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CHAPITRE XXXIX Une douce espérance

19 Avril 2021 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme

CHAPITRE XXXIX Une douce espérance

- 0 mon fils, je viens avant l’heure à notre rendez-vous ; la tristesse attachée à mon existence est venue m’accabler de nouveau. Oh ! Que la foi est chancelante lorsque les regards se fixent sur les derniers moments d’un être aimé ! J’avais besoin de te voir avant que la vie s’éteignît complètement en toi ; il me semblait que ton esprit devait éprouver le contrecoup de cette secousse. Sais-tu, ô mon bien-aimé, que ton corps subit depuis quelques heures une grande altération ? La, vie s’en retire graduellement, et ce n’est qu’après un moment d’angoisses inexprimables que j’ai senti enfin les faibles pulsations de ton coeur. Ton visage prend l’expression froide et insensible que la mort répand sur les traits qu’elle frappe. Ah ! Je crains que l’aurore qui va naître n’éclaire plus dans ma triste demeure que le cadavre d’un fils chéri ! Mais ici, ma tristesse se transforme en une vive joie ; mes pleurs se tarissent, car je te retrouve heureux et plein d’espoir ; je te vois plus souriant que par le passé, et tes regards ne quittent plus les cieux ! Te voir libre bientôt !... Oh ! Qu’il me sera doux alors de songer à ton bonheur pendant les pénibles moments consacrés à la sépulture de ton enveloppe charnelle. Mais, vois donc, ô mon fils, ce nuage vaporeux dont la blancheur éblouissante semble refléter l’astre des nuits ! Et sur sa cime lumineuse, vois-tu se dessiner la forme gracieuse d’un ange ? Oh !... mais suis-je bien sûre de ma vue spirituelle ? Est-ce une illusion, un songe ?... Il me semble reconnaître Marie !... Ah ! Si c’est toi, ma fille bien-aimée, je t’attends ici, je veux voir ton bonheur et assister à votre ascension à tous deux !... Et cependant, dans un instant, lorsque je serai sur la terre, je te dirai : « O ange du trépas ! Ralentis ta marche, retiens les rênes qui dirigent ton char funèbre ! Attends, attends encore quelques jours, quelques heures, quelques minutes ! 0 influence terrestre, que tu es pénétrante !...

- A t’entendre, ô ma mère, ce que j’admire depuis quelques instants n’est donc pas un reflet de mes pensées animé par mon désir ardent de recevoir la liberté ! C’est donc vrai qu’il y a un ange sur ce nuage qui s’avance lentement ! 0 ma mère ! Reste avec moi pour contenir mon impatience, je ne puis calmer mes transports. Oh ! Mon Dieu ! Je te remercie ! Mon âme voudrait voler à ta rencontre ! Mourir !... mourir… Que les échos des cieux répètent aux mortels, la joie que la mort procure ; qu’elle ne soit plus pour eux un sujet d’épouvante, la mort est l’ange béni qui apporte la vie et la liberté ! Ah ! Je sens qu’elles me pénètrent et m’enflamment ! 0 ma mère ! chante un cantique d’actions de grâces, ne mets pas sur mon cercueil le drap funéraire symbole de la tristesse, mais bien de cette verdure qui couvre maintenant la terre dans ces beaux jours de printemps ; que tes vêtements ni ceux de mon enfant chérie ne soient pas sombres comme le deuil des mortels ; que ma tombe ne soit jamais arrosée de vos larmes, elles attristeraient mon âme et sembleraient forcer la terre de se soulever pour mettre à découvert un corps décomposé qui ferait reculer d’effroi ceux qui concentrent tout leur amour sur cet être périssable. Combien de mortels troublent ainsi le bonheur de ceux qu’ils ont aimés, lorsqu’ils vont se jeter tout en pleurs sur la pierre glacée de leurs tombeaux. L’amour, par son attraction irrésistible, les distrait de leur séjour d’activité pour venir assister au triste spectacle de ceux qu’ils chérissent abîmés de douleur à l’endroit où repose leur enveloppe matérielle.

0 mortels, ne cherchez plus vos amis dans un cimetière, mais dans un monde meilleur ; ne les attirez pas par votre douleur, elle protesterait contre l’immortalité ; allez plutôt à eux par un élan de votre coeur ; vos tristesses, vos larmes les empêchent de se communiquer à vous et de vous donner les consolations dont vous avez besoin ; préparez-vous à la mort comme à un grand jour de fête, parez-vous pour l’attendre de vos plus belles vertus. Hommes de bien, pourquoi trembler lorsque la mort touche vos nobles fronts ? Elle vient les couronner de lauriers immortels ! La mort ne doit causer de l’effroi qu’aux méchants dont la conscience troublée évoque sans cesse le néant ; l’immortalité les effraie. Il s’opère dans l’âme vile et coupable une répulsion pour tout ce qui touche à l’ordre spirituel comme à l’ordre moral ; les séductions et les plaisirs matériels seuls lui semblent appartenir au domaine de la vérité et de la raison. Ame endurcie ! la mort t’appelle tous les jours, elle te prévient de son arrivée par la maladie, elle frappe à tes côtés des amis et des proches, et, malgré ses avertissements, ton coeur reste fermé, quand pourtant, il ne dépend que de ta volonté de te la rendre douce ; il suffit pour cela de méditer avec elle sur les mondes dont elle ouvre l’entrée ; sa voix alors ne t’effrayera plus et sa main te paraîtra moins froide lorsqu’elle te frappera, car ce sera la main d’une amie. - 0 mon fils ! Vois donc comme le nuage grandit ! et comme il se dore sous les reflets de la lumière des astres qui éclairent cette contrée céleste. - 0 ma mère ! Je distingue Marie, mon père et mon guide ! Ah ! Si l’âme pouvait défaillir de joie, je tomberais anéanti ! Combien ils sont encore éloignés !.... - 0 mon fils ! Et ton corps !... je m’oublie ! L’émotion me gagne, je me sens entraînée par le devoir, et le bonheur me retient ici. Oh ! Mon Dieu ! Je vais quitter ces lieux pour voir expirer Ludovic ! Donne-moi la force, donne-moi la résignation, et surtout laisse-moi le souvenir ! Adieu !....

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