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Le Spiritisme et la foi

24 Mars 2014 , Rédigé par Adamczyk Michael

Le Spiritisme n'est pas un jeu. Il ne se résume pas en quelques mouvements de tables, en une expérience menée avec le Oui-Jà ou bien le verre retourné et les lettres disposées autour. Il n'évoque pas non plus un monde superstitieux peuplé soit d'horribles démons prêts à manipuler puis trucider le premier venu, soit de merveilleuses créatures célestes inaccessibles au commun des mortels. Le spiritisme n'est pas destiné à faire peur ni à se faire peur.

Il n'est pas non plus l'opinion d'un seul individu. Il est au contraire un concert de voix venues de mondes entiers, notre monde terrestre mais surtout l'autre monde, le monde spirituel, celui que nous rejoindrons à notre désincarnation lorsque notre âme se libèrera de son enveloppe matérielle.

Le Spiritisme est une discipline scientifique, morale et philosophique. Elle est une philosophie spiritualiste. Elle est probablement à notre époque encore celle qui étudie le plus sérieusement et universellement la survivance de l'âme après la mort du corps physique et celle qui démystifie le mieux la Mort. Elle étudie à cet effet les relations entre l'Au-delà et notre monde matériel, très nombreuses et d'une riche et insoupçonnée complexité. Elle replace la relation de notre humanité avec Dieu dans une logique dénuée de superstition et de dogmatisme où la psychologie et la spiritualité s'empoignent sereinement. Enfin, le Spiritisme participe à la compréhension des phénomènes spirites (bruits, coups, apparitions, obsessions, etc...), à celle des facultés médianimiques ainsi qu'au développement des médiums, ces traducteurs du monde invisible. Ceux-là sont le lien conscient, et bien des fois inconscient, entre les êtres hors chair et ceux encore incarnés. Tous ces phénomènes et ces facultés, faussement qualifiés de surnaturels, répondent à des principes naturels qui ont existé de tout temps. Ils nous paraîtront de moins en moins mystérieux à mesure que nos connaissances et nos moeurs se développeront.

Le Spiritisme est essentiellement le porte-parole du monde invisible. Il se fait l'écho des Esprits qui peuplent l'au-delà, c'est-à-dire nos amis, proches, parents et inconnus, qu'ils soient heureux ou malheureux, proches de la divinité ou éloignés d'elle. Peuple qui affirme à chacun d'entre nous la survivance de l'âme après la mort du corps physique. Il dit encore que nous pouvons être consolés du départ de nos défunts parce que nous les retrouverons à la fin de notre existence terrestre. Ceux-là n'ont pas été engloutis dans le néant de l'oubli. Ils ont au contraire survécu à leur mort et ils nous le confirment, nous le prouvent par leur présence affectueuse et leurs actions réfléchies à nos côtés. Les Esprits, après l'avoir déjà fait de si nombreuses fois auprès de si nombreux interlocuteurs partout dans le monde, répètent enfin ce qu'ils ont à dire sur eux, sur nous, sur nos relations et nos intérêts communs ; ils disent ce qu'ils savent en fonction de leur compréhension des êtres, des choses et des lois de l'univers.

Le spirite est celui qui, recevant et étudiant le témoignage des Esprits, en fait une sorte de profession de foi. Bien entendu, il sait qu'il est un être en évolution et, en fonction de ses possibilités, il désire ardemment appliquer sur terre la philosophie des Esprits, inspirée de Dieu, qui n'est jamais qu'une prise de conscience. Celle-ci résume d'une certaine façon tout ce qu'il y a de plus beau dans les religions de notre monde. Il faut toutefois comprendre que les œuvres humaines, mêmes les plus belles, ne sont que de pâles copies de ce qu'il existe dans le monde invisible. Ainsi, par rapport aux religions, nées d'un prophète, le spirite trouve de la beauté dans l'énoncé, l'étude, la critique, la compréhension et la réalisation de grands principes révélés par les Esprits eux-mêmes, nombreux. L'individu spirite est ainsi convaincu de la survivance de l'âme après la mort, du principe de réincarnation selon lequel l'âme suit un parcours évolutif l'amenant à expérimenter de multiples fois la vie dans un corps de chair, de la pluralité des mondes (l'univers est peuplé de nombreuses planètes habitées), d'un principe universel d'évolution constante qui pousse donc au progrès, de la possibilité pour les Esprits de se communiquer aux êtres en chair, lesquels sont tous liés par un principe universel que l'on nomme communément l'amour, de l'intérêt de la prière qui produit des énergies utiles et participe de la foi, et, enfin, de l'existence d'un principe universel fondateur et directeur appelé communément Dieu (quoi qu'il soit), puisqu'il faut bien le désigner. Tel est son crédo.

Sur Terre, le spirite est ainsi un individu plongé dans un monde difficile avec une vue sur un monde très différent.

Lorsque le spirite est également médium, ce qui n'est d'ailleurs nullement obligatoire, il peut offrir une forme d'aide appréciable basée sur l'étude des faits et secondée par ses perceptions médianimiques. Il peut ainsi tenter de mêler aux faits spirites, c'est-à-dire ceux qu'il lui est possible d'expliquer raisonnablement, une spiritualité saine et dégagée de l'influence humaine, encouragée par le peuple de l'au-delà lui-même. Cette spiritualité venant éclairer les religions établies et non les substituer.

Ainsi, morts et vivants, pour autant qu'il est possible de les qualifier comme tels, très étroitement liés mais souvent dans l'ignorance de leur cohabitation, peuvent depuis toujours entretenir les relations d'amour et de confiance qui faisaient le ciment de leur coexistence. Et les premiers peuvent préparer les seconds à les rejoindre dans les meilleures conditions. Ils parviennent à démystifier la Mort qui apparaît désormais comme un concept dépassé. Bientôt, on devra inventer un nouveau terme.

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