Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
doctrinespiritenimes.over-blog.com

 EN CAS D'IDÉE D'HOMICIDE, LE LIVRE LE CIEL ET L'ENFER, ALLAN KARDEC

25 Juillet 2021 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme, #Suicide

 

 

CHAPITRE VI

 

CRIMINELS REPENTANTS

VERGER, assassin de l'archevêque de Paris

Le 3 janvier 1857, Mgr Sibour, archevêque de Paris, en sortant de l'église de Saint-Etienne du

Mont, fut frappé mortellement par un jeune prêtre nommé Verger. Le coupable fut condamné à

mort et exécuté le 30 janvier. Jusqu'au dernier moment il n'a témoigné ni regret, ni repentir, ni

sensibilité.

Evoqué le jour même de son exécution, il fit les réponses suivantes :

1. Evocation. - R. Je suis encore retenu dans mon corps.

2. Est-ce que votre âme n'est pas entièrement dégagée de votre corps ? - R. Non... j'ai peur... je

ne sais... Attendez que je me reconnaisse... je ne suis pas mort, n'est-ce pas ?

3. Vous repentez-vous de ce que vous avez fait ? - R. J'ai eu tort de tuer ; mais j'y ai été poussé

par mon caractère qui ne pouvait souffrir les humiliations... Vous m'évoquerez une autre fois.

4. Pourquoi voulez-vous déjà vous en aller ? - R. J'aurais trop peur si je le voyais ; je

craindrais qu'il ne m'en fît autant.

5. Mais vous n'avez rien à craindre puisque votre âme est séparée de votre corps ; bannissez

toute inquiétude : elle n'est pas raisonnable. - R. Que voulez-vous ? êtes-vous toujours maître de

vos impressions ?... Je ne sais où je suis... je suis fou.

6. Tâchez de vous remettre. - R. Je ne puis, puisque je suis fou... Attendez !... Je vais rappeler

toute ma lucidité.

7. Si vous priiez, cela pourrait vous aider à recueillir vos idées ? - R. Je crains... je n'ose prier.

8. Priez, la miséricorde de Dieu est grande ! Nous allons prier avec vous. - R. Oui, la

miséricorde de Dieu est infinie ; je l'ai toujours cru.

9. Maintenant, vous rendez-vous mieux compte de votre position ? - R. C'est si extraordinaire

que je ne peux encore me rendre compte.

10. Voyez-vous votre victime ? - R. Il me semble entendre une voix qui ressemble à la sienne,

et qui me dit : Je ne t'en veux pas... mais c'est un effet de mon imagination !... Je suis fou, vous

dis-je, car je vois mon propre corps d'un côté et ma tête de l'autre... et cependant il me semble

que je vis, mais dans l'espace, entre la terre et ce que vous appelez le ciel... Je sens même le froid

d'un couteau tombant sur mon cou... mais c'est la peur que j'ai de mourir... il me semble que je

vois quantité d'Esprits autour de moi, me regardant avec compassion... ils me causent, mais je ne

les comprends pas.

11. Parmi ces Esprits y en a-t-il un dont la présence vous humilie à cause de votre crime ? - R.

Je vous dirai qu'il n'y en a qu'un que je redoute, c'est celui que j'ai frappé.

12. Vous rappelez-vous vos existences antérieures ? - R. Non, je suis dans le vague... je crois

rêver... une autre fois ; il faut que je me reconnaisse.

13. (Trois jours plus tard.) Vous reconnaissez-vous mieux maintenant ? - R. Je sais

maintenant que je ne suis plus de ce monde, et je ne le regrette pas. J'ai regret de ce que j'ai fait,

mais mon Esprit est plus libre ; je sais mieux qu'il y a une série d'existences qui nous donnent les

connaissances utiles pour devenir parfaits autant que la créature le peut.

14. Etes-vous puni pour le crime que vous avez commis ? - R. Oui ; j'ai regret de ce que j'ai

fait et j'en souffre.

15. De quelle manière êtes-vous puni ? - R. J'en suis puni, car je reconnais ma faute et j'en

demande pardon à Dieu ; j'en suis puni par la conscience de mon manque de foi en Dieu, et parce 

que je sais maintenant que nous ne devons point trancher les jours de nos frères ; j'en suis puni

par le remords d'avoir retardé mon avancement en faisant fausse route, et n'ayant point écouté le

cri de ma conscience qui me disait que ce n'était point en tuant que j'arriverais à mon but ; mais

je me suis laissé dominer par l'orgueil et la jalousie ; je me suis trompé et je m'en repens, car

l'homme doit toujours faire des efforts pour maîtriser ses mauvaises passions, et je ne l'ai point

fait.

16. Quel sentiment éprouvez-vous quand nous vous évoquons ? - R. Un plaisir et une crainte,

car je ne suis pas méchant.

17. En quoi consistent ce plaisir et cette crainte ? - R. Un plaisir de m'entretenir avec les

hommes, et de pouvoir en partie réparer ma faute en l'avouant. Une crainte que je ne saurais

définir, une sorte de honte d'avoir été meurtrier.

18. Voudriez-vous être réincarné sur cette terre ? - R. Oui, je le demande, et je désire me

trouver constamment en butte d'être tué et d'en avoir peur.

Mgr Sibour étant évoqué, dit qu'il pardonnait à son meurtrier et priait pour son retour au bien.

Il ajouta que, quoique présent, il ne s'était point montré à lui pour ne pas augmenter sa

souffrance ; la crainte de le voir, qui était un signe de remords, étant déjà un châtiment.

D. L'homme qui commet un meurtre sait-il, en choisissant son existence, qu'il deviendra

assassin ? - R. Non ; il sait que, choisissant une vie de lutte, il y a chance pour lui de tuer un de

ses semblables ; mais il ignore s'il le fera, car il y a presque toujours eu lutte en lui.

La situation de Verger, au moment de sa mort, est celle de presque tous ceux qui périssent de mort

violente. La séparation de l'âme ne s'opérant point d'une manière brusque, ils sont comme étourdis et ne

savent s'ils sont morts ou vivants. La vue de l'archevêque lui est épargnée, parce qu'elle n'était pas

nécessaire pour exciter en lui le remords, tandis que d'autres, au contraire, sont incessamment poursuivis

par les regards de leurs victimes.

A l'énormité de son crime, Verger avait ajouté de ne s'en être point repenti avant de mourir ; il était

donc dans toutes les conditions voulues pour encourir la condamnation éternelle. Cependant, à peine a-til

quitté la terre que le repentir pénètre son âme ; il répudie son passé et demande sincèrement à le

réparer. Ce n'est pas l'excès des souffrances qui l'y pousse, puisqu'il n'a pas eu le temps de souffrir ; c'est

donc le seul cri de sa conscience qu'il n'a pas écouté pendant sa vie et qu'il entend maintenant. Pourquoi

donc ne lui en serait-il pas tenu compte ? Pourquoi, à quelques jours de distance, ce qui l'eût sauvé de

l'enfer ne le pourrait-il plus ? Pourquoi Dieu, qui eût été miséricordieux avant la mort, serait-il sans pitié

quelques heures plus tard ?

On pourrait s'étonner de la rapidité du changement qui s'opère parfois dans les idées d'un criminel

endurci jusqu'au dernier moment, et chez qui le passage dans l'autre vie suffit pour lui faire comprendre

l'iniquité de sa conduite. Cet effet est loin d'être général, sans cela il n'y aurait point de mauvais Esprits ;

le repentir est souvent très tardif, aussi la peine est-elle prolongée en conséquence.

L'obstination dans le mal pendant la vie est parfois une suite de l'orgueil qui refuse de plier et d'avouer

ses torts ; puis l'homme est sous l'influence de la matière qui jette un voile sur ses perceptions

spirituelles, et le fascine. Ce voile tombé, une lumière subite l'éclaire, et il se trouve comme dégrisé. Le

prompt retour à de meilleurs sentiments est toujours l'indice d'un certain progrès moral accompli qui ne

demande qu'une circonstance favorable pour se révéler, tandis que celui qui persiste dans le mal plus ou

moins longtemps après la mort, est incontestablement un Esprit plus arriéré, en qui l'instinct matériel

étouffe le germe du bien, et à qui il faudra encore de nouvelles épreuves pour s'amender.

LEMAIRE

condamné à la peine de mort par la Cour d'Assises de l'Aisne, et exécuté le 31 décembre 1857 ; évoqué le

29 janvier 1858.

1. Evocation. - R. Je suis là.

2. Quel sentiment éprouvez-vous à notre vue ? - R. La honte.

3. Avez-vous conservé votre connaissance jusqu'au dernier moment ? - R. Oui.

4. Immédiatement après votre exécution, avez-vous eu connaissance de votre nouvelle

existence ? - R. J'étais plongé dans un trouble immense dont je ne suis pas encore sorti. J'ai senti

une immense douleur, et il m'a semblé que mon coeur la souffrait. J'ai vu rouler je ne sais quoi au

pied de l'échafaud ; j'ai vu du sang couler, et ma douleur n'en est devenue que plus poignante. -

Etait-ce une douleur purement physique, analogue à celle qui serait causée par une grave

blessure, par l'amputation d'un membre, par exemple ? - R. Non ; figurez-vous un remords, une

grande douleur morale. - D. Quand avez-vous commencé à ressentir cette douleur ? - R. Dès que

j'ai été libre.

5. La douleur physique causée par le supplice était-elle ressentie par le corps ou par l'Esprit ? -

R. La douleur morale était dans mon esprit ; le corps a ressenti la douleur physique ; mais l'Esprit

séparé s'en ressentait encore.

6. Avez-vous vu votre corps mutilé ? - R. J'ai vu je ne sais quoi d'informe qu'il me semblait

n'avoir pas quitté ; cependant, je me sentais encore entier : j'étais moi-même. - D. Quelle

impression cette vue a-t-elle faite sur vous ? - R. Je sentais trop ma douleur ; j'étais perdu en elle.

7. Est-il vrai que le corps vive encore quelques instants après la décapitation, et que le

supplicié ait conscience de ses idées ? - R. L'Esprit se retire peu à peu ; plus les liens de la

matière l'enlacent, moins la séparation est prompte.

8. On dit avoir remarqué sur la figure de certains suppliciés l'expression de la colère et des

mouvements comme s'ils voulaient parler ; est-ce l'effet d'une contraction nerveuse ou d'un acte

de la volonté ? - R. La volonté ; car l'Esprit ne s'en était pas encore retiré.

9. Quel est le premier sentiment que vous avez éprouvé en entrant dans votre nouvelle

existence ? - R. Une intolérable souffrance ; une sorte de remords poignant dont j'ignorais la

cause.

10. Vous êtes-vous trouvé réuni à vos complices exécutés en même temps que vous ? - R.

Pour notre malheur ; notre vue est un supplice continuel ; chacun de nous reproche à l'autre son

crime.

11. Rencontrez-vous vos victimes ? - R. Je les vois... elles sont heureuses... leur regard me

poursuit... je le sens qui plonge jusqu'au fond de mon être... en vain je veux le fuir. - Quel

sentiment éprouvez-vous à leur vue ? - R. La honte et le remords. Je les ai élevées de mes

propres mains, et je les hais encore. - Quel sentiment éprouvent-elles à votre vue ? - R. La pitié.

12. Ont-elles de la haine et le désir de la vengeance ? - R. Non ; leurs voeux appellent sur moi

l'expiation. Vous ne sauriez sentir quel horrible supplice de tout devoir à qui l'on hait.

13. Regrettez-vous la vie terrestre ? - R. Je ne regrette que mes crimes. Si l'événement était

encore entre mes mains, je ne succomberais plus.

14. Le penchant au mal était-il dans votre nature, ou bien avez-vous été entraîné par le milieu

où vous avez vécu ? - R. Le penchant au crime était dans ma nature, car je n'étais qu'un Esprit

inférieur. J'ai voulu m'élever promptement ; mais j'ai demandé plus que mes forces. Je me suis

cru fort, j'ai choisi une rude épreuve ; j'ai cédé aux tentations du mal.

15. Si vous aviez reçu de bons principes d'éducation, auriez-vous pu être détourné de la vie

criminelle ? - R. Oui ; mais j'ai choisi la position où je suis né. - Auriez-vous pu faire un homme

de bien ? - R. Un homme faible, incapable du bien comme du mal. Je pouvais corriger le mal de

ma nature pendant mon existence, mais je ne pouvais m'élever jusqu'à faire le bien.

16. De votre vivant, croyiez-vous en Dieu ? R. Non. - On dit cependant qu'au moment de

mourir vous vous êtes repenti ; est-ce vrai ? - R. J'ai cru à un Dieu vengeur... j'ai eu peur de sa

justice. - En ce moment, votre repentir est-il plus sincère ? - R. Hélas ! je vois ce que j'ai fait. -

Que pensez-vous de Dieu maintenant ? - R. Je le sens et ne le comprends pas.

17. Trouvez-vous juste le châtiment qui vous a été infligé sur la terre ? - R. Oui.

18. Espérez-vous obtenir le pardon de vos crimes ? - R. Je ne sais. - Comment espérez-vous

les racheter ? - R. Par de nouvelles épreuves ; mais il me semble que l'éternité est entre elles et

moi.

19. Où êtes-vous maintenant ? - R. Je suis dans ma souffrance. - Nous vous demandons à

quelle place vous êtes ? - R. Près du médium.

20. Puisque vous êtes ici, si nous pouvions vous voir, sous quelle forme nous apparaîtriezvous

? - R. Sous ma forme corporelle ; la tête séparée du tronc. - Pourriez-vous nous apparaître ?

- R. Non ; laissez-moi.

21. Voudriez-vous nous dire comment vous vous êtes évadé de la prison de Montdidier ? R.

Je ne sais plus... ma souffrance est si grande, que je n'ai plus que le souvenir du crime... Laissezmoi.

22. Pourrions-nous apporter quelque soulagement à vos souffrances ? - R. Faites des voeux

pour que l'expiation arrive.

BENOIST

(Bordeaux, mars 1862.)

Un Esprit se présente spontanément au médium, sous le nom de Benoist, dit être mort en 1704

et endurer d'horribles souffrances.

1. Qu'étiez-vous de votre vivant ? - R. Moine sans foi.

2. Le manque de croyance est-il votre seule faute ? - R. Il suffit pour entraîner les autres.

3. Pouvez-vous nous donner quelques détails sur votre vie ? La sincérité de vos aveux vous

sera comptée. - R. Sans fortune et paresseux, j'ai pris les ordres, non par vocation, mais pour

avoir une position. Intelligent, je me suis fait une place ; influent, j'ai abusé du pouvoir ; vicieux,

j'ai entraîné dans les désordres ceux que j'avais mission de sauver ; dur, j'ai persécuté ceux qui

avaient l'air de blâmer mes excès ; les in pace ont été remplis par mes soins. La faim a torturé

bien des victimes ; leurs cris se sont souvent éteints sous la violence. Depuis, j'expie et je souffre

toutes les tortures de l'enfer ; mes victimes attisent le feu qui me dévore. La luxure et la faim

inassouvies me poursuivent ; la soif irrite mes lèvres brûlantes sans jamais y laisser tomber une

goutte rafraîchissante ; tous les éléments s'acharnent après moi. Priez pour moi.

4. Les prières que l'on fait pour les trépassés vous doivent être attribuées comme aux autres ? -

R. Croyez-vous qu'elles soient bien édifiantes. Elles ont pour moi la valeur de celles que j'avais

l'air de faire. Je n'ai pas accompli ma tâche, je n'en trouve pas le salaire.

5. Ne vous êtes-vous jamais repenti ? - R. Il y a longtemps ; mais il n'est venu qu'après la

souffrance. Comme j'ai été sourd aux cris de victimes innocentes, le Maître est sourd à mes cris.

Justice !

6. Vous reconnaissez la justice du Seigneur ; confiez-vous à sa bonté et appelez-le à votre

aide. - R. Les démons hurlent plus fort que moi ; les cris étouffent dans ma gorge ; ils remplissent

ma bouche de poix bouillante !... Je l'ai fait, grand... (L'Esprit ne peut écrire le mot Dieu.)

7. N'êtes-vous donc pas encore assez séparé des idées terrestres pour comprendre que les

tortures que vous endurez sont toutes morales ? - R Je les endure, je les sens, je vois mes

bourreaux ; ils ont tous une figure bien connue ; ils ont tous un nom qui retentit dans mon

cerveau.

8. Qu'est-ce qui pouvait vous pousser à toutes ces infamies ? - R. Les vices dont j'étais imbu ;

la brutalité des passions.

9. N'avez-vous jamais imploré l'assistance des bons Esprits pour vous aider à sortir de cette

position ? - R. Je ne vois que les démons de l'enfer.

10. En aviez-vous peur de votre vivant ? - R. Non, rien ; le néant, c'était ma foi ; les plaisirs à

tout prix, c'était mon culte. Divinités de l'enfer, elles ne m'ont point abandonné ; je leur ai

consacré ma vie, elles ne me quitteront plus !

11. N'entrevoyez-vous pas un terme à vos souffrances ? - R. L'infini n'a pas de terme.

12. Dieu est infini dans sa miséricorde ; tout peut avoir une fin quand il le veut. - R. S'il

pouvait vouloir !

13. Pourquoi êtes-vous venu vous inscrire ici ? - R. Je ne sais pas comment ; mais j'ai voulu

parler, comme je voudrais crier pour me soulager.

14. Vos démons ne vous empêchent-ils pas d'écrire ? - R. Non, mais ils sont devant moi, ils

m'entendent ; c'est pourquoi je ne voudrais pas finir.

15. Est-ce la première fois que vous écrivez ainsi ? - R. Oui. - Saviez-vous que les Esprits

pussent s'approcher ainsi des hommes ? - R. Non. - Comment donc avez-vous pu le

comprendre ? - R. Je ne sais pas.

16. Qu'avez-vous éprouvé pour venir près de moi ? - R. Un engourdissement dans mes

terreurs.

17. Comment vous êtes-vous aperçu que vous étiez ici ? - R. Comme on se réveille.

18. Comment avez-vous fait pour vous mettre en rapport avec moi ? - R. Je ne comprends

pas ; n'as-tu pas senti, toi ?

19. Il ne s'agit pas de moi, mais de vous ; tâchez de vous rendre compte de ce que vous faites

en ce moment quand j'écris. - R. Tu es ma pensée, voilà tout.

20. Vous n'avez donc pas eu la volonté de me faire écrire ? - R. Non, c'est moi qui écris, tu

penses par moi.

21. Tâchez de vous rendre compte ; les bons Esprits qui nous entourent vous y aideront. - R.

Non, les anges ne viennent pas en enfer. Tu n'es pas seule ? - Voyez autour de vous. - R. Je sens

qu'on m'aide à penser en toi... ta main m'obéit... je ne te touche pas, et je te tiens... je ne

comprends pas.

22. Demandez l'assistance de vos protecteurs ; nous allons prier ensemble. - R. Tu veux me

quitter ? Reste avec moi ; ils vont me reprendre. Je t'en prie, reste ! reste !

23. Je ne peux pas rester plus longtemps. Revenez tous les jours ; nous prierons ensemble et

les bons Esprits vous aideront. - R. Oui, je voudrais ma grâce. Demandez pour moi ; moi, je ne

peux pas.

Le guide du médium. Courage, mon enfant ; il lui sera accordé ce que tu demandes, mais

l'expiation est encore loin d'être terminée. Les atrocités qu'il a commises sont sans nom et sans

nombre, et il est d'autant plus coupable qu'il avait l'intelligence, l'instruction et la lumière pour se

guider. Il a donc failli en connaissance de cause ; aussi ses souffrances sont terribles ; mais avec

le secours et l'exemple de la prière elles s'adouciront, parce qu'il en verra le terme possible, et

l'espoir le soutiendra. Dieu le voit sur la route du repentir, et il lui a fait grâce de pouvoir se

communiquer afin qu'il soit encouragé et soutenu. Pense donc souvent à lui ; nous te le laissons

pour le fortifier dans les bonnes résolutions qu'il pourra prendre, aidé de tes conseils. Au repentir

succédera en lui le désir de la réparation ; c'est alors qu'il demandera lui-même une nouvelle

existence sur terre pour pratiquer le bien au lieu du mal qu'il a fait, et lorsque Dieu sera satisfait

de lui, et le verra bien affermi, il lui fera entrevoir les divines clartés qui le conduiront au port du

salut, et le recevra dans son sein comme l'enfant prodigue. Aie confiance, nous t'aiderons à

accomplir ton oeuvre.

PAULIN.

Nous avons placé cet Esprit parmi les criminels, bien qu'il n'ait pas été frappé par la justice humaine,

parce que le crime consiste dans les actes, et non dans le châtiment infligé par les hommes. Il en est de

même du suivant.

 

L'ESPRIT DE CASTELNAUDARY

Dans une petite maison, près de Castelnaudary avaient lieu des bruits étranges et diverses

manifestations qui la faisaient regarder comme hantée par quelque mauvais génie. Pour ce fait,

elle fut exorcisée en 1848, sans résultat. Le propriétaire, M. D..., ayant voulu l'habiter, y mourut

subitement quelques années après ; son fils, qui voulut, l'habiter ensuite, reçut un jour, en entrant

dans un appartement, un vigoureux soufflet donné par une main inconnue ; comme il était

parfaitement seul, il ne put douter qu'il ne lui vînt d'une source occulte, c'est pourquoi il résolut

de la quitter définitivement. Il y a, dans le pays, une tradition selon laquelle un grand crime aurait

été commis dans cette maison.

L'Esprit qui avait donné le soufflet ayant été évoqué à la Société de Paris, en 1859, se

manifesta par des signes de violence ; tous les efforts pour le calmer furent impuissants. Saint

Louis, interrogé à son sujet répondit : «C'est un Esprit de la pire espèce, un véritable monstre ;

nous l'avons fait venir, mais nous n'avons pu le contraindre à écrire, malgré tout ce qui lui a été

dit ; il a son libre arbitre : le malheureux en fait un triste usage.»

D. Cet Esprit est-il susceptible d'amélioration ? - R. Pourquoi non ? Ne le sont-ils pas tous,

celui-là comme les autres ? Il faut cependant s'attendre à trouver des difficultés ; mais, quelque

pervers qu'il soit, le bien, rendu pour le mal finira par le toucher. Que l'on prie d'abord et qu'on

l'évoque dans un mois, vous pourrez juger du changement qui se sera opéré en lui.

L'Esprit évoqué de nouveau plus tard se montre plus traitable, puis peu à peu soumis et

repentant. Des explications fournies par lui et par d'autres Esprits, il résulte qu'en 1608 il habitait

cette maison, où il avait assassiné son frère par soupçon de jalouse rivalité en le frappant à la

gorge pendant qu'il dormait, et quelques années après, celle dont il avait fait sa femme, après la

mort de son frère. Il mourut en 1659 à l'âge de quatre-vingts ans, sans avoir été poursuivi pour

ces meurtres, auxquels on faisait peu d'attention dans ces temps de confusion. Depuis sa mort, il

n'avait cessé de chercher à faire le mal, et avait provoqué plusieurs accidents arrivés dans cette

maison. Un médium voyant qui assistait à la première évocation, le vit au moment où on a voulu

le faire écrire ; il secouait fortement le bras du médium : son aspect était effrayant ; il était vêtu

d'une chemise couverte de sang, et tenait un poignard.

1. D. A saint Louis. Veuillez nous décrire le genre de supplice de cet Esprit. - R. Il est atroce

pour lui ; il a été condamné au séjour de la maison où le crime a été commis, sans pouvoir diriger

sa pensée sur autre chose que sur ce crime, toujours devant ses yeux, et il se croit condamné à

cette torture pour l'éternité. Il se voit constamment au moment où il a commis son crime ; tout

autre souvenir lui est retiré, et toute communication avec un autre Esprit, interdite ; il ne peut, sur

terre, se tenir que dans cette maison, et s'il est dans l'espace, il y est dans les ténèbres et dans la

solitude.

2. Y aurait-il un moyen de le faire déloger de cette maison, et quel serait-il ? - R. Si l'on veut

se débarrasser des obsessions de semblables Esprits cela est facile en priant pour eux : c'est ce

qu'on néglige toujours de faire. On préfère les effrayer par des formules d'exorcisme qui les

divertissent beaucoup.

3. En donnant aux personnes intéressées l'idée de prier pour lui, et en priant nous-mêmes, le

ferait-on déloger ? - R. Oui, mais remarquez que j'ai dit de prier, et non de faire prier.

4. Voilà deux siècles qu'il est dans cette situation ; apprécie-t-il ce temps comme il l'eût fait de

son vivant ; c'est-à-dire le temps lui paraît-il aussi long ou moins long que s'il était vivant ? - R. Il

lui paraît plus long : le sommeil n'existe pas pour lui.

5. Il nous a été dit que pour les Esprits, le temps n'existe pas, et que, pour eux, un siècle est un

point dans l'éternité ; il n'en est donc pas de même pour tous ? - R. Non, certes, il n'en est ainsi 

que pour les Esprits arrivés à un degré très élevé d'avancement ; mais pour les Esprits inférieurs,

le temps est quelquefois bien long, surtout quand ils souffrent.

6. D'où venait cet Esprit avant son incarnation ? - R. Il avait eu une existence parmi les

peuplades les plus féroces et les plus sauvages, et précédemment il venait d'une planète inférieure

à la terre.

7. Cet Esprit est puni bien sévèrement pour le crime qu'il a commis ; s'il a vécu parmi les

peuplades barbares, il a dû y commettre des actes non moins atroces que le dernier ; en a-t-il été

puni de même ? - R. Il en a été moins puni, parce que, plus ignorant, il en comprenait moins la

portée.

8. L'état où se trouve cet Esprit est-il celui des êtres vulgairement appelés damnés ? - R.

Absolument ; et il y en a de bien plus affreux encore. Les souffrances sont loin d'être les mêmes

pour tous, même pour des crimes semblables, car elles varient selon que le coupable est plus ou

moins accessible au repentir. Pour celui-ci, la maison où il a commis son crime est son enfer ;

d'autres le portent en eux, par les passions qui les tourmentent et qu'ils ne peuvent assouvir.

9. Cet Esprit, malgré son infériorité, ressent les bons effets de la prière ; nous avons vu la

même chose pour d'autres Esprits également pervers et de la nature la plus brute ; comment se

fait-il que des Esprits plus éclairés, d'une intelligence plus développée, montrent une absence

complète de bons sentiments ; qu'ils se rient de tout ce qu'il y a de plus sacré ; en un mot, que

rien ne les touche, et qu'il n'y a aucune trêve dans leur cynisme ? - R. La prière n'a d'effet qu'en

faveur de l'Esprit qui se repent ; celui qui, poussé par l'orgueil, se révolte contre Dieu et persiste

dans ses égarements en les exagérant encore, comme le font de malheureux Esprits, sur ceux-là

la prière ne peut rien, et ne pourra rien que du jour où une lueur de repentir se sera manifestée

chez eux. L'inefficacité de la prière est encore pour eux un châtiment ! elle ne soulage que ceux

qui ne sont pas tout à fait endurcis.

10. Lorsqu'on voit un Esprit inaccessible aux bons effets de la prière, est-ce une raison pour

s'abstenir de prier pour lui ? - R. Non, sans doute, car tôt ou tard elle pourra triompher de son

endurcissement et faire germer en lui des pensées salutaires.

Il en est de même de certains malades sur lesquels les remèdes n'agissent qu'à la longue ; l'effet n'en

est pas appréciable sur le moment ; sur d'autres, au contraire, ils opèrent promptement. Si l'on se pénètre

de cette vérité que tous les Esprits sont perfectibles, et qu'aucun n'est éternellement et fatalement voué au

mal, on comprendra que, tôt ou tard, la prière aura son effet, et que celle qui parait inefficace au premier

abord n'en dépose pas moins des germes salutaires qui prédisposent l'Esprit au bien, si elle ne le touche

pas immédiatement. Ce serait donc un tort de se décourager, parce qu'on ne réussit pas tout de suite.

11. Si cet Esprit se réincarnait, dans quelle catégorie d'individus se trouverait-il ? - R. Cela

dépendra de lui et du repentir qu'il éprouvera.

Plusieurs entretiens avec cet Esprit amenèrent chez lui un notable changement dans son état

moral. Voici quelques-unes de ses réponses.

12. A l'Esprit. Pourquoi n'avez-vous pas pu écrire la première fois que nous vous avons

appelé ? - R. Je ne le voulais pas.

Pourquoi ne le vouliez-vous pas ? - R. Ignorance et abrutissement.

13. Vous pouvez donc quitter maintenant quand vous voulez la maison de Castelnaudary ? -

R. On me le permet, parce que je profite de vos bons conseils.

En éprouvez-vous du soulagement ? - R. Je commence à espérer.

14. Si nous pouvions vous voir, sous quelle apparence vous verrions-nous ? - R. Vous me

verriez en chemise, sans poignard. - D. Pourquoi n'auriez-vous plus votre poignard ; qu'en avezvous

fait ? - Je le maudis ; Dieu m'en épargne la vue.

15. Si M. D... fils (celui qui avait reçu le soufflet) retournait dans la maison, lui feriez-vous du

mal ? - R. Non, car je suis repentant. - D. Et s'il voulait encore vous braver ? - R. Oh ! ne me 

demandez pas ça ! je ne pourrais me dominer, ce serait au-dessus de mes forces... car je ne suis

qu'un misérable.

16. Entrevoyez-vous la fin de vos peines ? - R. Oh ! pas encore ; c'est déjà beaucoup plus que

je ne mérite de savoir, grâce à votre intercession, qu'elles ne dureront pas toujours.

17. Veuillez nous décrire la situation où vous étiez avant que nous ne vous ayons appelé pour

la première fois. Vous comprenez que nous vous demandons cela pour avoir un moyen de vous

être utile, et non par un motif de curiosité. - R. Je vous l'ai dit, je n'avais conscience de rien au

monde que de mon crime, et ne pouvais quitter la maison où je l'ai commis que pour m'élever

dans l'espace où tout autour de moi était solitude et obscurité ; je ne saurais vous donner une idée

de ce que c'est, je n'y ai jamais rien compris ; dès que je m'élevais au-dessus de l'air, c'était noir,

c'était vide ; je ne sais ce que c'était. Aujourd'hui, j'éprouve beaucoup plus de remords, et je ne

suis plus contraint de rester dans cette maison fatale ; il m'est permis d'errer sur terre, et de

chercher à m'éclairer par mes observations ; mais alors je n'en comprends que mieux l'énormité

de mes forfaits ; et si je souffre moins d'un côté, mes tortures augmentent de l'autre par le

remords ; mais au moins j'ai l'espérance.

18. Si vous devriez reprendre une existence corporelle, laquelle choisiriez-vous ? - R. Je n'ai

pas encore assez vu et assez réfléchi pour le savoir.

19. Pendant votre long isolement, et l'on peut dire votre captivité, avez-vous eu des remords ?

- R. Pas le moindre, et c'est pour cela que j'ai si longtemps souffert ; c'est seulement quand j'ai

commencé à en éprouver qu'ont été provoqués, à mon insu, les circonstances qui ont amené mon

évocation à laquelle je dois le commencement de ma délivrance. Merci donc à vous qui avez eu

pitié de moi et m'avez éclairé.

Nous avons vu en effet des avares souffrir de la vue de l'or, qui pour eux était devenu une véritable

chimère ; des orgueilleux tourmentés par la jalousie des honneurs qu'ils voyaient rendre, et qui ne

s'adressaient pas à eux ; des hommes qui avaient commandé sur la terre, humiliés par la puissance

invisible qui les contraignait d'obéir, et par la vue de leurs subordonnés qui ne pliaient plus devant eux ;

les athées subir les angoisses de l'incertitude, et se trouver dans un isolement absolu au milieu de

l'immensité, sans rencontrer aucun être qui pût les éclairer. Dans le monde des Esprits, s'il y a des joies

pour toutes les vertus, il y a des peines pour toutes les fautes ; et celles que n'atteint pas la loi des

hommes sont toujours frappées par la loi de Dieu.

Il est en outre à remarquer que les mêmes fautes, quoique commises dans des conditions identiques,

sont punies par des châtiments quelquefois fort différents, selon le degré d'avancement intellectuel de

l'Esprit. Aux Esprits les plus arriérés, et d'une nature brute comme celui dont il s'agit ici, sont infligées

des peines en quelque sorte plus matérielles que morales, tandis que c'est le contraire pour ceux dont

l'intelligence et la sensibilité sont plus développées. Il faut aux premiers des châtiments appropriés à la

rudesse de leur écorce pour leur faire comprendre les désagréments de leur position, et leur inspirer le

désir d'en sortir ; c'est ainsi que la seule honte, par exemple, qui ne ferait que peu ou point d'impression

sur eux, sera intolérable pour les autres.

Dans ce code pénal divin, la sagesse, la bonté et la prévoyance de Dieu pour ses créatures se révèlent

jusque dans les plus petites choses ; tout est proportionné ; tout est combiné avec une admirable

sollicitude pour faciliter aux coupables les moyens de se réhabiliter ; il leur est tenu compte des moindres

bonnes aspirations de l'âme. Selon les dogmes des peines éternelles, au contraire, dans l'enfer sont

confondus les grands et les petits coupables, les coupables d'un jour et les cent fois récidivistes, les

endurcis et les repentants ; tout est calculé pour les maintenir au fond de l'abîme ; aucune planche de

salut ne leur est offerte ; une seule faute peut y précipiter à jamais, sans qu'il soit tenu compte du bien

qu'on a fait. De quel côté trouve-t-on la véritable justice et la véritable bonté ?

Cette évocation n'est donc point le fait du hasard ; comme elle devait être utile à ce malheureux, les

Esprits qui veillaient sur lui, voyant qu'il commençait à comprendre l'énormité de ses crimes, ont jugé

que le moment était venu de lui donner un secours efficace, et c'est alors qu'ils ont amené les

circonstances propices. C'est un fait que nous avons vu se produire bien des fois.

On a demandé, à ce sujet, ce qu'il serait advenu de lui s'il n'avait pu être évoqué, et ce qu'il en est de

tous les Esprits souffrants qui ne peuvent pas l'être ou auxquels on ne songe pas. A cela il est répondu

que les voies de Dieu, pour le salut de ses créatures, sont innombrables ; l'évocation est un moyen de les

assister, mais ce n'est certainement pas le seul, et Dieu n'en laisse aucune dans l'oubli. D'ailleurs, les

prières collectives doivent avoir sur les Esprits, accessibles au repentir, leur part d'influence.

Dieu ne pouvait subordonner le sort des Esprits souffrants aux connaissances et à la bonne volonté

des hommes. Dès que ceux-ci purent établir des rapports réguliers avec le monde invisible, un des

premiers résultats du Spiritisme fut de leur apprendre les services qu'à l'aide de ces rapports ils pouvaient

rendre à leurs frères désincarnés. Dieu a voulu, par ce moyen, leur prouver la solidarité qui existe entre

tous les êtres de l'univers, et donner une loi de nature pour base au principe de la fraternité. En ouvrant ce

champ nouveau à l'exercice de la charité, il leur montre le côté vraiment utile et sérieux des évocations,

détournées jusqu'alors de leur but providentiel par l'ignorance et la superstition. Les Esprits souffrants

n'ont donc, à aucune époque, manqué de secours, et si les évocations leur ouvrent une nouvelle voie de

salut, les incarnés y gagnent peut-être plus encore, en ce qu'elles sont pour eux de nouvelles occasions de

faire le bien, tout en s'instruisant sur le véritable état de la vie future.

 

 

Partager cet article
Repost1
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :