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Paul BODIER Étude documentaire sur le livre L'Esprit consolateur ou nos destinées, Les temps nouveaux

2 Août 2019 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme

 

 

 

Les temps nouveaux

 

Voici, chère madame, le chapitre prophétique de ce petit ouvrage. Certes, nous ne sommes pas encore arrivés au stade bienfaisant que l'auteur nous fait entrevoir, mais pensez que ceci a été écrit il y a un demi-siècle et que cinquante années sont courtes pour le développement du progrès. Cependant vous admettrez le véritable caractère prophétique des lignes qui suivent.

Je me transporte par la pensée à quelques siècles en avant, et je vois se dérouler devant mes regards un tableau qui me ravit. J'écoute ces voyageurs qui se pressent à la « gare de l'Orient ». Les uns demandent un billet pour Samarkand, les autres pour Pékin avec correspondance pour Yedo. Embarqué avec eux, je les quitte à Vienne pour traverser la république fédérative des Balkans, et j'arrive à la ville libre qui se mire dans le Bosphore. Je laisse à Damas la grande ligne de Calcutta par Babylone et Delhi, pour descendre le Jourdain. Je côtoie bientôt le lac sanctifié de Tibériade, en saluant à droite la cime du Thabor, puis, après quelques heures de pieux recueillement j'entends une voix qui me crie : « Jérusalem ! »

Je monte au Saint-Sépulcre, et je vois avec une stupeur joyeuse que les moines grecs ne se battent plus avec les moines latins. C'est qu'il n'y a plus d'hérétiques, de schismatiques, d'excommuniés. On ne voit plus que des chrétiens, et ces chrétiens, répudiant ce qui divise pour s'attacher à ce qui unit, ont tracé en lettres d'or, au-dessus du glorieux tombeau, la grande parole du Rédempteur : « Aimez Dieu de tout votre coeur, et votre prochain comme vous-même : voilà la loi et les prophètes. »

L'Amérique a bien changé, surtout l'Amérique méridionale. On a percé depuis longtemps l'isthme de Panama, et la locomotive sillonne de son panache blanc les deux versants des Cordillères jusqu'au détroit de Magellan. Des cités superbes se mirent dans le fleuve des Amazones, et les Patagons sont tout fiers de leur magnifique Académie. Les îles de l'Océan Pacifique ont cessé d'être des bagnes pour devenir des républiques florissantes, et si l'on s'y dispute encore, on ne s'y mange plus. Quant à l'Afrique, on ne la reconnaît pas. Les eaux de la Méditerranée, grâce au canal de Tunis, couvrent les sables du Sahara, et les nègres du Congo amènent, en bateaux à vapeur, au port de Biskra, leur poudre d'or avec leurs dents d'éléphants. La voie ferrée d'Alexandrie remonte le Nil jusqu'au lac Victoria par Kartoum et Kondokoro, avec prolongement jusqu'au cap de Bonne-Espérance par le lac Tanganika. Un nouveau Paris s'est élevé sur les rives enchantées du Nyansa, et un parlement souverain discute les intérêts de la grande République équatoriale, dans une superbe maison blanche.

Les Etats-Unis du vieux continent sont devenus depuis longtemps une magnifique réalité. La République française apparaît au milieu de ses filles comme une grande maman bien joyeuse et bien vénérée, au lieu de faire tuer des milliers de soldats dans des guerres fratricides, les peuples affranchis ont fini par comprendre qu'ils auraient tout à gagner en réglant leurs litiges par l'arbitrage.

Dès lors, plus d'armées permanentes, plus de service obligatoire, plus de budget de la guerre. L'impôt du sang supprimé, la production grandit par le travail, et les épargnes de la patrie n'étant plus nécessaires à sa défense, sont employés à sa parure17.

Le libre échange a préparé la fraternité des peuples, et cette fraternité a multiplié l'échange en multipliant la production. Il y a encore des pauvres, mais on ne voit plus de misérables. La paix et 

la justice, en s'embrassant ont produit l'abondance. La machine, en diminuant le travail de l'homme, a augmenté ses loisirs. L'ouvrier des champs lui-même est sensible aux grandes poésies de la nature, parce que son esprit est encore mieux cultivé que son domaine.

Encore quelques siècles, et le fanatisme ne sera plus possible. Un concile vraiment oecuménique aura élargi Dieu et son Eglise, en refaisant la Genèse avec le catéchisme. Ce concile, composé de tous les interprètes autorisés de la révélation et de la science, signera le concordat définitif entre l'autorité et la liberté, entre la foi et la raison. Alors les prêtres, s'il y a encore des prêtres, ne se croiront plus d'autre mission que celle de consoler et de bénir. Les fêtes sacrées du temple seront plus joyeuses encore que les fêtes civiles du forum. Le dimanche sera devenu en réalité le jour de Dieu et le jour de l'homme, jour béni où jaillira du coeur de tous ce cri d'action de grâces et d'amour : « Dieu est grand, Dieu est saint ! Dieu est bon ! Il est le Père, et nous sommes ses enfants. Qu'il soit béni par toutes les lèvres, et glorifié dans tous les mondes ! »

Nos savants auront trouvé le secret d'augmenter encore l'emprise de l'homme sur la nature. Nos peintres sauront nous représenter les formes éthérées des âmes affranchies par la mort, et nous montrer des visages radieux d'espérance.

Nos poètes, abandonnant les fictions enfantines de la mythologie, sauront chanter la grande épopée de notre race tombée des cieux pour y remonter. Ils nous raconteront, au souffle d'une inspiration céleste, les drames qui se nouent dans un monde pour se dénouer dans un autre, et les amours qui survivent à tous les trépas. Ils rediront la charmante idylle des âmes qui s'appareillent sur la Terre, se reconnaissent dans Jupiter, pour trouver l'extase dans d'autres constellations. Ou bien encore il se trouvera quelque Dante réincarné, pour chanter le Rédempteur, et nous décrire la traînée fulgurante dont il aura sillonné les nébuleuses, depuis les sommets de l'Empyrée jusqu'au dernier carrefour des limbes.

Oh ! oui, la Terre sera belle, parce qu'elle sera le séjour embelli des âmes embellies. Elle sera si charmante, que les grands Esprits, qui l'auront traversée comme autant de météores, voudront y revenir. Socrate ne risquera plus d'y boire la ciguë pour avoir enseigné qu'il n'y a qu'un Dieu, Jeanne d'Arc ne sera plus condamnée au bûcher pour avoir cru aux voix du ciel, et Galilée n'aura plus à répudier la science au nom du dogme. Tous les inventeurs, tous les précurseurs glorifieront l'Eternelle Sagesse, en contemplant les résultats de leurs efforts : ils seront heureux d'avoir souffert pour la justice, pour la vérité, en voyant l'humanité récolter dans la joie la moisson qu'ils ont préparée dans l'incertitude et la douleur.

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! » tel est l'hymne d'action de grâce qui retentira un jour sur tous les points de notre terre transformée, pour chanter la victoire définitive de la lumière sur les ténèbres, du bien sur le mal, par l'avènement de l'Esprit consolateur.

Nous avons bien souvent parlé, Madame, de l'antagonisme qui existe entre la théocratie et la démocratie, ou pour mieux dire entre les Eglises et la société même. Le monde ne peut plus reculer dans les ténèbres du moyen âge, et il faudra, de toute nécessité que les Eglises consentent à épurer leurs dogmes.

Certaines d'entre elles font d'ailleurs des efforts méritoires pour cela. D'autres, au contraire, n'hésitent pas à envenimer le conflit et voudraient ramener le monde en arrière.

Or, c'est un grand malheur pour l'humanité d'être encore sous la férule de gens prêts à renouveler l'Inquisition, et en attendant toujours occupés à faire l'ombre dans les cerveaux et dans les coeurs. Et ce qui plus terrible, plus lamentable pourrait-on dire, c'est que parmi ceux-là même qui sont les serviteurs dévoués de ces Eglises, se trouvent des âmes pleines de candeur, mais que la peur de prétendus châtiments éternels ont rendues crédules jusqu'à la stupidité et la sottise. 

Je vous sais, chère Madame, extrêmement charitable et bonne, et bien souvent par pure bonté d'âme, vous avez accepté de fermer les yeux sur les agissements de certains prêtres, ennemis jurés du progrès.

Je ne vous conseille point de leur faire une guerre sans merci. Je vous, demande simplement d'afficher placidement votre foi, de ne point leur laisser ignorer vos croyances et de ne rien laisser faire contre elles. Trop de bonté d'âme appelle la faiblesse et il faut, en bien des circonstances, une grande force de caractère pour ne pas se déjuger et ne rien renier.

Chaque fois que vous en aurez l'occasion, proclamez votre foi raisonnée à la face de tous, en respectant chacun. Parmi ceux-là, qui suivent étroitement les dogmes du catholicisme romain, se trouvent bien des malheureux. Il ne faut point trop les heurter, laissez-les tourner leurs regards inquiets vers les temps nouveaux. Un jour ou l'autre, leurs opinions se modifieront et peut-être viendront ils vers vous plus tôt que vous n'êtes tentée de le supposer. Quand les soucis, quand la détresse, quand les malheurs entrent dans la maison d'un dévot, quand la misère et toutes les peines viennent enténébrer l'âme de la dévote rigoriste, tous ces pauvres gens restent faibles et désarmés parce qu'ils sentent obscurément que leur religion naïve ne peut leur apporter les consolations véritables.

J'ai vu pendant la grande guerre, bien des femmes qui souffraient de la perte des leurs, et je peux vous dire que j'ai toujours constaté un désarroi plus grand chez les croyantes naïves que chez les croyantes éclairées.

Vous savez, vous, et j'en suis ravi, que les longues prières murmurées dans les églises froides ne sont pas les meilleures et les plus sincères, vous savez que l'apparat des cérémonies religieuses cache, hélas, le vide effrayant des dogmes imposés.

A la douce et aimable jeune fille, qui est maintenant votre joie et dont la présence vient adoucir le vide creusé par la mort de votre mari et de votre fils, continuez à inculquer les principes de droiture qui évitent toutes les hypocrisies et qui élèvent les coeurs et les âmes vers la Vérité.

Je suis sûr, chère Madame, que toute son existence elle bénira sa tendre mère de l'avoir sauvegardée des religions de haine et que joyeuse elle acceptera, de continuer votre tâche sur la Terre. Elle se souviendra que son devoir, son seul devoir, est d'être à son tour, une épouse aimante et dévouée, une mère douce et intelligente pour continuer à donner la vie qu'elle a reçue de vous et transmettre à ses enfants chéris le flambeau éternel de la Vérité dont vous lui aurez appris à balbutier les premiers mots.

Sans aucune haine, ayant chassé de son esprit, la peur ridicule qui fait les âmes lâches et hypocrites, elle terminera son existence sur la Terre, et alors elle ira vous rejoindre dans les sphères lumineuses où l'on connaît le prix d'une existence et où la vie est respectée, parce que ceux qui habitent ces sphères, ont su faire jaillir d'eux toutes les vertus qui l'embellissent. Ayant toujours fait son devoir ici-bas, elle aura sa place marquée parmi ceux qui ont compris la beauté de ce devoir et qui participeront, à cause de cela, aux véritables félicités.

 

17 Et à assurer l'existence et le bonheur à ceux qui sont arrivés à l'âge du repos. Nos misérables sociétés actuelles, horriblement égoïstes, parce que capitalistes, ne sont point encore capables d'organiser quelque chose de stable, en ce sens.

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