Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
doctrinespiritenimes.over-blog.com

LA MORT, Léon Denis, Le problème de l’être et de la destinée, chapitre 10 

30 Mai 2021 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme

LA MORT

La mort (1) n’est qu’un changement d’état, la destruction d’une forme fragile qui ne fournit plus à la vie les conditions nécessaires à son fonctionnement et à son évolution. Au-delà de la tombe, une autre phase de l’existence s’ouvre. L’Esprit, sous la forme fluidique, impondérable, s’y prépare à des réactions nouvelles, il trouve dans son état mental les fruits de l’existence qui vient de finir. La mort n’est donc qu’une éclipse d’un instant dans cette grande révolution de nos existences. Mais cet instant suffit pour nous révéler le sens grave et profond de la vie. La mort, elle aussi, peut avoir sa noblesse, sa grandeur. Il ne faut pas la craindre, mais plutôt s’efforcer de l’embellir, en s’y préparant sans cesse par la recherche et la conquête de la beauté morale, la beauté de l’esprit, qui moule le corps, et l’orne d’un reflet auguste, à l’heure des suprêmes séparations. La façon dont nous savons mourir est déjà, par elle-même, une indication de ce que sera, pour chacun de nous, la vie de l’espace. Ne demandez pas aux pierres du sépulcre le secret de la vie. Sachez-le, les ossements et les cendres qui reposent-là ne sont rien. Les âmes qui les ont animés ont quittés ces lieux. Elles reviennent sous des formes plus subtiles, plus affinées. Du sein de l’invisible, où vos prières les atteignent et les émeuvent, elles vous suivent du regard ; elles vous répondent et vous sourient. La révélation spirite vous apprendra à communiquer avec elles, à unir vos sentiments dans un même amour, dans une ineffable espérance. Ils sont souvent à vos côtés, les êtres pleurés que vous allez chercher au cimetière. Ils reviennent et veilles sur vous, ceux qui ont été la force de votre jeunesse, qui vous ont bercés dans leur bras, les amis, compagnons de vos joies et de vos douleurs ; et toutes les formes, tous les doux fantômes des êtres sur votre route, qui ont été mêlés à votre existence et ont emporté avec eux un peu de vous-même, de votre âme et de votre cœur. Autour de vous flotte la foule des hommes disparus dans la mort, foule confuse qui revit, vous rappelle et vous montre le chemin à parcourir. Pourquoi donc cet effroi de la mort, cette anxiété poignante, au sujet d’un acte qui n’est le terme de rien ? C’est presque toujours parce que la mort nous paraît être la perte, la privation soudaine de tout ce qui faisait notre joie. Le spirite sait qu’il n’en est rien ; la mort est pour lui, l’entrée dans un monde de vie plus riche d’impressions et de sensations. Non seulement nous n’y sommes pas privés des choses vivantes de l’esprit, mais celles-ci s’augmenteront de ressources nouvelles, d’autant plus étendues et plus variées que l’âme se sera mieux préparée à en jouir. La mort ne nous prive même pas des choses de ce monde. Nous continuerons à voir ceux que nous aimons et laissons après nous. Bien loin de chasser l’idée de la mort, comme nous le faisons généralement, sachons donc la considérer en face, pour ce qu’elle est réellement. Efforçons-nous de la dégager des ombres et des chimères dont elle a été enveloppée, et demandons-nous de quelle façon il convient de se préparer à cet « incident » naturel et nécessaire du cours de la vie. Notre progrès, notre élévation l’exigent : nous devons être débarrassés, un jour ou l’autre, de cette enveloppe charnelle, qui après avoir rendu les services attendus, devient impropre à nous suivre sur les autres plans de notre destinée. Comment peut-on considérer la mort comme un mal ? Si elle joue un rôle important dans l’évolution des êtres, n’est-ce pas parce qu’elle est une des phases voulues de cette évolution, le pendant naturel de la naissance, un des éléments essentiels du plan de la vie. L’appareil (2) dont on entoure les inhumations laisse une autre impression non moins pénible, dans le souvenir des assistants. La pensée que notre enveloppe sera, elle aussi, déposée dans la terre, provoque comme une sensation d’angoisse et d’étouffement. Cependant, tous les corps que nous avons animés dans le passé reposent également sous le sol ou se sont lentement transformés en fleurs et en végétaux. Ces corps n’étaient que des vêtements usés ; notre personnalité n’a pas été ensevelie avec eux. Peu nous importe aujourd’hui ce qu’ils sont devenus. Pourquoi le sort du dernier d’entre eux nous préoccuperait-il davantage ? On nous demande souvent si la crémation est préférable à l’inhumation, au point de vue du dégagement de l’esprit. Les invisibles, consultés, répondent qu’en thèse générale la crémation provoque un dégagement plus rapide, mais brusque et violent, douloureux même pour l’âme attachée à la terre. C’est la raison pour laquelle il est préconisé une attente d’au moins trois jours avant une crémation. Beaucoup de personnes redoutent la mort à cause des souffrances physiques qui l’accompagnent. On souffre, il est vrai, dans la maladie qui aboutit à la mort, mais on souffre aussi dans les maladies dont on guérit. L’instant de la mort, nous disent les Esprits, est presque toujours sans douleur. On meurt comme on s’endort. Cette opinion est confirmée par tous ceux que leur profession et leur devoir appellent fréquemment au chevet des mourants. Cependant, à considérer le calme, la sérénité de certains malades aux heures ultimes et l’agitation convulsive, l’agonie des autres, on doit reconnaître que les sensations précédant la mort sont très diverses suivant les individus. Les souffrances sont d’autant plus vives que les liens unissant l’âme au corps sont plus nombreux et plus puissants. Tout ce qui peut les amoindrir, les affaiblir, rendra le dégagement plus rapide, la transition moins douloureuse. Si la mort est souvent exempte de souffrance pour celui dont la vie fut noble et belle, il n’en est pas de même pour les sensuels, les violents, les coupables, les suicidés. Aussitôt le passage franchi, une sorte de trouble, d’engourdissement envahit la plupart des âmes qui n’ont pas su se préparer au départ. Dans cet état, leurs facultés sont voilées ; elles ne perçoivent plus qu’à travers un brouillard plus ou moins dense. La durée de ce trouble varie selon leur nature et leur valeur morale. Il peut être prolongé pour les plus arriérées et même embrasser des années entières. Puis, peu à peu, la brume s’éclaircit ; les perceptions deviennent plus nettes. L’Esprit recouvre sa lucidité ; il s’éveille à sa vie nouvelle, la vie de l’espace. Instant solennel pour lui, plus décisif, plus redoutable que la mort car, suivant sa valeur et son degré de pureté, ce réveil sera calme et délicieux, plein d’anxiété ou de souffrance. Dans l’état de trouble, l’âme est consciente des pensées dirigées vers elle. Les pensées d’amour, de charité, les vibrations des cœurs affectueux brillent pour elle comme des rayons dans la brume qui l’enveloppe ; elles l’aident à se dégager des derniers liens qui l’enchaînent à la terre, à sortir de l’ombre où elle est plongée. C’est pourquoi les prières inspirées par le cœur, dites avec chaleur et conviction, les prières improvisées surtout, sont salutaires, bienfaisantes pour l’Esprit qui a quitté la vie corporelle. Par contre, les oraisons vagues, puériles des Églises, restent souvent sans effets. Prononcées machinalement, elles n’acquièrent pas cette puissance vibratoire qui fait de la pensée à la fois une force pénétrante et une lumière. Le cérémonial religieux en usage apporte généralement peu d’aide et de réconfort aux défunts. L’ignorance des conditions de la survivance rend ceux qui participent à ces manifestations, indifférents et distraits. C’est presque un scandale de voir avec quel laisser-aller on prend part, à notre époque, à une cérémonie mortuaire. L’attitude des assistants, le manque de recueillement, les conversations banales échangées pendant la conduite au cimetière, tout impressionne péniblement. Bien peu parmi ceux qui suivent le convoi, songent au défunt et considèrent comme un devoir de projeter vers lui une pensée affectueuse. Les prières ferventes de ses amis, de ses proches sont bien plus efficaces pour l’Esprit du mort que les manifestations du culte le plus pompeux. Toutefois, il n’est pas bon de nous complaire outre mesure dans la douleur de la séparation. Certes, les regrets du départ sont légitimes et les larmes sincères sont sacrées ; mais, trop violents, ces regrets attristent et découragent celui qui en est l’objet et, souvent, le témoin. Au lieu de faciliter son essor vers l’espace, ils le retiennent où il a souffert et où souffrent encore ceux qui lui sont chers. C’est un acte d’amour des plus grands que de laisser partir un être aimé. Les existences brisées prématurément sont arrivées à leur terme prévu. Ce sont, en général, des compléments d’existences antérieures qui ont été tronquées à la suite d’abus ou d’excès. Lorsque du fait d’habitudes déréglées, on a épuisé les ressources vitales avant l’heure marquée par la nature, on doit revenir parfaire, en une existence plus courte, le laps de temps que l’existence précédente aurait dû normalement embrasser. Il arrive que les êtres humains passibles de cette réparation soient assemblés par la force du destin, pour subir, dans une mort tragique, les conséquences d’actes se rattachant au passé prénatal. De là, les morts collectives, les catastrophes qui jettent dans le monde un avertissement. Ceux qui partent ainsi en achever le temps pendant lequel ils devaient vivre et vont se préparer à d’autres existences meilleures. (1) Léon Denis, Le problème de l’être et de la destinée, chapitre 10 : La Mort. (2) Idem. SOURCE : CSLAK

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :