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Paul BODIER Étude documentaire sur le livre L'Esprit consolateur ou nos destinées, Les messagers célestes

1 Août 2019 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme

 

 

 

Les messagers célestes

 

 

12 Il est singulier que les croyants catholiques ne s'arrêtent jamais sur des faits semblables. La paresse de leur esprit ou la peur dont tout leur être est saturé empêche chez eux tout raisonnement logique. Il ne faut point les blâmer, mais les plaindre et chercher à les amener, sans violences, à des conceptions plus intelligentes. Pour eux, comme pour les autres, ils honoreront Dieu en développant leur intelligence.

13 Quand l'on songe aux bûchers allumés pendant toute cette période du moyen âge, on ne peut se défendre d'un sentiment d'horreur et l'on se demande comment la Rome sanglante de la papauté ose encore défendre ses prétendus droits et se dresser en adversaire du progrès et de la Vérité

 

Vous êtes-vous jamais imaginée ce que pourrait être pour un être humain la solitude continuelle. Livré à lui-même, sans guide, sans aucun soutien, que pourrait-il faire ?

Et quand je parle de solitude, j'entends par-là que l'on peut être seul au milieu du monde, seul au milieu de sa famille. Vous savez, hélas, que les caractères ne sympathisent pas toujours, et vous savez aussi qu'il est doux de rencontrer sur son chemin un être fraternel, un conseiller éprouvé, un esprit sage qui vous donne sans jamais se lasser l'aide bienfaisante dont chacun de nous, en bien des circonstances, a tant besoin.

Eh bien, chère madame, aucun de nous n'est seul. De tous temps des messagers célestes nous ont guidés, et c'est une grande joie de savoir que Dieu ne nous abandonne jamais, si nous faisons seulement un faible effort pour devenir meilleurs.

Vous êtes heureuse, madame, car il vous semble que je suis dans le vrai.

Cependant vous restez inquiète, et vous laissez échapper ce soupir : « Que ne puis-je saluer le messager céleste qui viendrait me dire que vous avez raison, et ajouter à la joie de la certitude, la sérénité qui provient de l'évidence ! »

Je comprends votre désir, mais je ne puis croire que vous puissiez conserver la moindre inquiétude. Notre philosophie, en effet, abstraction faite de toute preuve expérimentale, est si logique, si consolante, elle concorde si bien avec l'Evangile et la science, elle nous rend si bien compte d'une foule de phénomènes inexpliqués, qu'elle devrait suffire, ce me semble, à vous procurer cette paix sereine que vous désirez. Etudiez, comparez, et vous verrez que, pour une âme spiritualiste comme la vôtre, nulle religion, nulle philosophie, ne présente un enchaînement aussi simple, aussi grandiose, et ne jette un pareil jour sur les grands problèmes qui semblaient insolubles. Ceux qui ont bu à cette coupe comprennent cette belle et hardie parole d'un docteur du moyen âge : « La vraie religion n'est que la vraie philosophie, et la vraie philosophie n'est que la vraie religion. »

J'ose à peine ajouter que notre croyance peut invoquer, en sa faveur, le témoignage « positif » de certains messagers mystérieux.

Vous avez entendu parler, sans doute, du bruit qui s'est fait dans les deux mondes, à propos de certaines révélations médianimiques. Je m'empresse de vous dire que beaucoup de médiums s'abusent, en se croyant en rapport avec des Esprits supérieurs, tandis que leurs communications en les supposant réelles, sont parfois mensongères, et toujours médiocres. Mais, ces réserves faites, je me crois obligé de convenir que certains phénomènes, qui semblent irrécusables, peuvent être, pour certains Esprits, une preuve qui les subjugue.

Dans notre société française, je le sais, on se fait gloire d'obéir à la mode bien plus qu'à la conviction. Certains hommes, qui se sont posés comme positivistes, croiraient se déshonorer s'ils acceptaient comme possibles certains faits, sous prétexte qu'ils ont une couleur de merveilleux. D'autres trouvent qu'il est de bon ton de croire les yeux fermés, au miracle de la Salette et de boire de l'eau de Lourdes pour se débarrasser de toute maladie incurable, mais qu'il est souverainement ridicule ou impie de croire au magnétisme ou aux « Esprits ».

Pour moi, au risque de passer pour un insensé, j'attends, j'observe, et je ne me permets pas de sourire, avec un si superbe dédain, quand je vois des « millions » d'Esprits éclairés se préoccuper, dans les deux hémisphères, des communications d'outre-tombe11.

L'être humain vraiment intelligent, après avoir préalablement dépouillé tout orgueil, doit s'efforcer de s'instruire pour être utile à ses semblables, mais il ne devra en aucun cas, se poser en maître intolérant et dicter ses volontés sous prétexte qu'on ne réalise de grandes choses qu'avec l'appui matériel de la richesse. C'est un formidable écueil à éviter, car la Foi et la Vérité ne sont point affaire d'argent.) Or, ces communications s'accordent pour affirmer les vérités consolantes qui vous ont tant réjouie. La doctrine de l'Esprit consolateur se trouverait ainsi confirmée d'une manière sensible, éclatante, par les messagers célestes dont vous réclamez le témoignage.

Le clergé catholique ne s'y est pas trompé : loin de nier la réalité de ces phénomènes, il les admet dans leur ensemble, comme indubitables, mais il les condamne comme des manifestations diaboliques. Il refuse ainsi d'accepter l'intervention sensible de bons Esprits pour n'admettre que l'intervention des mauvais. A-t-il absolument raison ? Il est permis d'en douter. L'esprit de Samuel, si je ne me trompe, n'était point un esprit infernal, cependant la Bible raconte qu'il se rendit à l'évocation de la Pythonisse d'Endor pour répondre aux questions de Saül12.

« Les anges de ténèbres, dit-on, se transforment en anges de lumière, pour mieux tromper les hommes, en les éloignant de la vraie foi. » Mais quel intérêt peuvent-ils avoir â tromper des athées qui sont leur proie assurée, pour en faire des spiritualistes, qui se disposent à leur échapper ? Et puis, n'est-ce pas insulter la bonté divine, que de supposer qu'elle permet aux démons une intervention sensible refusée aux bons anges ? Quoi ! Lorsque l'homme éprouve déjà tant de peine à vaincre ses passions, et que tout conspire à désorienter ses croyances, Dieu permettrait qu'il soit encore trompé par les puissances infernales, qui lui présenteront l'erreur sous l'apparence de la vérité, le mal sous l'apparence du bien ! Non, il n'est pas possible que nous soyons, de la part du Père, l'objet d'une pareille dérision.

Nous lisons, dans les Actes des apôtres, ces paroles qui devraient donner à réfléchir à ceux qui leur accordent une autorité divine : « Voici ce qui arrivera dans les derniers temps, dit le Seigneur : Je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront ; vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des révélations en songe.» Les légendes des saints d'ailleurs sont pleines de « révélations surnaturelles », d'apparitions d'Esprits célestes ; et l'on sait avec quel empressement l'Eglise accepte, de nos jours, le récit de certains enfants visionnaires.

Pour vous, madame, il n'y a ni anges ni démons dans le sens vulgaire du mot : il n'existe que les Esprits bons ou mauvais, supérieurs ou inférieurs. Que l'action des Esprits qui peuplent le monde invisible s'exerce, dans une certaine mesure sur les Esprits incarnés qui peuplent la Terre, ceci me semble rationnel et indubitable. Que les «Esprits de malice répandus dans l'air », comme dit l'apôtre saint Paul, communiquent en plus grand nombre que les Esprits supérieurs, avec les Esprits mauvais ou frivoles de notre bas monde, c'est probable, en vertu de ce proverbe : « Qui se ressemble s'assemble», mais que notre terre, malgré ses progrès, soit encore une arène exclusivement réservée à l'action des puissances infernales, c'est ce que la raison ne saurait admettre, car si les démons y appellent les démons, les anges y appellent les anges.

C'est pour ne l'avoir pas compris que les docteurs du moyen âge ont accordé une si grande importance au « diable » ou à ses suppôts, et qu'on a fait, dans toute la chrétienté, pendant des siècles, d'effroyables hécatombes de « sorciers » ou de «sorcières»13.

« Les anciens, dit le P. Lacordaire, se croyaient entourés de génies remontant, de degré en degré, jusqu'à la source suprême de l'intelligence, et même, par l'effet sans doute d'une tradition opiniâtre, ils distinguaient ces génies en deux classes, les bons et les mauvais. Toute leur histoire est pleine de cette croyance, et les plus grands hommes ne se défendaient pas de l'impression qu'ils étaient accompagnés, dans leurs succès, de l'influence active et surhumaine qu'ils appelaient leur bon génie ; comme aussi, lorsque des revers menaçaient leur fortune, ils se ressentaient d'un voisinage obscur et terrible qu'ils appelaient leur mauvais génie, et dont ils croyaient quelquefois, comme Brutus avant la bataille de Philippes, entrevoir une réelle apparition. »

De même que les corps s'attirent, les Esprits se recherchent, exerçant les uns sur les autres une influence réciproque. Cette influence peut être bonne ou mauvaise, selon la nature de l'esprit qui l'exerce souvent à notre insu, mais plus on est pur, plus on attire à soi les Esprits purs. Nous vivons sans y songer, au milieu d'un peuple invisible qui nous observe, parfois nous obsède, et souvent nous inspire. Ce que nous appelons une bonne pensée, une « grâce actuelle » qui nous dicte une résolution généreuse, n'est probablement qu'une inspiration subite de notre bon ange. Tout en restant les arbitres de nos destinées, nous subissons des influences mystérieuses qui entravent ou favorisent notre ascension. Les voix d'en bas nous crient : « Rien n'est réel que la matière et le plaisir ! » Les voix d'en haut nous disent : « On monte au ciel par le calvaire ! »

Je crois à la grande vision de Jacob endormi sur la pierre de Béthel. « Il vit en songe, dit l'Ecriture, une échelle dont le pied était appuyé sur la terre, et dont le sommet touchait au ciel. Et les anges de Dieu montaient et descendaient. » Quel magnifique symbole ! Ces anges de Dieu qui montent, sont les âmes qui franchissent, en s'épurant, les divers degrés de la perfection, et aspirent à la gloire des séraphins. Ces anges qui descendent, sont les messagers célestes qui apportent aux mortels les inspirations du ciel, et les encouragent à se dégager des servitudes de la chair, pour monter aux régions de l'éternelle lumière.

Quels sont ces Esprits secourables ? Peut-être de sublimes « parvenus » qui comme nous, ont connu l'épreuve et la lutte.

Il est possible que ces Esprits célestes reparaissent parmi nous pour hâter nos progrès ? Comment expliquer, en dehors de cette hypothèse, l'apparition des grands hommes et des grands saints, tels qu'Orphée et Moïse, Homère et Isaïe, Dante et Jeanne d'Arc, Galilée et saint Vincent de Paul ? Pauvres Esprits terrestres, nous voyons, nous coudoyons peut-être des « Esprits solaires » qui sont descendus parmi nous pour s'atteler à ce char si lourd qui s'appelle le genre humain. Ah ! Saluons, vénérons ces apôtres de l'idéal, car ils sont pour notre terre les légats du ciel. Oh ! Oui, ces hautes âmes ont vu autre chose que notre monde ténébreux. De là leurs intuitions profondes et leurs rêveries sublimes, de là leurs effarements mystérieux, leurs paroles fulgurantes et leurs troubles étranges ; de là leur vie tourmentée, et leur trépas précoce ou terrible. Tout devient épineux pour ces Esprits sublimes, dans notre sombre vallée, et tous peuvent redire la parole mélancolique d'Ezéchiel : « Je demeure parmi les églantiers ! »

Vous me demanderez pourquoi ces révélations incomplètes, ces lueurs mêlées d'ombres, quand il en coûterait si peu à Dieu de nous dévoiler le monde invisible dans toute sa clarté ? Hélas ! C’est demander pourquoi la nuit n'est pas le jour, pourquoi la Terre n'est pas le Ciel ? Supposez que tous les voiles se déchirent, que les messagers célestes nous apparaissent dans leur splendeur, pour nous révéler dans une lumière sans ombre nos magnifiques destinées ; nous passerions, par le fait même, de l'état d'hommes à l'état d'anges ; nous serions ravis dans une extase qui nous ôterait tout mouvement avec toute liberté ; nous jouirions, sur notre monde expiatoire, des béatitudes réservées aux mondes heureux.

Contentons-nous donc de l'aurore, en attendant le lever du Soleil qu'elle nous annonce. Profitons surtout des jours qui nous restent à passer sur notre monde obscur, pour préparer la robe nuptiale qui nous permettra de nous asseoir au banquet des mondes plus fortunés. Songeons que chaque douleur, chaque sacrifice, chaque bonne action est une plume qui pousse à nos ailes, une force de plus qui nous aide à sourire devant cette grande calomniée que nous appelons la mort.

« Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la vérité, car ils seront rassasiés. » Oui, chère madame, cherchez la vérité pour le seul amour de la vérité.

Il faut que nul obstacle n'arrête l'essor de votre foi, abreuvez-vous à la source de vie, car ce n'est que lorsque votre âme sera rassasiée qu'elle aura acquis assez de force pour pouvoir à son tour proclamer le règne de l'Esprit d'Amour qui s'indigne des guerres et pleure de joie devant les efforts visibles que l'Humanité fait pour améliorer et soulager les douleurs de ceux qui sont venus souffrir sur la Terre.

Conseillez à ceux qui ont faim et soif de la vérité, d'être curieux pour tout ce qui peut élargir leur horizon et leur découvrir les beautés ignorées de ce royaume de l'univers qui est le domaine de tout ce qui vit, de tout ce qui est créé !

Soyez sans crainte et sans faiblesse, et rappelez-vous toujours que pour acquérir la Vérité, il faut apporter à cette conquête un esprit avide de la connaître et de l'accepter sous n'importe quelle forme du moment où elle est « la Vérité » car elle se transforme continuellement au cours de sa longue ascension vers le Très Haut.

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