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CHAPITRE XXXIV Le supplice des suicidés

17 Mai 2021 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme, #Suicide

 

Nous avons visité, ô ma mère, tous ces tristes séjours où sont consignés les esprits accablés du fardeau de leurs remords ; nous avons entendu leurs plaintes amères et la prière de leur repentir ; mais rien jusqu’ici ne m’a inspiré plus de pitié et plus d’effroi, que le lugubre séjour où souffrent les suicidés qui ont accompli leur crime avec toute la responsabilité que leur imposaient la raison et le libre arbitre. Mon guide nous a conduits près de ceux qui avaient subi une première épreuve qui consiste à ressentir les douleurs physiques occasionnées par le genre de supplice choisi par eux. J’en ai vu qui se débattaient avec acharnement sous l’eau où ils avaient cherché la mort ; d’autres avaient encore la figure toute violacée, et les yeux à fleur de paupières, sous la pression des liens qui les avaient étreints ; d’autres tenaient encore dans leurs mains crispées l’arme qui avait déchiré leur poitrine ou fracassé leur crâne ; d’autres tournoyaient dans l’espace, comme s’ils étaient lancés avec force d’une hauteur prodigieuse pour venir ensuite se briser sur des rocs aigus. J’ai vu ceux qui avaient demandé la mort aux émanations de gaz délétères, et ceux qui s’étaient ouvert l’artère pour en laisser couler lentement la vie. 0 ma mère, mon coeur était déchiré de douleur à la vue de tant de souffrances ; les soupirs, les pleurs de ces malheureux formaient dans leur ensemble la plainte de la plus douloureuse agonie. Mon guide s’approcha d’eux pour dissiper les fluides âcres et brûlants qui les faisaient tant souffrir, et aussitôt les armes qui avaient servi à perpétrer leur crime tombèrent de leurs mains, l’eau où se débattaient les noyés s’écoula rapidement, les liens des pendus se détendirent, les veines ouvertes se cicatrisèrent, et ceux qui tournoyaient dans l’espace tombèrent sur un fluide qui atténua leur chute ; enfin toutes leurs souffrances disparurent sous l’action magnétique de mon guide secondé de nos prières ferventes.

Ces malheureux ouvrirent des yeux hagards comme s’ils se réveillaient après avoir combattu un horrible cauchemar. Ils furent conduits ensuite dans un lieu de repos éloigné de tous les tableaux qui auraient pu leur rappeler les souffrances passées ; là, ils s’instruisent de tontes les espérances qu’ils peuvent concevoir pour leur avenir spirituel, ils apprennent la grandeur et l’importance d’une existence terrestre dont les liens sont entre les mains du Créateur, et que celui qui les rompt est coupable d’un homicide. Mais ne crois pas, ô ma mère, que tous ceux qui succombent de cette façon soient coupables ; non, car la plupart meurent subjugués par une influence étrangère ; ils sont pressés, obsédés intérieurement par une volonté tenace qui ne laisse ni trêve ni repos ; ce sont de mauvais esprits qui exercent des vengeances, la plupart suscitées par la jalousie, et ils croient qu’en poussant leurs victimes à se donner la mort, ils pourront les posséder ensuite sans réserve. Mais, si ces malheureuses créatures succombent à leur obsession, Dieu est plein de miséricorde pour les faibles. I1 y a encore d’autres suicidés qui paraissent moins coupables aux yeux des hommes que les premiers, mais qui le sont autant devant la justice divine ; ce sont ceux qui ont usé leur vie par la débauche et qui meurent des suites de leurs excès ; ils souffrent dans le monde des esprits la peine du talion, si terrible pour ceux qui ont dédaigné la tempérance. Malgré cela, il y en a qui cherchent encore à satisfaire leurs désirs coupables sur des êtres portés par goût à la débauche ; et, lorsque ceux-ci sont assez faibles pour ne pas les combattre, s’ils se laissent surtout entraîner à l’ivrognerie, les esprits ont alors toutes les facilités pour s’emparer de leurs corps et ils les font agir à leur gré. Les paroles insensées et incohérentes de l’ivrogne sont bien en effet un vil dialogue établi entre deux êtres, se disputant une propriété pour y faire assaut de colère et de paroles grossières ; ce corps n’est plus qu’une étroite prison où se heurtent tous les vices, et où débordent en se mélangeant, comme dans un bourbier infect, les fluides qui alimentent la vie et qui doivent régler la santé. Cette sorte d’obsession est d’autant plus déplorable, qu’elle ne peut être combattue que par ce-lui qui la supporte, et, comme il y trouve des satisfactions passagères, il remet d’un jour à l’autre pour s’en défaire. Pourtant, il devrait lutter pendant qu’il possède encore deux armes qui lui sont si nécessaires : la raison et le libre arbitre ; plus tard, quand l’organisme sera miné par les excès, il n’en sera plus temps. Si ces mauvais esprits ne sont pas empêchés dans le monde spirituel d’exercer leurs influences, c’est afin que les mortels luttent avec plus d’énergie contre le mal, qui devient plus évident lorsque les excès qu’il occasionne peuvent les porter à avoir honte ; car ils sont jugés par la société qui est forcément témoin de leurs orgies, et qui flétrit toutes les actions volontaires qui rapprochent l’homme de la brute. De grandes épreuves sont réservées à ceux qui ont étouffé les bienfaits d’une intelligence bien douée ; ils subiront dans des existences futures l’assoupissement des facultés intellectuelles ; ils se débattront avec les besoins les plus essentiels de la vie ; la misère sera leur compagne ; ils serviront de jouets à la populace qui cherchera à exciter en eux de ces colères idiotes qui ont tant de rapport avec le délire de l’ivresse ; ils se donneront comme un hideux spectacle à l’hilarité d’êtres vils et abjects, comme ils l’ont été antérieurement.

Ce genre d’obsession cessera lorsque l’homme occupera ses loisirs par des distractions honnêtes et intelligentes, lorsqu’il comprendra les devoirs qu’il doit à la famille et à la société, lorsqu’il se livrera avec courage au travail qui commande à l’homme de ne pas perdre ses droits en se dégradant jusqu’à ce qu’il se trouve au niveau de la bête ; car jamais les esprits imbus de passions honteuses ne s’approchent des hommes qui ont conscience de leur dignité ; mais lorsque les hommes de bien connaîtront les lois qui enchaînent tous les êtres, ils trouveront dans le magnétisme et la prière la force de détourner de leurs victimes les esprits qui exercent leur malice sur des faibles en les écrasant sous leurs fluides impurs lesquels paralysent leur intelligence et troublent leurs pensées, en leur inspirant le désespoir et quelquefois même le suicide.

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