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Paul BODIER Étude documentaire sur le livre L'Esprit consolateur ou nos destinées, Le corps éthéré

1 Août 2019 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme

 

 

Le corps éthéré

 

Il n'existe dans l'univers que deux substances, la matière et l'esprit. La matière primitive n'est autre que le fluide cosmique universel, dont les innombrables modifications constituent l'immense variété des corps de la nature. Condensé à un certain degré, il peut former les métaux les plus durs tels que le platine. Dilaté dans des proportions extrêmes, il s'appelle l'éther, et l'éther est si léger qu'une colonne de ce fluide, large comme la Terre et haute comme d'ici au soleil, ne ferait pas équilibre à un centimètre cube d'air respirable. Mais ces deux extrêmes sont séparés par une innombrable série de degrés intermédiaires.

De même qu'il est difficile de déterminer la limite précise qui sépare les végétaux des minéraux ou les animaux des végétaux, de même il est difficile de tracer la frontière qui sépare la substance matérielle de la substance spirituelle. Que dire, par exemple, du fluide électrique ? Il n'est pas esprit, car il ne pense pas ; on ose à peine l'appeler matière, car il est tout à la fois impondérable et indivisible. Quel mortel oserait se vanter de connaître le nombre, les propriétés et les lois de tous les fluides répandus dans la nature ? Quel est celui qui oserait déterminer jusqu'à quel point l'esprit peut exercer son empire sur ces mêmes fluides ? Cependant, sans cette connaissance, nul homme n'est autorisé à déclarer « impossibles » certains phénomènes, sous prétexte qu'ils ont le tort de lui paraître incompréhensibles ou inexplicables.

L'homme est un être fort complexe, qui se trouve en possession de deux corps, le corps charnel et le corps éthéré. Ce dernier est comme le premier vêtement de l'âme, et lui sert d'intermédiaire ou de messager dans ses relations avec le corps charnel. L'apôtre saint Paul, écrivant aux Corinthiens, affirme clairement l'existence de ce double corps. « Il y a un corps animal, dit-il, et il y a un corps spirituel ; mais ce qui est spirituel n'est pas le premier, c'est ce qui est animal, et ce qui est spirituel vient après. Voici un mystère que je vous dis : Nous ne sommes pas tous morts, mais nous serons tous changés. »

Ce corps fluidique ou spirituel nous explique l'influence que l'atmosphère exerce sur certains tempéraments nerveux. Il nous rend compte des alternatives d'affaissement et d'enthousiasme que l'on remarque chez les natures d'élite, dont on se moque souvent, faute de les comprendre. C'est à lui que les femmes sont redevables de ces impressions vagues que Leibnitz appelait les « petites perceptions », et par lesquelles on entre en rapport avec les forces occultes de l'univers. C'est grâce à lui qu'elles possèdent cette finesse, cette intuition qui sent, qui devine ce que l'homme peut à peine soupçonner, et fait qu'on se demande si elles ne sont pas toutes un peu « sorcières ! »

Ce corps éthéré se dégage du corps charnel durant cette crise que nous appelons « l'agonie » et l'Esprit l'emporte avec lui dans l'espace après la mort.

Or, qui nous prouvera que cette enveloppe fluidique invisible à l'état normal, pour nos yeux charnels, ne peut être condensée, dans certains cas, de manière à devenir « visible ? » L'histoire est pleine « d'apparitions » de ce genre, et si l'on a le droit d'être très sévère quand il s'agit d'en constater l'authenticité, on aurait grand tort de les déclarer impossibles.

Il y a deux sortes de lumières : la lumière matérielle dont les soleils sont les foyers, et la lumière spirituelle qui a son foyer partout. Enveloppée de son corps éthéré, l'âme porte en elle son principe lumineux. Plus elle se dégage du corps charnel, plus elle rayonne, plus elle voit clair. C'est ainsi que certains somnambules confectionnent les broderies les plus délicates dans l'obscurité la plus profonde, ou racontent, avec une parfaite exactitude, les faits qui se passent à une grande distance. Mais les purs Esprits seuls possèdent cette faculté dans toute sa plénitude, 

tandis que les Esprits inférieurs ne la possèdent qu'à un degré plus faible. Leur corps fluidique, encore trop grossier, s'interpose comme un brouillard entre l'âme et l'objet de sa vision.

Plus un esprit est élevé, plus son corps fluidique est diaphane, ce qui nous explique l'étonnante perspicacité des saints qui « sentaient les âmes ». Le Christ possédait la seconde vue à un degré suprême, en vertu de son incomparable pureté. Il lisait au fond des âmes, comme dans un livre ouvert, leurs plus secrètes pensées. C'est par cette intuition prodigieuse qu'il connut ses apôtres avant de les appeler à le suivre, et les ravit d'admiration par la pêche miraculeuse. Le Christ n'a pas produit spontanément les poissons où ils n'existaient pas, mais il savait par la double vue où les poissons se trouvaient, ce qui lui permit de dire à Pierre, avec une parfaite assurance : « Jette-là tes filets. »

Le corps éthéré permet à l'esprit de produire des effluves magnétiques plus ou moins puissants. Cette action magnétique peut être produite par la volonté d'un incarné sur un incarné : c'est le magnétisme humain qui n'est plus contesté. Elle peut se produire par le fluide dont les Esprits invisibles inondent directement un incarné : c'est le magnétisme spirituel. Il peut arriver aussi que le magnétiseur ne fasse que transmettre au magnétisé le fluide qu'il reçoit lui-même d'un être supérieur : c'est le magnétisme mixte, à l'aide duquel certains personnages ont pu opérer des guérisons surprenantes. Les apôtres, par exemple, opéraient des guérisons par la simple « imposition des mains » grâce au fluide très pur et très puissant dont les imprégnait le Christ. Ces simples données, comme vous voyez, peuvent jeter un singulier jour sur les récits évangéliques, sur l'histoire merveilleuse de la primitive Eglise, et sur la plupart des légendes qui composent la vie des saints.

Jésus possédait un corps éthéré d'une pureté incomparable, dont les effluves suffisaient à opérer des prodiges. Une pauvre femme touche son vêtement : il se retourne et s'écrie : « Qui m'a touché ? Je sens qu'une vertu est sortie de moi ».

Ces paroles expliquent admirablement l'action fluidique par laquelle s'est opérée la guérison. Le flux éthéré s'est échappé de Jésus pour aller guérir la femme malade, et tous deux ont ressenti l'action qui venait de se produire par le rayonnement. Le Sauveur ajoute : « Femme, votre foi, c'est-à-dire votre confiance, vous a sauvée. » C'est que cette foi tant recommandée par Jésus faisait l'office d'une « pompe aspirante », tandis que sa volonté propre faisait l'office d'une « pompe foulante ». Voilà pourquoi de deux malades, l'un peut être guéri, et non pas l'autre : l'un a la foi que l'autre n'a pas.

La « pensée », on n'y songe point assez, est elle-même une « force » qui peut agir d'une manière très efficace, même à distance, sur notre corps éthéré, tandis que celui-ci réagit à son tour, sur l'organisme corporel. Qu'est-ce qu'une assemblée ? C'est un foyer où rayonnent des pensées diverses. Il en résulte une multitude de courants fluidiques, dont chacun reçoit l'impression par « l'influx nerveux », comme dans un concert chacun perçoit les notes, par le sens de l'ouïe.

Mais de même qu'il y a des choeurs harmonieux et des choeurs discordants, il y a des assemblées où les pensées diverses sont harmonieuses ou discordantes.

Dans le premier cas, l'impression est agréable au point de procurer un bien-être même physique ; dans le second cas, l'impression peut être pénible au point de rendre malade.

Une âme hostile, dans une assemblée sympathique, est comme un courant d'air froid dans un milieu tiède. Ainsi s'explique le supplice de l'orateur qui parle devant des gens hostiles ou prévenus, et la joie qui l'enivre quand il a pu neutraliser tous les fluides contraires en « empoignant » son auditoire. C'est par les mêmes courants qu'on se rend compte des jouissances produites par un beau discours, ou du malaise que les personnes délicates éprouvent en subissant un mauvais sermon.

Tout est miracle dans la création, parce que tout y est admirablement ordonné par la sagesse infinie, et rien n'est miracle parce que rien n'échappe à la loi divine. Ce que nous appelons prodige n'est souvent qu'un phénomène produit par une force dont nous n'avons pas le secret, en vertu d'une loi qui nous est encore inconnue.

Tout était prodige ou mystère pour le peuple simple du moyen âge, tandis que la science permet aux Esprits éclairés de nos jours d'être moins crédules. Une des grandes joies des mondes supérieurs consiste précisément à saisir en pleine lumière, tout le mécanisme merveilleux des lois naturelles que nous pouvons à peine entrevoir.

Les lois qui régissent les fluides peuvent seules nous expliquer le phénomène de certaines « antipathies invisibles ». On peut vaincre la haine par le pardon, mais il est infiniment plus difficile de surmonter certaines répulsions instinctives dont on ne peut pas se rendre compte à soi-même. On peut en dire autant de la « sympathie », et surtout de « l'amour » qui souvent s'allume sous un simple regard, pour faire le bonheur ou le tourment de toute une existence. Deux êtres qui s'aiment sont deux « aimants » qui s'attirent pour se confondre. Si la force des événements les sépare, leurs âmes se dégagent de leurs corps pour se réunir malgré la distance. Ils pensent, ils sentent à l'unisson. Si l'un éprouve un grand malheur, l'autre en est averti à l'instant même, par ce messager mystérieux que nous appelons le ce pressentiment ». Nulle prophétie plus sûre que le pressentiment d'une femme aimante qui se sent adorée, ou d'une mère qui ne vit que pour son enfant. L'histoire sérieuse est pleine de faits irrécusables qui prouvent les relations permanentes entre les âmes envolées et les survivants qui les pleurent. La blessure saignante causée par la mort achève l'assimilation commencée par la vie. Ils s'envoient des dépêches mystérieuses qui les émeuvent et les avertissent qu'ils sont préservés de cette suprême solitude qui s'appelle l'oubli.

Peut-être, vous arrivera-t-il, comme à moi-même, chère madame, de ne pas être comprise, lorsque vous essaierez d'initier quelqu'un aux lois qui régissent le corps humain, créé, si l’on peut dire, en double exemplaire, corps éthéré et corps matériel.

Il ne faudra guère vous étonner de voir sourire ceux qu'on appelle, un peu ironiquement d'ailleurs, « les Esprits forts » ou quelques naïfs qui préfèrent croire aux choses les plus invraisemblables contenues dans les dogmes les plus obscurs.

C'est hélas une chose courante de voir de pauvres gens incapables de raisonner logiquement, parce que, le plus souvent, on leur a défendu, dès leur plus jeune âge, de s'instruire, de raisonner, de comparer.

Défions-nous du dogmatisme et des dogmatiques, et cela dans tous les domaines, religieux ou scientifiques. Méfions-nous des gens qui veulent imposer un dogme et imposer en même temps leur manière de voir et leur manière de faire.

Si quelqu'un ne peut ou ne veut vous comprendre, ayez bien soin de ne pas lui montrer d'hostilité et gardez-vous surtout de vouloir le sermonner et l'instruire malgré lui. Laissez-le, sans toutefois l'abandonner complètement. Rendez-lui tous les services que vous pourrez lui rendre, sans jamais rien lui réclamer en échange. Un jour viendra où la bonté de votre coeur lui ouvrira mieux les yeux et l'intelligence, que vingt conférences ou dissertations. 

 

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