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Paul BODIER Étude documentaire sur le livre L'Esprit consolateur ou nos destinées

28 Mai 2021 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme

 

 

 

Les coeurs attendris

 

La joie n'est pas seulement la récompense de la vertu, elle en est aussi la source. Il ne manque à bien des coeurs, pour être bons, que d'être dilatés, et beaucoup de gens ne sont méchants qu'à force d'être aigris. Or l'Esprit consolateur, en prenant possession d'une âme, y verse tant de baume qu'il n'y a plus place pour l'aigreur. Il nous montre sous un tel aspect Dieu et l'homme, la mort et la vie, le présent et l'avenir, qu'il nous force à l'attendrissement. Quand on est bien pénétré de sa lumière, on éprouve pour ses frères incarnés une sympathie que rien ne décourage, et la charité cesse d'être une vertu pour devenir un entraînement.

Maine de Biran a exprimé cette pensée : « Ce qui nous rend triste n'est pas bon, et ce qui n'est pas bon ne saurait être vrai. » S'il en est ainsi, nous avons toutes les raisons d'en conclure que nous sommes dans la vérité, car notre foi nous dispose à la bonté par la joie.

Elle nous montre, mieux que toute autre, la solidarité universelle qui relie les êtres ; elle nous fait sentir que nous sommes tous frères, pèlerins, lutteurs, tendant au même but, sous la sollicitude impartiale du même Père. Elle sape par la base l'esprit de caste et l'orgueil de la naissance8.

Elle nous habitue à estimer l'honneur selon sa valeur personnelle, au lieu de l'apprécier d'après la place qu'il occupe dans le monde. L’humanité, pour nous, n'est plus scindée en deux parts : celle des « prédestinés » et celle des « réprouvés ». Nous ne sommes plus tentés de haïr les méchants en ce monde, pour être moins tentés de les plaindre en l'autre, car les méchants, pour nous, ne sont que des traînards.

Ce qui divise les hommes, c'est l'intérêt propre, car un ennemi n'est souvent qu'un rival. Chacun craint de n'avoir point assez pour soi : de là l'égoïsme qui nous rend si âpres au gain, et resserre le coeur au point de le rendre dur, parfois cruel. Mais le disciple de l'Esprit consolateur, sachant que la Terre n'est qu'une prison transitoire, éprouve un judicieux dédain pour cette idole qui s'appelle le veau d'or. Il est conciliant, généreux, parce qu'il préfère ses espérances à tous les plaisirs. Il est plus content d'une bonne action que d'un heureux coup de bourse. Il se nourrit enfin de cette pensée aussi juste que profonde : « Nous n'emporterons de ce monde que ce que nous aurons su donner ».

L’Esprit consolateur nous enseigne que souvent une situation inférieure ou pénible est le résultat d'un libre choix de la part de l'esprit incarné, Dès lors, comment pourrions-nous mépriser ou maltraiter notre frère, sous prétexte qu'il est notre « inférieur ». Nous savons que les Esprits généreux choisissent parfois l'obscurité, afin d'expier plus vite, tandis que la fortune, les honneurs sont trop souvent le partage des perversités habiles ou des médiocrités bien protégées.

Dès lors, nous trouvons tout naturel que l'on foule aux pieds, certains préjugés, certaines répugnances, pour se montrer bienveillant à tous et surtout aux petits.

Combien de dames qui se croient chrétiennes, même pieuses, mais au fond, à leur insu peut-être, elles restent un peu païennes. Elles se croient d'une autre race que « leurs gens », et leur demandent parfois des services qui ne sont que des humiliations inspirées par l'orgueil. Certaines jeunes dames surtout sont peut-être l'incarnation la plus brillante de l'exigence. Elles ont l'air de dire : Adorez nous, gâtez-nous, car nous sommes créées et mises au monde tout exprès pour être gâtées et adorées ! Elles peuvent avoir le sentiment du beau, mais elles n'ont pas le sentiment de 

la justice. Eh bien ! Nous voyons dans ces charmantes créatures des Esprits légers, un peu égoïstes, qui ont besoin de mûrir par la douleur. Nous les plaignons, en les respectant, comme un homme est plaint et respecté des enfants qui rougiront un jour de leurs premières folies.

Jadis, j'aimais peu les enfants : je voyais en eux des êtres égoïstes qui fatiguent, ennuient et reçoivent toujours sans s'inquiéter de rendre. Aujourd'hui, la vue d'un enfant m'émeut et me ravit. Je vois en lui un esprit qui vient d'entrer dans sa prison corporelle pour y accomplir ce stage que nous appelons la vie, et je me sens ému de compassion en songeant à la carrière qu'il doit fournir. Comme l'a dit un grand poète : « Ce que l'oiseau chante, un enfant le jase. C'est le même hymne, mais l'enfant a de plus que l'oiseau la sombre destinée humaine en perspective. Il ne le sait pas, mais ceux qui le voient le savent : de là l'attendrissement des hommes qui écoutent, mêlé à la joie du petit qui chante. »

Ce chuchotement confus d'une pensée qui n'est encore qu'un instinct est comme un appel inconscient à la justice éternelle, peut être une protestation sur le seuil de l'existence avant d'entrer. Cette ignorance, souriant à un avenir qui peut être si sombre, émeut quiconque y réfléchit : de là l'immense pitié et l'étonnante faiblesse du vieillard pour l'enfant.

Considérée à notre point de vue, la naissance de l'enfant est on ne peut plus touchante et plus poétique. Quand l'heure est venue pour l'esprit de se réincarner, pour entreprendre le voyage d'une nouvelle existence corporelle, ses amis du ciel ou de l'espace l'accompagnent comme nous accompagnons à l'embarcadère, un parent, ou un ami qui s'en va.

Un de ses amis, peut-être le plus aimé, s'embarque avec lui, pour l'inspirer, pour le protéger, comme fit Raphaël pour le jeune Tobie. Cet esprit protecteur s'appelait chez l’ancien, le génie familier, et s'appelle chez nous, l'ange gardien ou le guide. Si le voyage a été heureux, si la vie a été pure et féconde, l'esprit incarné retrouve ses amis tout empressés à l'accueillir et à le féliciter, au sortir de ce débarcadère que nous appelons la mort !

Qui oserait dès lors se montrer brutal ou seulement trop sévère pour ce cher petit voyageur ? Il ne demande qu'à s'ébattre dans l'insouciance de l'avenir, et cette insouciance, mêlée d'un peu d'égoïsme, est pour lui une faveur du ciel. Il aurait trop peur de la vie s'il pouvait l'embrasser d'un regard ; mais cette ignorance qui l'aide à vivre fait son désespoir, quand on le maltraite. Nous savons, nous, que tout change, et qu'il ne faut jamais désespérer, mais le pauvre petit l'ignore, et croit, s'il est misérable, qu'il le sera sans fin. Sa mère est son Dieu : maltraité par elle, il se croit abandonné dans un vide infini ! Ah ! ne gâtons pas ces chers petits, mais craignons bien plus encore de les désespérer.

Voici un beau vieillard, appuyé sur son bâton, il s'en va chercher un peu de soleil. Oh ! Qu’il me paraît vénérable ! Ce n'est plus, à mes yeux, un homme qui connaît assez la vie pour en être désabusé ; une ruine gênante dont la mort s'apprête à débarrasser sa famille. Oh ! Non, c'est un esprit toujours jeune qui réclame d'autres organes, et dont la prison se lézarde pour le rendre à la liberté.

C'est un ouvrier qui a fini sa journée, et s'en va prendre un peu de repos pour être en mesure de commencer une tâche nouvelle. C'est un compagnon de route qui prend les devants pour aller nous attendre à l'étape suivante. C'est un frère qui meurt à la décrépitude, à la stérilité, à l'oppression, pour renaître à la vigueur, à la puissance et à la liberté.

Le pauvre, le vrai pauvre honteux, modeste et fier, qu'est-il à nos yeux, sinon un riche déchu qui expie peut-être par le dénuement, l'abus qu'il a fait jadis de son opulence ? Dès lors, j'oublie tout, même ses torts, pour ne songer qu'à sa misère si touchante.

Quant à la femme, l'Esprit consolateur, je l'espère, achèvera sa rédemption commencée par le Christ. Il nous enseigne, en effet, que si la mission de cette créature charmante diffère de la nôtre, ainsi que ses aptitudes, elle a la même nature et les mêmes destinées. La femme est un esprit 

incarné, égal et parfois supérieur à l'homme. Le sexe n'est pour cet esprit qu'un mode transitoire qui lui permet de déployer certaines facultés, certaines vertus plus intimes et plus exquises, tandis que les autres sont mises au repos. Quand un esprit avancé apparaît en ce monde, revêtu d'une beauté féminine digne de lui, on peut dire en toute vérité que c'est un ange ! Un ange qui sait sourire comme les étoiles, aimer comme les séraphins.

Voilà pourquoi la terre a des charmes et des joies, encore, malgré les maux qui la désolent. On y voit des fleurs, des enfants et des anges.

N'oubliez pas que la vie est toujours bonne, toujours précieuse, tant qu'elle nous permet de glorifier Dieu et de nous dévouer à quelqu'un. Que cette pensée nous préserve de cette langueur maladive qui rend les jours stériles. La mélancolie, je le sais, est le mal des âmes trop éprises de l'idéal et produit des affaissements qui diminuent le courage de vivre, sans donner la consolation de mourir. De là certains dégoûts qui nous approchent de l'aigreur et nous disposent à l'impatience.

Voilà le péril qu'il faut éviter. Sachons comprendre que croire au ciel c'est déjà l'entrevoir, presque en jouir, et que la vie présente nous est donnée pour le conquérir. Alors nous serons vaillants et bons à force d'être joyeux, et sans oublier les morts chéris qui nous attendent, nous saurons donner un peu de bonheur aux vivants qui nous entourent.

Donner un peu de bonheur aux vivants qui nous entourent. Vous sentez bien, chère Madame, que c'est là le devoir, mais beaucoup de gens se demandent, avec inquiétude où ils pourraient enfin trouver le remède aux calamités qui désolent notre humanité.

Il nous faudrait, à tous la Foi véritable, éclairée, et non pas la Foi naïve qui nous apparaît fatiguée, car il lui manque la puissance du Verbe, la force de l'esprit, la beauté de la lumière.

Nous sommes dans une crise. Il faudrait, pour nous sauver, un vif et vigoureux élan de la Foi qui rendrait les âmes courageuses, les Esprits libres, les consciences droites, les coeurs ouverts à l'affection. Or, vous savez, chère Madame, que cette foi-là existe réellement, qu'elle s'appuie sur la science, une science qui nous démontre victorieusement la survivance certaine par delà la tombe. Bien des fois nous avons parlé ensemble, et nous sommes tombés d'accord pour reconnaître que par elle et grâce à elle, la mort vaincue n'apparaît plus que comme un accident passager et nécessaire à l'évolution de tous les êtres humains.

Et ne trouvez-vous pas qu'il est facile d'attendrir les coeurs quand on est sûr d'un tel fait, ne trouvez-vous pas qu'il est facile de guider ses semblables quand on possède une parcelle de cette foi éclairée qui amplifie l'Espérance à laquelle vient s'allier une troisième grâce incomparable, la Charité qui fait rayonner et resplendir les deux autres : C'est comme une étoile au triple scintillement qui doit nous conduire vers notre idéal.

Grâce à elle, vous pourrez, un jour, à l'exemple des Rois Mages devant Jésus, offrir vos trésors qui seront composés de vos bonnes pensées et de vos belles actions. Vous offrirez aussi vos sacrifices et vos larmes et toutes vos douleurs vaillamment supportées.

Chargez-vous, ne craignez ni votre peine ni votre fatigue. Le fardeau que vous porterez se changera en éternelles félicités. Suivez l'étoile splendide qui vous guide. Ne la perdez jamais de vue. A travers tous les écueils et les embûches de votre longue route elle vous indiquera le but, et vous dispensera les forces nouvelles pour poursuivre, sans relâche, vos étapes sur les divines pentes de l'Immortalité.

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