Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
doctrinespiritenimes.over-blog.com

LA TOUSSAINT, Revue spirite - décembre 1862

22 Octobre 2017 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Croyance, #Doctrine Spirite, #spiritisme

1ère communication. (Paris, 1er novembre 1862. – Médium, M. Perchet, sergent au 40e de ligne, caserne du Prince Eugène ; membre de la Société de Paris.) Mon cher frère, en ce jour de commémoration des morts, je suis bien heureux de pouvoir m'entretenir avec toi. Tu ne saurais croire combien grand est le plaisir que j'en éprouve ; appelle-moi donc plus souvent, nous y gagnerons tous les deux. Ici, je ne puis pas toujours venir près de toi, parce que, bien souvent, je suis près de mes sœurs, particulièrement près de ma filleule, que je ne quitte guère, car j'ai demandé pour mission de rester près d'elle. Néanmoins, je puis fréquemment répondre à ton appel et ce sera toujours avec bonheur que je t'aiderai de mes conseils. Parlons de la fête d'aujourd'hui. Dans cette solennité pleine de recueillement qui rapproche le monde invisible du monde visible, il y a bonheur et tristesse. Bonheur, parce qu'il unit dans un pieux sentiment les membres dispersés de la famille. Ce jour-là, l'enfant revient près de sa tombe au rendez-vous de sa tendre mère, qui arrose la pierre sépulcrale de ses pleurs. Il la bénit, le petit ange, et mêle ses vœux aux pensées qui tombent goutte à goutte avec les larmes de sa mère chérie. Qu'elles sont douces au Seigneur ces chastes prières trempées dans la foi et le souvenir ! aussi montent-elles jusqu'aux pieds de l'Éternel, comme le suave parfum des fleurs, et du haut du ciel Dieu jette un regard de miséricorde sur ce petit coin de terre, et envoie un de ses bons Esprits consoler cette âme souffrante et lui dire : « Consolez-vous, bonne mère ; votre enfant chéri est au séjour des bienheureux, il vous aime et vous attend. » J'ai dit : jour de bonheur, et je le répète, parce que ceux que la religion du souvenir porte ici-bas à prier pour ceux qui n'y sont plus, savent que ce n'est pas en vain, et qu'un jour ils reverront les êtres bien-aimés dont ils sont momentanément séparés. Jour de bonheur, parce que les Esprits voient avec joie et attendrissement ceux qui leur sont chers mériter, par leur confiance en Dieu, de venir bientôt participer au bonheur dont ils jouissent. Dans ce jour de la Toussaint, les défunts qui ont subi courageusement toutes les épreuves imposées pendant la vie, qui se sont dépouillés des choses mondaines et ont élevé leurs enfants dans la foi et la charité, ces Esprits, dis-je, viennent volontiers s'associer aux prières de ceux qu’ils ont laissés, et leur inspirent la ferme volonté de marcher constamment dans la voie du bien ; les enfants, parents ou amis agenouillés près de leurs tombes en éprouvent une satisfaction intime, car ils ont la conscience que les restes qui sont là, sous la pierre, ne sont qu’un souvenir de l'être qu'ils renfermaient, et qui est maintenant délivré des misères terrestres. Voilà, mon cher frère, les heureux. À demain ! 2ème communication. Mon cher frère, fidèle à ma promesse, je reviens vers toi. Comme je te l'avais dit, en te quittant hier au soir, je suis allée faire une visite au cimetière ; j'y ai examiné attentivement les divers Esprits en souffrance ; c'est à faire pitié ; ce spectacle navrant arracherait des larmes au cœur le plus dur. Un grand nombre de ces âmes sont cependant bien soulagées par les vivants, et par l'assistance des bons Esprits, surtout quand elles ont le repentir des fautes terrestres et qu'elles font leurs efforts pour se dépouiller de leurs imperfections, seule cause de leurs souffrances. Elles comprennent alors la sagesse, la bonté, la grandeur de Dieu, et voués au matérialisme, à l'égoïsme ; qui n'ont voulu connaître d’autres dieux que les misérables vanités de leur monde infime ; qui n'ont pas craint d'employer tous les moyens illicites pour augmenter leurs richesses et souvent jeter d'honnêtes gens sur la paille. Parmi eux se trouvent aussi ceux qui ont brisé leur existence par une mort violente ; ceux encore qui, pendant leur vie, se sont traînés dans la boue infecte de l'impureté. Pour tous ceux-là, mon cher frère, quels affreux tourments ! C'est bien comme le dit l'Écriture : Il y aura des pleurs et des grincements de dents. Ils seront plongés dans l'abîme profond des ténèbres. On appelle vulgairement ces malheureux des damnés, et quoiqu'il soit plus vrai de les appeler les punis, ils n'en souffrent pas moins des tortures aussi terribles que celles qu'on attribue aux damnés au milieu des flammes. Enveloppés dans les plus épaisses ténèbres d'un abîme qui leur paraît insondable, bien qu'il ne soit pas circonscrit comme on vous l’enseigne, ils éprouvent des souffrances morales indescriptibles jusqu'à ce qu’ils ouvrent leur cœur au repentir. Il y en a qui restent quelquefois des siècles dans cet état, sans qu'il leur soit possible de prévoir la fin de leurs tourments ; aussi disent-ils qu’ils sont réprouvés pour l'éternité. Cette opinion erronée a trouvé longtemps crédit parmi vous ; c'est une grave erreur ; car, tôt ou tard, ces Esprits s'ouvrent au repentir, et alors Dieu, prenant en pitié leurs malheurs, leur envoie un ange qui leur adresse de consolantes paroles, et leur ouvre une voie d'autant plus large qu'il y a eu pour eux plus de prières aux pieds de l'Éternel. Tu le vois, frère, les prières sont toujours utiles aux coupables, et si elles ne changent pas les décrets immuables de Dieu, elles n'en donnent pas moins beaucoup de soulagement aux Esprits souffrants en leur apportant la douce pensée d'être encore dans le souvenir de quelques âmes compatissantes. Ainsi le prisonnier sent bondir son cœur de joie quand, à travers ses tristes barreaux, il aperçoit le visage de quelque parent ou ami qui ne l'a pas oublié dans le malheur. Si l'Esprit souffrant est trop endurci, trop matériel, pour que la prière ait accès sur son âme, un Esprit pur la recueille comme un arôme précieux, et la dépose dans les amphores célestes jusqu'au jour où elles pourront servir au coupable. Pour que la prière porte son fruit, il ne suffit pas de balbutier les mots comme le fait la majeure partie des hommes ; la prière qui part du cœur est la seule qui soit agréable au Seigneur, la seule dont il soit tenu compte et qui apporte du soulagement aux Esprits qui souffrent. Ta sœur, qui t'aime, MARGUERITE. Revue spirite - décembre 1862.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :