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CHAPITRE XXXII Une page de l'Evangile

17 Octobre 2021 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme

CHAPITRE XXXII Une page de l'Evangile

Nous venons, ô ma mère, d’assister à une réunion composée de simples prêtres et d’esprits timides et ignorants, encore tout imbus des idées superstitieuses, de la mort, du jugement et de l’enfer. Cette assemblée était présidée par les apôtres du Christ ; ils accomplissaient cette oeuvre de dévouement, surtout parce que leurs noms avaient exercé un prestige sur les convictions religieuses de ces pauvres esprits ; ils venaient donc charitablement les rassurer, et leur donner confiance en la miséricorde de Dieu. L’un d’eux prit la parole, et, au nom des autres apôtres, il donna l’instruction suivante : « Les oeuvres du Christ ont été conçues par cette charité et cet amour immenses de l’humanité dont il a été le modèle ; en suivant les instructions qu’il a données, on peut accomplir ses oeuvres. Dans le monde des esprits comme sur la terre, nous avons continué notre mission en instruisant selon l’esprit de l’Evangile ; nous n'avons rien changé à cette doctrine de charité qui nous a été enseignée par le Christ ; nous n’avons point établi de dogmes nouveaux, point lancé d’anathèmes ; nous n’avons pas non plus sollicité de grade plus élevé que celui d’apôtres du dévouement, parce qu’aucun ne peut le dépasser. Dans le monde des esprits comme sur la terre, il y a des ignorants, des incrédules, des fanatiques ; il y a des coupables enfermés dans les remords que leur conscience troublée fait naître. Il faut, à ceux-là, apporter les espérances et non les malédictions.

Sur la terre, vous avez des incrédules dont le raisonnement vous semble dépasser les limites du bon sens ; vous les maudissez ou plutôt vous les croyez maudits ; mais il faut avoir égard à l’ignorance. Il vient, sur votre pauvre globe, des esprits des mondes inférieurs qui n’ont que l’instinct de la vie matérielle ; ils ignorent complètement l’avenir spirituel qui les attend. Ils sont venus à vous pour que vous les instruisiez, et vous les blâmez ensuite de ce qu’ils veulent trop savoir. Je veux parler, à ce sujet, de cette intolérance si contraire à la charité, de cette orgueilleuse faiblesse qui bénit ceux qui font assaut de fanatisme et d’absolutisme, de ceux qui proclament des doctrines de malédictions, et qui appellent la terreur pour armer leur puissance ; de ceux enfin qui proclament des décrets et qui prétendent les faire signer par Dieu, au nom de leur autorité. Laissez-les faire, la punition qu’ils se préparent sera proportionnée à leur orgueil ; vous serez les humbles disciples de Celui qui a béni et pardonné. Nous ne pouvons accomplir de bonnes actions que lorsque nos coeurs sont remplis d’amour de Dieu et du prochain. Lorsque nous avons formé l’Eglise du Christ, il nous a été dit : « Allez partout où vous trouverez du bien à faire ; ne prenez sur vous ni or ni argent, et faites ce que je vous ai enseigné. » C’est Jésus-Christ qui nous parlait ainsi, celui qui est né dans une étable, et qui plus tard n’avait pas de pierre pour reposer sa tête ; il ne lui fut donné qu’une croix pour mourir. Il a refusé les trônes et les honneurs, en se tenant en garde contre les pièges qui lui étaient tendus pour le séduire ; il nous disait : « Méfiez-vous des hypocrites qui feront briller à vos yeux l’éclat trompeur des richesses terrestres ; mon royaume n’est pas de ce monde, et ceux qui veulent me suivre ne doivent pas y fixer leur ambition ; il n’y a que les coeurs droits, humbles et désintéressés qui pourront atteindre les hautes sphères. Le Christ a dit aussi de remettre l’épée dans le fourreau, et de rendre à César ce qui appartient à César ; il a parlé de pardon à la femme pécheresse qui était à ses genoux, et au larron qui mourait à ses côtés ; il a flétri avec un accent de suprême mépris l’orgueil et l’hypocrisie.

C’est lui qui nous disait lorsque nous allions sur les bords de la mer pêcher notre nourriture de chaque jour : « Ne vous inquiétez pas de quoi vous vivrez demain ; Dieu nourrit les oiseaux du ciel, et vous qui êtes ses enfants, seriez-vous moins assistés ? » Sa vie n’a été qu’un long soupir de souffrance, parce qu’il voyait dans les coeurs qui l’entouraient des défauts dominants, des vices enracinés que sa parole céleste avait peine à détruire. Combien de fois lui avons-nous résisté ! A cette époque, nous n’avions pas encore reçu le don de l’Esprit-Saint, ou plutôt de la médiumnité ; les noms sont changés, mais la grâce est la même ; et encore, lorsque nous étions rendus à nous-mêmes, étions-nous moins mauvais ? Ah ! Que l’histoire gagne à devenir ancienne ! Combien les hommes qui en sont les héros perdraient s’ils avaient été connus ! Que nous avons été coupables ! Moi, surtout, lorsque je songe qu’à la voix d’une servante qui me demandait en souriant si je connaissais le criminel Galiléen, mon coeur rougit de honte devant cette innocente victime, et je répondis : « Non, je ne connais pas cet homme ! » S’il y avait un enfer, qui l’aurait mieux mérité que moi ? Il ne faut donc jamais désespérer de la miséricorde divine, ne pas craindre de marcher dans le chemin de la foi, ni éprouver de la honte devant les incrédules. Mais jamais l’iniquité ne reste impunie ; lorsque la coupe est pleine, elle déborde, et le liquide qu’elle contient est celui qui consuma Sodome et Gomorrhe. Si Dieu laisse faire le mal, c’est afin qu’il serve de point de comparaison avec le bien, car le bien seul sur la terre s’éteindrait, s’il n’avait un ennemi à combattre. Nous avons eu de notre temps les mêmes luttes dont vous êtes aujourd'hui les spectateurs. Parce que nous prêchions des idées libérales, indépendantes, parce que nous voulions la vérité pour tous, l’on nous traitait d’imposteurs. Les scribes et les pharisiens de toutes les époques se ressemblent, mais Dieu veille, et lorsque les abus atteignent leur apogée, il renverse d’un souffle tous ces trônes et toutes ces ambitions qui veulent opprimer les consciences et torturer les coeurs. Il faut porter les regards bien des siècles on arrière pour retrouver les traces du divin Modèle d’humilité, de charité et de bienveillance ; les successeurs qui depuis tant de générations ont voulu violenter le ciel pour y distribuer des places à leur gré, vont tomber de leur orgueilleuse ascension, et les humbles trouveront cette place honorable dont Jésus voulait parler lorsqu’il disait : « Les premiers seront tes derniers, et les derniers seront les premiers. »

Ces paroles tant de fois répétées dans les chaires chrétiennes, sans être jamais comprises, se trouveront réalisées dans cette Eglise orgueilleuse qui semble gouverner Dieu à son gré en le faisant participer à toutes ses petitesses et en le rendant complice de toutes ses intrigues. Non, il n’en sera pas ainsi, la vérité pénétrera les ténèbres de l’erreur, et la foi libre et éclairée brisera ses liens pour s’élever au-dessus des ambitions matérielles ; nous choisirons, nous, apôtres du Christ, des successeurs parmi les pauvres, les humbles et les croyants ; à ceux-là, il leur sera donné d’accomplir les choses que nous faisions, parce qu’ils seront tout en Dieu, et par conséquent, tout amour pour leur prochain. »

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