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Emploi de la fortune : L'Evangile Selon Le Spiritisme, Allan Kardec

17 Avril 2016 , Rédigé par Un spirite Publié dans #Croyance, #Doctrine Spirite

 

11. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon ; retenez bien ceci, vous que l'amour de l'or domine, vous qui vendriez votre âme pour posséder des trésors, parce qu'ils peuvent vous élever au-dessus des autres hommes et vous donner les jouissances des passions ; non, vous ne pouvez servir Dieu et Mammon ! Si donc vous sentez votre âme dominée par les convoitises de la chair, hâtez-vous de secouer le joug qui vous accable, car Dieu, juste et sévère, vous dira : Qu'as-tu fait, économe infidèle, des biens que je t'avais confiés ? Ce puissant mobile des bonnes oeuvres, tu ne l'as fait servir qu'à ta satisfaction personnelle. Quel est donc le meilleur emploi de la fortune ? cherchez dans ces paroles : «Aimez-vous les uns les autres,» la solution de ce problème ; là est le secret de bien employer ses richesses. Celui qui est animé de l'amour du prochain a sa ligne de conduite toute tracée ; l'emploi qui plaît à Dieu, c'est la charité ; non pas cette charité froide et égoïste qui consiste à répandre autour de soi le superflu d'une existence dorée, mais cette charité pleine d'amour qui cherche le malheur, qui le relève sans l'humilier. Riche, donne de ton superflu ; fais mieux : donne un peu de ton nécessaire, car ton nécessaire est encore du superflu, mais donne avec sagesse. Ne repousse pas la plainte de peur d'être trompé, mais va à la source du mal ; soulage d'abord, informe-toi ensuite, et vois si le travail, les conseils, l'affection même ne seront pas plus efficaces que ton aumône. Répands autour de toi, avec l'aisance, l'amour de Dieu, l'amour du travail, l'amour du prochain. Place tes richesses sur un fonds qui ne te manquera jamais et te rapportera de gros intérêts : les bonnes oeuvres. La richesse de l'intelligence doit te servir comme celle de l'or ; répands autour de toi les trésors de l'instruction ; répands sur tes frères les trésors de ton amour, et ils fructifieront. (CHEVERUS. Bordeaux, 1861.)

12. Lorsque je considère la brièveté de la vie, je suis douloureusement affecté de l'incessante préoccupation dont le bien-être matériel est pour vous l'objet, tandis que vous attachez si peu d'importance, et ne consacrez que peu ou point de temps à votre perfectionnement moral qui doit vous compter pour l'éternité. On croirait, à voir l'activité que vous déployez, qu'il s'y rattache une question du plus haut intérêt pour l'humanité, tandis qu'il ne s'agit presque toujours que de vous mettre à même de satisfaire à des besoins exagérés, à la vanité, ou de vous livrer à des excès. Que de peines, de soucis, de tourments l'on se donne, que de nuits sans sommeil, pour augmenter une fortune souvent plus que suffisante ! Pour comble d'aveuglement, il n'est pas rare de voir ceux qu'un amour immodéré de la fortune et des jouissances qu'elle procure, assujettit à un travail pénible, se prévaloir d'une existence dite de sacrifice et de mérite, comme s'ils travaillaient pour les autres et non pour eux-mêmes. Insensés ! vous croyez donc réellement qu'il vous sera tenu compte des soins et des efforts dont l'égoïsme, la cupidité ou l'orgueil sont le mobile, tandis que vous négligez le soin de votre avenir, ainsi que les devoirs que la solidarité fraternelle impose à tous ceux qui jouissent des avantages de la vie sociale ! Vous n'avez songé qu'à votre corps ; son bien-être, ses jouissances étaient l'unique objet de votre sollicitude égoïste ; pour lui qui meurt, vous avez négligé votre Esprit qui vivra toujours. Aussi ce maître tant choyé et caressé est devenu votre tyran ; il commande à votre Esprit qui s'est fait son esclave. Etait-ce là le but de l'existence que Dieu vous avait donnée ? (UN ESPRIT PROTECTEUR. Cracovie, 1861.)

13. L'homme étant le dépositaire, le gérant des biens que Dieu remet entre ses mains, il lui sera demandé un compte sévère de l'emploi qu'il en aura fait en vertu de son libre arbitre. Le mauvais emploi consiste à ne les faire servir qu'à sa satisfaction personnelle ; au contraire, l'emploi est bon toutes les fois qu'il en résulte un bien quelconque pour autrui ; le mérite est proportionné au sacrifice que l'on s'impose. La bienfaisance n'est qu'un mode d'emploi de la fortune ; elle soulage la misère actuelle ; elle apaise la faim, préserve du froid et donne un asile à celui qui n'en a pas ; mais un devoir tout aussi impérieux, tout aussi méritoire, consiste à prévenir la misère ; c'est là surtout la mission des grandes fortunes par les travaux de tous genres qu'elles peuvent faire exécuter ; et dussent-elles en tirer un profit légitime, le bien n'en existerait pas moins, car le travail développe l'intelligence et rehausse la dignité de l'homme toujours fier de pouvoir dire qu'il a gagné le pain qu'il mange, tandis que l'aumône humilie et dégrade. La fortune concentrée dans une main doit être comme une source d'eau vive qui répand la fécondité et le bien-être autour d'elle. O vous, riches, qui l'emploierez selon les vues du Seigneur, votre coeur, le premier, se désaltérera à cette source bienfaisante ; vous aurez en cette vie les ineffables jouissances de l'âme au lieu des jouissances matérielles de l'égoïste qui laissent le vide dans le coeur. Votre nom sera béni sur la terre, et quand vous la quitterez, le souverain maître vous adressera le mot de la parabole des talents : «O bon et fidèle serviteur, entrez dans la joie de votre Seigneur.» Dans cette parabole, le serviteur qui enfouit dans la terre l'argent qui lui a été confié, n'est-il pas l'image des avares entre les mains desquels la fortune est improductive ? Si cependant Jésus parle principalement des aumônes, c'est qu'en ce temps-là et dans le pays où il vivait on ne connaissait pas les travaux que les arts et l'industrie ont créés depuis, et auxquels la fortune peut être employée utilement pour le bien général. A tous ceux qui peuvent donner, peu ou beaucoup, je dirai donc : Faites l'aumône quand cela sera nécessaire, mais autant que possible convertissez-la en salaire, afin que celui qui la reçoit n'en rougisse pas. (FENELON. Alger, 1860.)

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