Cette doctrine englobe tout, explique tout, justifie tout. 

La divine providence s'étend sur tout et sur tous : Providet, elle pourvoit, jusqu'à ce que

la liberté soit éclose, et que la volonté se manifeste.

L'homme n'est pas une exception heureuse parmi les autres êtres. Il n'arrive pas là, tout

d'une venue, produit de l'arbitraire divin. Il est la somme de toutes ces existences qui,

avant lui, sont écloses pour le parfaire, et qui aspiraient vaguement à lui, comme il aspire

sciemment à Dieu, dont il tend à réaliser les perfections et la puissance.

Rien n'est perdu, rien n'est sacrifié. Toutes les forces sont employées, toutes les tendances

aboutissent, toutes les existences montent jusqu'à ce sommet formé par elles, qui s'appelle

l'homme, et qui, les enveloppant dans sa liberté, les épurant dans sa conscience, les

entraîne, par le chemin de la vie morale, vers les destinées supérieures.

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