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Paul BODIER Étude documentaire sur le livre L'Esprit consolateur ou nos destinées

28 Mai 2021 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme

 

 

 

Les ailes

 

« Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène. » Cet aphorisme est vrai, et l'on peut ajouter que celui qui sait doit parvenir au bonheur plus vite que l'ignorant qui devra s'instruire pour s'élever.

Bien entendu, chère madame, je ne parle pas ici de la prétendue science que certains orgueilleux croient posséder. Il ne suffit pas d'avoir pâli sur des traités scientifiques et d'avoir emmagasiné une certaine somme de savoir. Celui-là n'est qu'un ignorant qui se contente d'avoir subi victorieusement quelques examens difficiles et de se croire, par cela même au-dessus de ses contemporains. Le véritable savant ne doit rien dédaigner, et sa plus grande joie doit être d'explorer, autant que cela lui est possible, tous les domaines.

« Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses ». Voilà une vérité qui doit avoir à nos yeux la valeur d'un axiome. Les lignes qui suivent, vont, chère Madame, vous le prouver.

Vous voulez monter, madame, monter bien vite, bien haut, et vous vous demandez quelles sont les ailes assez puissantes pour vous emporter au doux pays de vos rêves ? La réponse est facile : on monte l'échelle du bonheur en montant l'échelle de la perfection. Or la perfection consiste à atteindre le vrai par la science, et le bien par la vertu.

Nous sommes des intelligences, parce que nous sommes des Esprits. Dès lors, c'est pour nous un besoin et un devoir de chercher la lumière par l'instruction. Le sage est celui qui sait, et si le bon Dieu déroule à nos regards le panorama splendide de la création, ce n'est pas pour nous obliger à fermer les yeux. En se révélant ainsi dans ses oeuvres, il nous invite à les contempler, à en étudier les lois merveilleuses, pour nous disposer à l'aimer de plus en plus, à force d'apprendre à le connaître.

L'ignorance est le grand fléau de notre monde, celui qui en constate le mieux l'infériorité. Un méchant n'est souvent qu'un aveugle, mais les aveugles peuvent être plus dangereux que certains scélérats, parce qu'ils sont plus nombreux et plus incorrigibles. Les peuples ne seront libres que le jour où ils seront sages, et ils ne seront sages que le jour où ils seront assez éclairés pour qu'on ne puisse plus les tromper.

Chose triste à dire, sur douze cent millions d'hommes qui peuplent notre planète, on ne compte peut-être pas encore, après tant de siècles, vingt millions d'Esprits vraiment cultivés. La femme surtout, même celle qui a bien des loisirs, ne reçoit guère qu'une instruction déplorable, et montre une répugnance trop « édifiante » pour tout livre un peu sérieux9. Il en résulte qu'elle est trop disposée à regarder en arrière avec celui qui la « dirige » au lieu de marcher en avant avec celui qu'elle doit aimer. De là les déplorables malentendus qui divisent le foyer, et partagent en deux moitiés hostiles le genre humain.

Zoroastre a dit : « Celui-là fait trois bonnes actions qui plante un arbre, construit une maison, élève un enfant. » J'ajoute qu'il en fait une quatrième, et la meilleure de toutes, en fondant une bonne école. Ne craignez donc point, comme tant de femmes du meilleur monde, d'ouvrir les yeux à la lumière. Soyez « curieuse », très curieuse de tout ce qui peut élargir votre horizon en élevant votre esprit.

Mais je m'empresse d'ajouter : Soyez bonne, soyez l'exemplaire vivant et charmant de cette haute piété que rien ne saurait aigrir ou décourager, parce qu'elle s'alimente sans cesse de ces admirables maximes du Sauveur : « Heureux les doux, car ils posséderont la Terre. Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés. Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, parce qu'ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

Heureux ceux qui aiment la paix, car ils seront appelés les enfants de Dieu.

Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient »

Telles sont les belles et grandes ailes que le Christ nous offre, pour nous aider à le suivre. Ces paroles de vie ont été, pour notre bas monde, la charte de son affranchissement. Toute âme qui sait les comprendre et y répondre, quitte les bords du marais, pour prendre son essor vers les hauteurs. Or ces divins préceptes, nous les prenons pour guides, ce qui nous autorise à prétendre que nous sommes les vrais chrétiens. Notre foi nous affranchit sans doute de ces entraves que nous appelons les « faux devoirs », je veux dire de ces prescriptions minutieuses et souvent puériles qui constituent la dévotion contemporaine, mais c'est pour concentrer d'autant plus notre attention et notre énergie sur les devoirs essentiels que nous avons à remplir envers Dieu, envers nous-mêmes, et envers nos semblables.

Un ancien disait que le sage, pour se maintenir dans la vertu devait habiter une maison de verre. Eh bien, notre foi nous construit cette maison transparente. Elle nous montre, la nuit comme le jour, des témoins dont nulle cloison n'arrête le regard. Ces témoins sont nos amis du ciel, peut-être l'esprit d'un père, d'une mère, d'un époux dont nous avons pleuré le départ. Ils voient nos oeuvres, ils lisent dans notre âme nos plus secrètes pensées. Dès lors, comment se permettre, en présence de pareils témoins, des actions que nous n'oserions nous permettre en présence d'un enfant ? Quel encouragement à mieux faire que ce colloque intime : « Il me voit ! ma conduite peut l'attrister ou le réjouir !» Que de belles plumes poussent à nos ailes, pour nous aider à rejoindre nos bien-aimés !

Pour moi, madame, je vous l'avoue en toute simplicité, cette pensée me console et m'encourage. Au moment où je vous écris ces lignes, je me crois, je me sens entouré par des êtres invisibles dont je vénère la pensée. Je me reprocherais amèrement la moindre pensée qu'ils devraient désapprouver, et si je suis heureux après une bonne action, c'est qu'il me semble que je leur fais plaisir.

Oh ! Qu’il est doux d'être bon, quand on peut se dire : Je réjouis du même coup mes frères incarnés que je console, et mes frères du ciel qui m'applaudissent !

Alors on cesse de repousser comme impraticable ce précepte du Christ : « Aimez vos ennemis ; faites du bien à ceux qui vous persécutent. » Alors on trouve un charme divin dans ces conseils des antiques Védas : « Sois, pour ton ennemi, ce qu'est la terre, qui récompense par des moissons le laboureur qui lui déchire le sein. Sois, pour celui qui t'afflige, ce qu'est le bois de santal, qui embaume de son parfum la hache du bûcheron qui le tranche.»

Ici-bas, l'essentiel ne consiste pas à bien vivre, mais à vivre bien. Nous avons tout intérêt non seulement à être sages, mais à nous montrer généreux jusqu'à l'héroïsme. Celui-là veut vivre par le corps, et s'arrange de manière à cueillir partout l'émotion sensuelle qui constitue le plaisir. Il torture la matière dans tous les sens, pour en extraire une volupté de plus. Et après ? Après, il se retrouvera au point de départ, en face d'une nouvelle épreuve à recommencer dans des conditions telles que, s'il pouvait les connaître, elles empoisonneraient toutes ses joies malsaines. Celui-ci au contraire, a vécu par l'esprit : il a pensé, il a souffert, il a aimé jusqu'à l'immolation ; il a oublié ses intérêts du moment pour rester fidèle à la vérité, à la justice, au devoir. Ah ! Celui-là est le vrai sage. Il a conquis le droit de sourire à la mort. Il retrouvera là-haut le capital mis en réserve à la caisse d'épargne de l'éternité. Il reprendra la vie plus pleine, la vie enrichie par les paillettes 

d'or roulées dans le torrent plus ou moins troublé de sa vie présente. Il le sait, il le sent, et sa foi lui procure une sérénité capable de plaindre ceux qui le considèrent comme un insensé, ou un malheureux10.

Vous voulez que je vous dise à quels signes on reconnaît les âmes qui se préparent, comme les hirondelles, à une prochaine émigration. Ces signes, Dieu seul peut bien les connaître, parce que seul il scrute les coeurs. Cependant, je vais essayer, de vous indiquer les plus saillants.

Celui qui se dispose à émigrer vers des mondes supérieurs est éclairé, ou du moins il a des idées larges qui lui font prendre en dégoût les mensonges autorisés dont s'alimente le fanatisme. Il souffre de se sentir impuissant à dissiper toutes les ténèbres qui s'opposent encore au progrès matériel et moral de l'humanité terrestre. Il porte en lui un idéal qui le tourmente, l'isole, le fait prendre parfois pour un égaré dans notre bas monde, mais qu'il ne voudrait pas échanger contre les joies vulgaires de ceux qui se permettent de le plaindre. On peut dire de lui, qu'il est venu au monde beaucoup trop tôt, pour y être compris. Il éprouve pour le Dieu vrai qu'il conçoit, un amour fort et tendre, qui se manifeste par une adoration intérieure de tous les instants, par des prières ardentes qui sont des cris du coeur, par une renaissance qui lui arrache quelquefois des larmes, et par une résignation parfaite au sein des plus cruelles épreuves. Comparant ses imperfections à l'idéal qu'il poursuit, loin de se sentir disposé à l'orgueil, il se sent fort mécontent de lui-même.

Indigné des entraves qui voudraient paralyser son élan, il s'épure, « s'angélise » par la hauteur des pensées, par la noblesse des sentiments, par le dégoût ou le mépris des jouissances qui ne sont que charnelles. Le beau le ravit en tout et partout, mais le laid lui fait horreur. Enfin, il aime ses frères sans mesure, se dévoue sans calcul et pardonne sans effort. Vrai disciple du Christ, il comprend que la sainteté n'est autre que l'amour ; l'amour qui compatit et qui s'immole. Sévère pour lui-même, il se sent pour les autres indulgents jusqu'à la faiblesse. Il voudrait pouvoir tarir toutes les larmes, supprimer tous les maux. Son coeur, comme celui de Jésus, souffre de toutes les douleurs qui atteignent les hommes ; et il pardonne plus facilement l'injustice dont il est la victime, que celle dont il est le témoin.

Sans doute, chère madame, en lisant ces lignes, vous êtes-vous rappelée que le mal sur la Terre provient surtout de l'ignorance.

Ah ! L’ignorance, c'est la grande plaie sociale à laquelle on n'apporte bien souvent aucun remède ! Que dis-je, il se trouve même des hommes pour l'entretenir afin de mieux asservir les âmes et les consciences.

Ouvrez les cerveaux, ouvrez les intelligences à la lumière. Il faudra bien que les hommes des ténèbres arrivent à capituler devant ceux qui auront cherché le pourquoi des choses. Il n'y a plus de bûchers pour brûler les libres-penseurs et tous ceux qui se permettent de croire autrement que les sectes routinières, prisonnières de dogmes étroits, mais il y a toujours l'ignorance, l'ignorance qui est la plus mauvaise des conseillères.

Les bouleversements sociaux nous montrent la misère de l'intelligence, la pauvreté des Esprits apeurés et le peu de fraternité qui existe entre tous les êtres humains. Instruisez sans répit ceux qui veulent arriver à comprendre les choses demeurées cachées et qui sont presque toujours, mal interprétées par ceux qui ont, bien souvent, intérêt à les maintenir cachées et vous verrez qu'en peu de temps, tout ira mieux.

Ceux qui désespèrent sont, le plus souvent, ceux dont l'âme n'a reçu aucune semence. Ils vivent lamentablement avec leurs espoirs morts, et ils ont toujours peur de refermer la main sur la joie qui passe. Quand l'adversité les touche, ils apparaissent désarmés et dans l'impossibilité de reprendre pied au milieu de cette foule ignorante dont la houle toujours grossissante déferle sur les rivages malheureux où la logique et la Vérité ne peuvent jamais séjourner.

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