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ENTRE DEUX GLOBES, Antoinette Bourdin, Ludovic à la recherche de ses incarnations

27 Octobre 2021 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme

 

 

CHAPITRE XI Ludovic à la recherche de ses incarnations - Ses tortures morales lorsqu'il découvre sa première existence - Pendant un demi siècle après sa mort - Peinture des remords - Instruction de son guide Ma mère, je suis bien bas, aujourd’hui mon ange m’a dit qu’avant de connaître le bien et le mal il fallait apprendre à se connaître soi-même. Je vais entreprendre avec lui un pèlerinage bien long et bien pénible ; je prendrai un bâton de voyage pour me soutenir dans cette route périlleuse ; je rencontrerai force dangers et obstacles, mes pieds se déchireront dans les ronces et les épines du chemin, je serai torturé par la soif en traversant des déserts, je souffrirai l’abandon après la gloire, le mépris après les honneurs, la pauvreté après la richesse ; en divers endroits la terre sera humide de mes sueurs. Je prendrai tour à tour l’aspect d’un vieillard et celui d’une jeune fille ; j’endurerai de nouveau, comme les mortels, les douleurs physiques et morales ; mais mon corps ne sera pas atteint, mon âme seule souffrira, et pour cela il faut qu’elle se revête de celte enveloppe impérissable que l’on appelle périsprit. Sois sans crainte, ô ma mère, mes souffrances ne seront pas de longue durée. Je suis en ce moment sur un vaste champ de bataille, je vois des tableaux effrayants, de nombreuses victimes : les agonisants se soulèvent péniblement et retombent aussitôt pour ne plus se relever ; je vois des armes brisées, des chevaux morts et qui, en tombant, ont écrasé de leur poids leurs cavaliers intrépides. D’un côté, je vois aller, après le carnage, des hommes animés de la plus héroïque charité relever parmi les morts ceux qui ont encore quelques instants à vivre, et panser les blessés ; du côté opposé, je vois les pillards, ces hommes ignobles, qui, comme la hyène, le sang aux lèvres, s’approprient avec une féroce avidité quelques pièces de monnaie et la dépouille des morts. Je vois aussi dans l’espace une multitude d’esprits encore 

sous l’impression de la lutte dans laquelle ils viennent de succomber, et qui semblent chercher dans ce fouillis sanglant leurs corps et leurs armes pour se défendre, ils se retournent contre moi et leurs regards me pénètrent comme un glaive, ils me demandent leur sang, leur vie. Oh! Mon Dieu que je souffre ! ce spectacle me perce l’âme ; je me souviens de cette scène horrible qui me reporte à bien des siècles en arrière, je suis là sous l’enveloppe fluidique d’un homme qui paraît agité par de violents remords, j’éprouve réellement la torture de ma conscience qui me crie sans cesse: « Tu viens de trahir ton pays ! Tous ces morts sont tes victimes, tu les as fait lâchement assassiner ! » Oh ! Ma mère, je suis effrayé de l’état dans lequel je me trouve ; non, je ne suis plus ton fils, je n’en suis plus digne ; et pourtant ma poitrine est constellée de croix d’honneur, tandis que mes pieds sont enfoncés dans une boue formée de poussière et de sang. L'ange qui m’accompagne me regarde d’un air de pitié en faisant entendre ces terribles paroles : « Tu vois le rôle que tu as joué dans ce drame en cédant à la passion la plus dangereuse : l’ambition. L’ambition t’a perdu, tu as vendu toutes ces existences qui t’étaient confiées pour défendre ta patrie et son honneur ; à la faveur de la nuit tu as laissé pénétrer l’ennemi dans la place et les soldats désarmés, la plupart livrés au sommeil, ont été égorgés comme des agneaux, pendant qu’à l’abri de cet affreux carnage tu comptais avec un souverain étranger le prix de ta lâche trahison. Pour obtenir le pardon de cette triste existence, il t’a fallu dans le monde des esprits, pendant un demi-siècle, immobile dans cette boue hideuse, supporter la vue du terrible tableau que tu as dans ce moment devant les yeux. Jamais, pendant ce temps, une image 

consolante n’est venue distraire tes regards ; jamais la voix d’un ange n’a prononcé des paroles d’espoir ; tu as cru être pour toujours dans cet enfer de sang, ton intelligence ne pouvait en dépasser les limites pour chercher quelque repos, quelque consolation ; mais, après cette rude épreuve, ces images sinistres se sont éloignées peu à peu pour se fixer dans les bas-fonds où sont consignées les actions réprouvées de Dieu, les chutes et les faiblesses de l’homme. Cette peinture est empreinte sur ton livre de vie que le temps ne pourra ni détruire, ni altérer, tes remords l’ont burinée sur des fluides éternels. - O mon guide ! Comment l’âme peut-elle supporter pendant un demi-siècle un pareil spectacle ! Je ne puis déjà calculer le temps qui s’est écoulé depuis que je subis momentanément cette épreuve. Mais ta présence me rassure, les rayons qui t’environnent m’éclairent dans cette nuit affreuse, au lieu que je n’avais, pendant mon expiation, que la lueur blafarde des flambeaux éclairant ces hommes dévoués qui ensevelissaient les morts et pansaient les blessés. - L’âme est immortelle, reprit l’ange, elle peut résister à toutes les souffrances, la mort ne lui peut rien. Lorsqu’elle est emprisonnée dans le corps, elle le mine si elle a des remords ; mais, dégagée, elle peut endurer autant de maux qu’elle peut supporter de bonheur ; elle est à l’épreuve de tous les éléments ; le temps, pour elle, n’a plus de marques, il plane sombre et silencieux au-dessus des coupables. Dieu ne donne pour eux aucun signe de son existence, tout est retiré, l’esprit de la prière seul attend au-delà de ces hautes murailles qui séparent l’âme de la paix et du bonheur, comme le corps la sépare du monde spirituel. - O mon guide ! Dis-moi ce qu’il faut faire pour ceux qui subissent de telles expiations, conduis-moi auprès d’eux afin de leur apporter la première lueur d’espérance. Quel bonheur j’éprouverais en voyant se dissiper les visions effrayantes qui rappellent leurs crimes ! Je voudrais jeter le cri de délivrance à travers les murs de leur obscure prison et pénétrer toute la grandeur de leurs remords.

encore lié à la terre ; il faut nous hâter d’y revenir, parce que les émotions que tu as éprouvées useraient bien vite les liens qui t’y fixent ; nous avons encore beaucoup de choses à visiter. Toutes les existences que tu as accomplies se présenteront à toi sous l’aspect le plus poignant, avec les faits principaux qui auront décidé de l’importance de chaque incarnation. Tu verras avec quelle lenteur les mortels atteignent le degré de bonheur spirituel ; tu calculeras les difficultés qui encombrent la route du ciel ; tu pourras comprendre, par ce voyage à la recherche de la vérité, combien Dieu est sage et miséricordieux en laissant à ses enfants le temps d’arriver à lui par des voies différentes ; la patrie céleste est infinie et ouverte à tous, on est sûr que tous les chemins y conduisent. Je me sens déchargé de cette iniquité, elle était venue comme un cauchemar pénible m’étreindre de ses étouffements ; je respire maintenant on retrouvant le calme de ma conscience, je sens que cette existence est pardonnée ; l’horreur que j’éprouve du mal me fait espérer qu’il ne m’aura plus pour victime. Quel enfantement pour l’âme que de repousser ses mauvais instincts ! Mon esprit est régénéré maintenant par l’expiation…………………………………………………. O ma mère ! Me voici enfin près de toi, brisé de fatigue ; plus tard je me livrerai encore avec mon guide à des recherches minutieuses dans les archives de mon passé pour y trouver les débris de l’héritage que Dieu m’avait confié et que j’ai follement dissipé. Je serais heureux si je retrouvais dans chaque existence une qualité acquise par l’expérience et quelques bonnes actions pour effacer les traces de mon erreur.

- Mon fils, il me semble que les créatures me sont doublement chères depuis que je con-nais tous les combats que l’âme a à soutenir pour atteindre la perfection, et je crois que la famille serait plus étroitement unie par l’intérêt que l’on prendrait à voir l’honneur et la vertu régner au milieu de ceux que l’on aime, que si on ne la voyait vivre qu’au sein du bien-être. Il y a dans le coeur maternel un instinct qui ne le trompe pas, c’est l’importance de l’éducation de l’enfant. La mère cherche, épie avec un vif intérêt la première étincelle de l’intelligence qui met à jour les aptitudes de l’âme, soit les qualités de ses enfants, sur lesquelles elle fonde d’avance toutes ses espérances en vue de leur bonheur, soit les défauts qu’elle remarque en même temps et qui égarent son jugement ; elle croit en trouver la cause dans le sang qui coule dans leurs veines comme un héritage de la famille, tandis qu’ils ne sont qu’une inconsciente réminiscence des existences antérieures. La famille doit être considérée comme un puissant levier qui seconde l’esprit en l’élevant vers les saintes aspirations, en ramenant sans cesse dans la voie du bien les pauvres égarés par les mauvais instincts, instincts toujours funestes s’il n’y avait des guides visibles et invisibles pour les retenir au bord de l’abîme.

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