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II. La souffrance 

14 Juillet 2021 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme

 

 

 

Sa cause. − Son but. − La dette de Dieu.

I

Pourquoi la souffrance à tous les échelons de la vie, là même où il n'y a ni conscience ni

liberté ?

− C'est la volonté de Dieu, disent les croyants.

− C'est la loi, disent les sceptiques.

Ces deux affirmations sont identiques : toute loi est une volonté de Dieu ; toute volonté

de Dieu est une loi. Dieu n'a pas de caprices ; sa volonté, expression de la raison absolue,

est éternelle, comme lui.

Mais cette réponse, à quelque point de vue qu'on la prenne, ne satisfait ni la raison, ni le

coeur.

− Volonté divine, pour t'adorer sans défiance, nous avons le droit de te demander

pourquoi nous souffrons.

− Loi de l'existence, nous avons le devoir de rechercher ta cause et ton but.

Essayons !

I I

La vie, − nous l'avons constaté par l'étude de ses évolutions organiques sur notre planète,

− n'est pas autre chose que la manifestation de plus en plus complète de l'esprit. La

propriété primordiale de l'esprit, c'est la sensibilité, − faculté de percevoir des sensations,

− qui le met en rapport avec les êtres et avec les choses. Par suite de ces rapports, l'esprit

manifeste d'autres facultés : celles du sentiment et de l'intelligence.

La vie est donc, avant tout, le développement de la sensibilité, par la progression des

organismes. Plus l'être est élevé, plus sa sensibilité est parfaite, c'est-à-dire plus il est apte

à percevoir des sensations ; plus il perçoit de sensations, plus il développe ses facultés

supérieures : sentiment et intelligence.

Supprimer la souffrance, c'eût été limiter les sensations ; limiter les sensations, c'était

empêcher l'épanouissement de la vie, qui est le but de la vie même.

Au premier degré de l'échelle, la souffrance doit donc apparaître, puisqu'elle est la

conséquence de la sensibilité, sans laquelle l'être ne serait pas, puisqu'elle est la

condition même du progrès de cet être.

Mais la vie doit réparer les dommages qu'elle cause. A quelque puissance qu'une

existence se manifeste, du moment qu'elle est lésée par les lois naturelles, elle a droit à 

une compensation.

Et cette compensation est due à tous les êtres, au plus infime comme au plus élevé. Ainsi

le veut la loi de justice. Il ne peut y avoir, dans l'ordre absolu, ni arbitraire ni abandon.

Une seule créature laissée en dehors du droit commun, serait la négation de la

Providence.

Voyons donc comment Dieu s'affirme, malgré les cris de détresse qui semblent le nier.

III

Remarquons d'abord que la souffrance est proportionnée aux puissances de l'être, c'est-àdire

au développement, à la prépondérance de son organisme nerveux.

Vous mutilez les créatures inférieures : elles continuent de vivre et de fonctionner, sans

douleur apparente. Leurs membres arrachés repoussent, comme le bourgeon végétal.

Dans certaines espèces, chaque fragment d'un animal coupé en morceaux, reproduit un

être semblable au premier. Le vermisseau que la couveuse distribue à ses petits, ne

souffre pas ce que souffre l'oiseau, quand l'épervier fond sur lui, et déchire ses chairs

palpitantes.

Ne nous apitoyons pas outre mesure sur les douleurs de ces milliards d'existences

confuses, qui pullulent dans les bas-fonds de la vie, substance organisée, mais à peine

sensible, destinée à servir de support et d'alimentation aux organismes supérieurs. La

vraie sensibilité commence là où, par la connaissance ou l'instinct du danger,

commencent la crainte et l'angoisse.

Cette sensibilité a déjà une compensation dans le présent, par les puissances qu'elle

développe : plus un être est apte à souffrir, plus il est apte aussi à savourer la vie.

Voyez, dans la forêt, par une belle matinée de juin, quand, sous les feuilles inondées de

lumière, la rosée diamante les brins d'herbe, − voyez vivre tous ces êtres, dans les

clairières, dans les fourrés, sur le gazon, sur la mousse, parmi les branches, autour des

fleurs ! Les bonds folâtres, les chants joyeux, les battements d'ailes, jusqu'au

bourdonnement des myriades d'insectes qui s'ébattent au soleil, jusqu'au frémissement des

feuilles qui semblent s'animer, à l'aube, pour saluer le jour, tout ne vous dit-il pas :

bonheur, épanouissement, jouissance ?

Mais, outre les béatitudes données à toute vie instinctive, Dieu réserve à chaque créature

une compensation éternelle, infinie : c'est la série sans fin des existences, c'est l'éternelle

ascension de l'être. − Ces sensibilités progressives préparent l'homme, qui les contient

toutes.

I V

L'homme ! quelle longue chaîne de douleurs ce mot déroule ! Depuis que la conscience a

été formée, un cri lamentable sort de l'âme humaine, et accuse la vie ; depuis le jour où la

notion de l'être suprême éclaira cette conscience, en face de la lueur divine, le sombre

problème du mal s'est posé.

Les souffrances affectives ont commencé chez les animaux supérieurs, doués de la

puissance d'aimer ; mais, pour l'animal le plus sensible, la peine n'est qu'une 

impression, presque toujours fugitive. L'homme seul a le pouvoir de retenir, de

concentrer, d'alimenter ses douleurs. Il fait plus : il s'en crée d'imaginaires ; il pense, et il

souffre. La souffrance idéale n'appartient qu'à lui.

Les relations de l'animal sont restreintes. Quelques-uns seulement s'élèvent jusqu'à la

tribu ; aucun n'a la notion de l'espèce. L'homme embrasse l'humanité, et s'identifie avec

elle. Il pleure sur les générations passées ; il tremble pour les générations à venir.

Privilège précieux et terrible ! plus il aime, et plus il pleure ; plus il monte, et plus il

souffre. La recherche même est douloureuse. Il n'arrive à la connaissance de Dieu, qu'à

travers les angoisses du doute.

C'est la loi de formation. La vie est telle, et ne peut être autre. L'homme monte, parce

qu'il aspire ; il aspire, parce qu'il souffre. Le mal, c'est la privation ; la privation enfante le

désir ; le désir prépare le bonheur.

Mais pourquoi en est-il ainsi ? − Vous qui doutez, vous qui accusez, écoutez cette fable !

« Avant que la vie fût, l'âme était. Dieu lui dit : − Veux-tu vivre ? − Et l'âme voulut vivre.

Alors Dieu l'enveloppa de matière, pour qu'elle pût se manifester. Mais, avant d'imprimer

le mouvement qui détermine l'existence, Dieu dit encore à l'âme : − Par la vie, tu

arriveras à la connaissance, et par la connaissance, à l'amour. La connaissance se

compose du bien et du mal. Le mal, c'est la souffrance. Veux-tu la connaître ? Et

l'âme répondit : − Je veux tout connaître. − Que tout soit donc, dit Dieu ! – Et tout

fut. »

Tout connaître, pour tout aimer ; voilà le but. La souffrance n'est qu'un moyen de la vie.

Puissance de souffrir, tu n'es donc pas autre chose que la conséquence de la puissance

d’aimer ! Les grandes douleurs annoncent les grandes joies. Plus un être est apte à

ressentir les blessures du coeur, plus il est apte aussi à goûter les ravissements de tous les

amours ; plus une âme est blessée par le désordre, plus elle conçoit, et plus elle savoure

l'idéal des hautes harmonies.

V

Ce que l'observation a constaté dans les premières ébauches de la vie organique, se

reproduit dans les bas-fonds de la vie humaine.

Là aussi la souffrance est proportionnée aux forces de l'être : la sensibilité morale est

presque nulle ; la douleur physique même est beaucoup moins ressentie.

Exposés à des chances de destruction nombreuses et terribles, les sauvages supportent des

tortures, dont le seul récit nous fait pâlir. Les moins avancés, les plus élémentaires ont

même conservé ce don précieux de l'animalité : l'insouciance. Jusqu'à ce qu'ils aient

trouvé le secret de forcer la nature à produire leur subsistance, une chasse heureuse leur

fait oublier la famine passée et la famine à venir.

La souffrance augmente avec les progrès de l'espèce ; mais l'intelligence, qui lutte contre

elle, s'accroît aussi. L'homme doit vaincre la douleur ; c'est sa destinée. L'humanité

sortira du mal, comme la terre est sortie du chaos, le jour où la lumière fut. Et il y a plus

de ressemblance qu'on ne croit, entre les commencements du monde moral et la

formation du monde matériel. N'est-ce pas, de même, un chaos de créations

monstrueuses et désordonnées, qui se dévorent les unes les autres, au milieu des

bouleversements et des cataclysmes ? 

La lumière commence à se faire. Nous sortons de cette période tourmentée. Éclairées

par la foi chrétienne, quelques races entrevoient la route et pressentent le but. Les

meilleurs esprits rêvent déjà l'organisation harmonique du globe.

V I

Voilà pour l'espèce. Mais, durant cette formation pénible, à travers les siècles

douloureux, quelles différences dans les destinées apparentes des individus ! Combien

parmi nous, en songeant au passé, frémissent d'épouvante, et remercient Dieu de ne les

avoir appelés que maintenant au travail commun !

Mais combien en est-il qui se demandent : − Pourquoi donc ces autres hommes dans les

jours terribles, et pourquoi nous autres dans les jours présents ?

Même aujourd'hui, parmi les âmes également douées, les douleurs et les joies sont-elles

également réparties ? Pourquoi à ceux-ci les jours sans trouble, les joies de l'amour

partagé, les charmes de la famille, les triomphes de l'esprit, les tendresses du coeur ; à

ceux-là, les malheurs subits, les désastres immérités, les stériles efforts, les deuils

effroyables ?

Il faut bien que ces questions se posent ; il faut bien qu'elles soient résolues ; car, s'il n'y a

pas de justice, il n'y a pas de Dieu. 

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