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CHAPITRE XXXIII Les fruits de la charité

17 Octobre 2021 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme

 

Nous avons encore visité une autre école spirituelle, où des esprits peu avancés se livraient à un travail bien pénible : ils cultivaient un sol aride. Les esprits qui les dirigeaient ranimaient leur courage, afin qu’ils ne faiblissent pas avant que la tâche fût terminée. A la fin du jour, ils se réunirent pour prendre un modeste repas composé d’un morceau de pain noir, et d’un peu d’eau bien trouble, pour étancher leur soif. Pendant qu’ils prenaient cette nourriture, un esprit leur parla ainsi : « Comme les ouvriers de la première heure, vous semblez avoir supporté tout le poids du jour et de la chaleur, et, lorsque la nuit vient interrompre forcément votre travail, vous venez prendre le frugal repas du soir, un peu de pain noir et de l’eau ; votre fatigue et votre tristesse viennent encore assombrir ce pauvre festin. Que se passe-t-il en vous ? Et pouvez-vous murmurer contre le père de famille qui vous a envoyés à sa vigne ? Non, puisque c’est votre bien que vous travaillez ; mais, comme vous êtes ouvriers de vos oeuvres, il faut que vos sueurs elles-mêmes soient cette rosée abondante qui fertilise votre champ et fait pousser les fruits de votre verger. En attendant, Dieu nous donne le nécessaire, c’est-à-dire ce qui vous permettra d’attendre le produit de vos labeurs. » Ces esprits sont si fatigués, qu’ils se couchent sur le sol et s’endorment. Alors l’esprit se retourne vers ceux qui le secondent dans sa mission de charité, et leur dit : « Mes amis, pendant que nos protégés se reposent, travaillons dans leurs champs, demandons à Dieu qu’il y répande la rosée bienfaisante qui change le terrain aride en une terre fertile ; faisons des plantations abondantes, et que les fruits mûrissent promptement ; que ce ruisseau tari par la sécheresse se remplisse d’une eau saine et limpide, afin qu’à leur réveil ils puissent continuer leur tâche avec plus de courage. Dieu nous récompensera non-seulement de ce que nous faisons pour notre avancement personnel, mais bien plus encore de ce que nous faisons progresser ceux qui n’ont pas toujours suivi la bonne voie. »

 

Aussitôt, ces esprits se mirent à l’ouvrage, ils découvrirent des sources qui alimentèrent des ruisseaux, d’autres répandaient des coupes remplies de fluides bienfaisants sur des fleurs d’arbres qui, à l’instant, se convertirent en fruits ; d’autres dressèrent des tentes pour abriter les pauvres ouvriers, et y rangèrent de la mousse pour leur servir de couche. Lorsque tout fut prêt, ils retournèrent auprès des autres esprits et les réveillèrent. « Venez, leur dirent-ils ; appuyez-vous sur nous et ne vous laissez point décourager ; nous avons travaillé à votre champ pendant que vous preniez quelques instants de repos. » Ils reprirent tristement le chemin du travail, mais en arrivant, quelle ne fut pas leur surprise ! Leurs arbres courbaient sous les fruits qu’ils portaient, de longs et lourds épis de blé retombaient fatigués de leur poids sur leurs tiges dorées, et semblaient demander qu’on les moissonnât ; de l’eau limpide murmurait dans les ruisseaux. L’esprit protecteur donna à chacun d’eux une coupe dans laquelle ils burent à leur soif ; ils cueillirent des fruits qu’ils mangèrent avec plaisir ; puis ils se groupèrent et s’écrièrent dans l’effusion de leur joie et de leur reconnaissance : « Voilà le bien que vous faites en priant pour les esprits souffrants, vous activez le travail de leur délivrance ; si nous étions abandonnés à nos propres forces pour accomplir notre avancement spirituel après avoir mené une vie indifférente, nous serions longtemps réduits à boire cette eau trouble et à manger ce pain noir destinés à ceux qui doivent faire une longue pénitence de leurs fautes passées. Ce terrain aride représente la vie insouciante que nous avons menée sans nous occuper de celle qui doit suivre ; ce ruisseau desséché est l’image de vos coeurs égoïstes, et ce pain noir représente fidèlement nos préoccupations matérielles, car il semble être pétri avec de la terre. Vous nous rendez meilleurs en répandant sur nous les libéralités de vos coeurs charitables ; l’envie de progresser nous est inspirée naturellement par le bonheur que vous nous avez préparé. Je vous laisse, leur dit l’esprit protecteur, au milieu d’un champ fertile, travaillez-le avec courage, tracez-y des sentiers afin de ne pas fouler aux pieds vos futures moissons. Vous avez compris que le travail est nécessaire aux progrès de l’esprit ; car, en effet, demeurer dans l’inaction au sein même des délices, c’est vraiment appeler l’ennui. Il ne tient qu’à vous de conserver un bonheur relatif qui contribuera en même temps à votre avancement. La terre est féconde, mais il ne faut pas l’abandonner à l’irrégularité des saisons, il faut semer et cultiver constamment la plante qui vient de germer, l’arroser pendant la sécheresse, et la préserver des gelées tardives. Vous avez bien compris qu’il ne suffit pas d’arracher de votre coeur les vices qui le gangrenaient, mais qu’il fallait remplacer ce vide par de bonnes actions et de belles vertus.

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